Lecture / Ecriture
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Les Confessions de Mr Harrison de Elizabeth Gaskell

Elizabeth Gaskell
  Cranford
  Nord et Sud
  La sorcière de Salem
  Les Confessions de Mr Harrison
  Femmes et filles
  Les amoureux de Sylvia
  Ma cousine Phillis
  Mary Barton

Elizabeth Gaskell est un écrivain britanique, née en 1810 à Londres et décédée en 1865.
Charles Dickens l'aida à publier ses romans.
Relevant du genre gothique pour ses histoires de fantômes, elle est surtout un des piliers du roman victorien.

Les Confessions de Mr Harrison - Elizabeth Gaskell

Beau parti en vue !
Note :

   Titre original : Mr. Harrison's Confessions (1851)
   
   Amis victoriens, si vous cherchez une lecture drôle, vive et délicieuse pour vous détendre, voici le roman* qu'il vous faut! (* il s'agit plutôt d'une longue nouvelle en 31 chapitres)
   
   Je débute donc l'année en compagnie des "Confessions de Mr Harrison" de la très victorienne Elizabeth Gaskell et si mes lectures de 2013 continuent sur la même lancée, je vais me régaler!
   
   Publié sous forme de feuilleton, ce court roman revient sur les exploits amoureux involontaires du docteur Harrison – Will au chapitre 1, devenu Frank un peu plus tard mais ne nous arrêtons pas à ce genre de détail.
   
   Pour raconter à son frère la façon dont il a rencontré sa charmante épouse, le docteur revient sur son arrivée à Duncombe, paisible petite bourgade. Venu assister puis succéder au médecin actuel, Harrison va (comme le dit si bien la quatrième de couverture) mettre en émoi les dames des environs. Appliquant à la lettre les conseils de son mentor, qui préconise une amabilité extrême qui frise l'obséquiosité, Harrison va sans le vouloir laisser penser à bien des femmes qu'il est tombé sous leurs charmes (inexistants). D'abord naïf, le jeune homme finit par se trouver au cœur d'une vive polémique et de nombreux racontars, pour notre plus grand plaisir. Ce qui risque bien de compliquer ses relations avec le pasteur, dont il souhaiterait épouser la fille aînée.
   
   Madame Gaskell dresse un portrait malicieux de ces villageois pour qui une nuit au poste de police (pour avoir frappé un homme qui s'en prenait à un infirme) devient trois mois, puis un an de détention à Newgate pour un horrible crime méconnu. Des villageois qui - une lettre anonyme, une langue de vipère et un cornet acoustique impuissant aidant, vivent au gré des rumeurs et ont tôt fait de marier ou d'enterrer de braves gens qui n'avaient rien demandé.
   
   Un vrai plaisir que cette lecture vivifiante et à mon avis une clef d'entrée très plaisante pour qui voudrait découvrir Gaskell.
   
   Petit extrait, tirade sur le mariage de mademoiselle Caroline, éprise du docteur Harrison : " «Pour ma part si j'étais... je l'adorerais, je le vénèrerais.» Je me dis qu'elle avait bien tort d'imaginer des situations aussi improbables "(se dit le narrateur, pas tout à fait lucide puisqu'il n'a toujours pas compris qu'il était l'objet des attentions de ladite dame).
   
   Un moment exquis passé en compagnie du sémillant docteur!
   ↓

critique par Lou




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Les risques du métier
Note :

   Les éditions Points ont eu la bonne idée de sortir ce roman en poche. Publié sous forme de feuilleton, en 1851. Ce court roman retrace la vie en société chez les petits bourgeois d'une ville de province où l'arrivée d'un jeune médecin affole notamment la population féminine. Mais, et sinon Elisabeth Gaskell aurait manqué à ses devoirs, cette intrigue un peu simple se double d'une réflexion sur la vie d'un médecin de campagne.
   
   A cette époque, la profession était en pleine évolution et les médecins des grandes villes pouvaient bénéficier des derniers progrès scientifiques. Ceux de la campagne et surtout quand ils étaient âgés, avaient plus de difficultés à se tenir au courant des dernières avancées.
   
