Lecture / Ecriture
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Les Séparées de Kéthévane Davrichewy

Kéthévane Davrichewy
  La mer noire
  Les Séparées
  Quatre murs
  L’autre Joseph

Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Après avoir publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse, et un premier roman en 2004 "tout ira bien", elle a puisé dans la mémoire familiale et l'expérience de l'exil vécue par ses grands-parents la matière de la Mer Noire.
(Source éditeur)

Les Séparées - Kéthévane Davrichewy

Banal par le fond et par la forme
Note :

   C’est un roman à deux voix. Celle de Cécile, tombée dans le coma à la suite d’un accident, et qui s’adresse silencieusement à Alice. Car elle est toujours consciente mais ne peut se manifester.
   L’autre à la troisième personne livre le point de vue d’Alice plus distancié.
   Elles se connaissent depuis l’enfance et on été longtemps amies, même mariées et mères.
   
   Alice vient d’une famille d’origine arménienne (comme l’auteur?) aux moyens modestes, très soudée. La mère de Cécile, indépendante, a divorcé peu après sa naissance. Elle a été libérée de son mari plus ou moins tyran domestique, mais Cécile en a pâti. Elle comptait sur Philippe son demi-frère, mais lui aussi vit mal dans cette famille décomposée, puis recomposée plusieurs fois.
   
   L’histoire est celle de l’amitié forte mais plusieurs fois remise en question de Cécile et Alice. Elles se sont jalousées, aimées, ont tout partagé, et tout rejeté, ont été complices puis rivales. La situation actuelle montre Cécile dépendante d’Alice, et le déroulement du récit égrène les moments heureux et difficiles de cette amitié.
   
    Un récit psychologique avant tout, écrit de façon simple et sans beaucoup de surprises ni dans la forme ni dans le contenu.
   
   Les trois personnages principaux (Alice Cécile et Philippe) sont campés, quoique assez conventionnels. La relation de Philippe et d’Alice est assez bien vue.
   
   J’ai noté certaines incohérences dans le récit ; puisqu’Alice a déjà pris un amant (en même temps que son mari une maîtresse semble-t-il) pourquoi est-elle si choquée lorsqu’il s’en va? De plus, c’est elle qui le lui a demandé! Je ne suis pas arrivée à comprendre quelle était réellement l’activité professionnelle de Cécile. Je n’ai pas compris pourquoi elle s’était séparée de son mari. Peut-être n’ai-je pas été attentive, parce que le récit m’ennuyait??
   
   Pire… je n’ai pas vraiment compris pourquoi les deux femmes se sont si violemment fâchées. Leur réel sujet de discorde, Alice ne l’apprend qu’à la fin, alors qu’elles sont séparées depuis longtemps!
   
   Lorsque le récit se fait narration pour informer de la vie des filles, c’est banal : "Alice croisa Thierry. Il fut le premier, ils couchèrent ensemble aussi simplement qu’ils s’étaient embrassés. Elle ne ressentait pas ce qu’elle avait éprouvé avec Philippe mais n’en avait pas conscience. Ses parents la laissaient dormir chez Thierry dont la famille de commerçants travaillait à l’extérieur …"
   
   Voilà le début d’un passage qui nuit au récit. Ce Thierry n’a absolument aucune importance dans l’histoire, de même qu’un certain Patrick, rencontré encore plus tard, et même le mari d’Alice est inconsistant. C’est dommage car il a un rôle à jouer, mais n’ayant pas de personnalité, on a peine à y croire.
   
   Pourquoi ne pas se focaliser sur les deux ou trois êtres qui ont vraiment de l’importance pour Alice? Le problème des personnages secondaires dans tout récit est difficile à gérer : On doit les faire exister. Ici, les maris des deux femmes apparaissent interchangeables, le père de Cécile odieux, le père d’Alice si chaleureux sont des figures attendues, pas creusées. Les deux sœurs d’Alice n’existent que par leurs prénoms. Elles ne servent à rien dans l’intrigue!
   
   Pour ce qui est des sentiments, on reste dans un flou, un bavardage peu convaincant.
   "La colère qui affleurait lorsque je pensais à toi ne gronde plus. Un flux sourd et violent qui avait pris insidieusement ta place. Je m’adresse à toi sans rien ressentir. La rage a-t-elle fini par se retourner? J’ai souhaité qu’un désastre s’abatte sur ta vie, terrifiée par la force de mes pulsions"…
   

   Pas très éclairant…

critique par Jehanne




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