Lecture / Ecriture
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Contes Malpolis de Sylvette Heurtel

Sylvette Heurtel
  Contes Malpolis

Contes Malpolis - Sylvette Heurtel

Les contes ne sont plus ce qu'ils étaient
Note :

   Revisiter les contes de notre enfance, moi je n'y vois pas d’offense! Même j'aime beaucoup l'idée, imaginez grimer Grimms! Découvrir des personnages qui à la fin ne s'en laissent pas conter! Même si certaines et certains se sont laissé embobiner!
   
   Il était une fois un recueil de nouvelles qui commençait par le titre suivant "La peau du loup" ... une petite fille salue sa grand-mère à qui elle a apporté un joli gâteau... mais celle-ci ne répond pas..que se passe t-il... allez les enfants au lit, il est tard!
   
   "Boucles bleues" vivait avec sa sœur Anne (qui elle voyait tout venir) dans un endroit un peu sauvage, les jours de tempête, l'étang débordait, le téléphone ne passait plus, alors les hommes de passage étaient bien obligés de demander l'hospitalité pour la nuit... la maîtresse du lieu la leur offrait sans conter... ...
   
   Princesse du petit écran... écran, écran qui est la plus belle, disait elle en se mirant dans sa télévision... l'étrange lucarne est un monde loin d'être magique... les contes virent au cauchemar! Royaume de l'illusion! Histoire ô combien amorale, certaines font des efforts mais en vain... jubilatoire surtout, car il semble qu'une justice imminente soit passée par là!
   Imaginez un conte contemporain... l'appartement serait un loft... la cuisine du dernier cri, la femme belle et cordon bleu, l'homme impatient de consommer... non pas le contenu de l'assiette que l’hôtesse a préparé pour lui... mais une autre chair... d'autres appâts... allons monsieur prenez le temps de conter fleurette... vous avez toute la nuit devant vous... et peut-être plus!
   L'auteur nous conte la vie d'un jardin... et il y a des êtres vivants... et parmi ceux-là, certains vivent, mais si peu!
   "Au bois dormant" l’hôtesse n'est plus vraiment jeune et belle... la vie passe... lentement mais elle passe... un visiteur le même depuis des années cinq fois par semaine... les week-ends sont longs...
   Une clef, objet de toutes les pensées et toutes les convoitises... "Le génie du fleuve" est une bien belle histoire, pardon un beau conte... je sais les insultes fusent des deux côtés du fleuve l'ermite n'est plus seul... sa voix rencontre un écho, bigre... puis cette joute oratoire devient un jeu... mais un jour seul le silence répond... il faut traverser le fleuve pour savoir...
   Anne la sœur, puis Anna la faire valoir, Cendrine, Cendrillon des temps modernes, Charming Kevin, tout dans le sourire mais rien dans la tête. La Fée Paulette (où es-tu Fée Clochette de mon enfance?) déléguée de la Française des Vœux... racolant sur les plages... faites vos vœux mesdames, messieurs, faites vos vœux... rêvez sans conter! L'espoir n'a pas d'âge... mais parfois on prend un coup de vieux! Un homme et une femme un souvenir… nostalgie. Blanche est la plus belle... elle a un seul petit défaut, elle aime les pommes... alors sa belle-mère... Un écrivain qui écrit, une grand-mère qui se promène avec ses beaux souliers vernis, ils en ont des choses à conter... Un chat pour clore le livre... .
   
   Les titres de différents chapitres sont très explicites et rappellent vaguement quelque chose : Boucles bleues ; Princess Academy : La Française des Vœux (C'est beau de rêver!) ; Chat Botté ; Au bois dormant ou encore Le génie du fleuve.
   Il était une fois un homme qui ne savait pas réellement compter, ni raconter alors il mélangeait tout, mais parfois comme dans tous les comptes pour enfants...
   
   Un très bon recueil avec une écriture très personnelle, très bonne idée d'avoir donné un coup de jeune à des écrits qui ont bercé notre jeunesse.
   
   
   Extraits :
   
   - L'ombre l’effleure, il est là. Au-dessus d'elle, couché comme toutes ces nuits où la peur l'a clouée sur des draps mous.
   
   - Mitraillage de la pluie sur les feuillages, odeur de terre mouillée, milliers d'aiguilles contre le sol. Le jardin avec un chaos crépitant.
   
   - Qu'à cela ne tienne, à la Française des Vœux, tous les vœux ont leur chance!
   
   - Je suis pas venu pour boire ni pour manger, je suis là pour toi.
   
   - Chez moi, on dîne avant tout. Tu dois goûter ma cuisine, assieds-toi et bois ce vin pour patienter.
   
   - Elle sent monter leur tristesse partagée, cette gravité dans son regard. Plus encore le vendredi à cause des deux jours de séparation qui vont suivre.
   
   - Elle ranimait le souvenir de petits matins, de soirs frileux, de journées grises, réchauffés au coin d'un éclat menu.
   
   - Après le repas, ils retournent devant la télévision, immobiles et calmes. L'air endormi si ce n'était la dague d'un regard parfois lancé à travers la pénombre.
   
   - Le voilà envahi. Il déteste sentir une présence si près de lui, sa zone de sécurité est entamée.
   
   - Elle repart à travers les genêts vers le prochain goûter de café aigre et de gaufrettes à devises.

critique par Eireann Yvon




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