   Le héros de ce roman, M. Harrison, fraichement débarqué de Londres, va devoir batailler contre une horde femmes déterminées à lui faire renoncer à son célibat, et contre son confrère, le docteur Morgan de Duncombe, attaché à des remèdes classiques et des méthodes qui, croit-il, ont fait leurs preuves.
   
   Chez Gaskell comme chez Jane Austen d'ailleurs, il semble impossible à un jeune homme célibataire... de le demeurer très longtemps. Les femmes n'ont qu'une idée en tête : le marier au plus vite!
   
   Les rencontres entre Harrison et sa cohorte d'admiratrices vont évidemment faire naître des quiproquos, donner lieu à bien des situations embarrassantes et surtout, faire rire le lecteur. N'allez pas croire cependant que toutes ces dames étaient enragées ou hystériques! Simplement, chacune voulait sa part de romanesque. Peut-on les en blâmer?
   
   Quant à Harrisson, compte tenu de sa situation, il ne s'en tire pas trop mal. Il s'efforce de jongler entre règles de la bienséance, politesse et refus de voir sa volonté ou son indépendance malmenées au gré des caprices féminins. Les invitations pour le thé sont très drôles, le pauvre jeune homme devant se garder des ragots et des interprétations erronées, subissant son calvaire, tandis que nous assistons aux échanges acides entre ces dames qui ne se privent guère de se lancer des piques.
   
   Un roman court et réjouissant, qui confirme tout le bien que je pensais de cet écrivain.
   
   
   "J'eus le plus grand mal à m'endormir, et quand je sombrai enfin dans une espèce d'assoupissement, je me réveillai dans un état dix fois pire. Je ne parvenais plus à me rappeler si j'étais fiancé ou non. Et si je l'étais, à qui?"

    ↓

critique par Folfaerie




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Vie provinciale
Note :

   "Les confessions de Mr Harrison" est un court roman qui ressemble à "Cranford" par le sujet même s'il s'en éloigne par d'autres aspects.
   
   Un jeune médecin, William Harrison raconte à son ami qui revient des Indes, comment il a rencontré son épouse Mary : Tout jeune médecin, il vient s'installer dans une petite ville de province pour aider le docteur en place, Mr Morgan, afin de lui succéder à la longue. A peine arrivé, il excite la convoitise de toutes les jeunes filles à marier et de leurs parents qui cherchent un bon parti. Will tombe très vite amoureux de Mary, la fille du pasteur et pour lui tout est clair mais... c'est un jeune homme très (trop?) poli! je vous laisse découvrir dans quelle situation il va se mettre ou plutôt dans quel guêpier il va tomber!
   
    On y retrouve les ingrédients qui font le succès de Gaskell, la description des particularités de la vie de province, les portraits aigres-doux de certains de ces habitants, l'ironie de la plume mais le ton est résolument celui de la comédie, les quiproquos se succèdent, et l'on sourit devant les ennuis de ce pauvre jeune homme! Un agréable roman!
    ↓

critique par Claudialucia




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Portraits d'époque
Note :

   Dès le début du roman, Harrison, jeune médecin d'une petite ville provinciale, nage dans le bonheur conjugal, et il s'agit pour le lecteur de découvrir les péripéties qui l'y ont conduit. Pas de suspense donc, y compris sur l'identité de la bien-aimée, deviné assez rapidement. Mais de nombreux personnages (surtout des femmes!) apparaissent dans ce court roman, prétexte à brosser un portrait plein d'humour et d'ironie sous-jacente de ce milieu bourgeois où les messieurs sont des "gentlemen". Occasion aussi d'avoir un aperçu des méthodes médicales de l'époque. Harrison, qui peut paraître parfois nigaud, doit se tirer de situations épineuses mêlées de quiproquos: pas toujours facile d'être un jeune célibataire à marier!
   
    Elisabeth Gaskell est de nos jours plus connue et lue qu'à l'époque où je devais lire ses pavés en VO, faute de rien trouver en français. "Les confessions de Mr Harrison" rappellent - pour le milieu social- l'excellent "Cranford", mais en moins grave. On sait que cela va bien se terminer pour le héros, et l'esprit est libre pour s'amuser de ses aventures professionnelles et sentimentales. L'auteur est assez talentueuse pour que le lecteur échappe à une impression "monde de Bisounours", mais on est là évidemment très loin des problématiques abordées dans "Nord et Sud". 

critique par Keisha




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