Lecture / Ecriture
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Ados: Kiffe kiffe demain de Faïza Guène

Faïza Guène
  Ados: Kiffe kiffe demain
  Les gens du Balto
  Un homme, ça ne pleure pas

Faïza Guène est une écrivaine et réalisatrice française, née en 1985.

Ados: Kiffe kiffe demain - Faïza Guène

Perplexe !
Note :

   À partir de 14 ans.
   
   Mes sentiments sont assez partagés après la lecture de ce livre, ce qui explique que la note que je lui attribue soit tout à fait moyenne. Et je crois que le style d'écriture y est pour beaucoup.
   
   L'auteure a grandi dans une cité de la banlieue parisienne et en trace, dans cette fiction, une vitrine sociale sans doute assez précise, à la manière d'un journal intime. Mais il me semble qu'elle a cherché son style tout au long du livre. Son écriture oscille entre le langage très direct des quartiers (édulcoré et parcimonieux, malgré tout) et un style par moments plus littéraire pour un résultat pas toujours crédible à mon sens. Sûr qu'elle n'aurait pas pu écrire totalement en langage des cités à moins que le lecteur non avisé ait un décodeur mais ce mélange, au final, me paraît un peu trop artificiel.
   Elle combine des points de vue qui, à mon sens, ne paraissent pas émaner de la même narratrice. D'une part, certains commentaires nous donnent la sensation d'une grande naïveté (tout à fait naturelle, soit dit en passant) de la part de cette ado de 15 ans. Dans cette vie socialement et culturellement défavorisée qu'elle partage avec sa mère, elle paraît dépassée par la société qui l'entoure et découvre ses multiples rouages qu'elle ne comprend pas toujours. Normal !
   Parallèlement, on assiste à certaines analyses bien plus profondes qui démontreraient une forme de maturité presque précoce et là je pense que l'auteure transparaît un peu trop, employant des structures de phrases plus élaborées. Cette érudition subite rompt un tant soit peu avec le contexte jusque-là mis en place.
   
   C'est ce mélange des genres qui, pour moi, rend l'ensemble un peu emprunté.
   Je reconnais toutefois, que le personnage de Doria évolue et mûrit tout au long du livre, en même temps que la situation sociale de sa mère. Il n'en reste pas moins que dès le début, l'auteur mélange les styles sans réel fil conducteur. S'agissait-il d'un effet volontaire pour mettre en relief les tourments tumultueux et incohérents de l'adolescence ? Si c'était le cas, je reste dubitative quant à sa forme. L'ensemble demeure pour moi quand même un peu brouillon pourtant je ne suis pas du tout une partisane DU style LITTÉRAIRE à tout prix, notamment pour les jeunes (d'ailleurs je ne saurais pas trop dire ce que c'est).
   Toutefois, je pense quand même que ce livre doit beaucoup leur parler et s'ils viennent un peu vers l'écrit grâce à celui-là, tant mieux ! Il est certain que de nombreux d'ados s'y retrouvent car il dénonce cet isolement que certains subissent en raison de leur condition sociale. Mais c'est vraiment du bout de la plume.
   
   Comme il s'agit du premier livre de l'auteure, écrit à 17 ans, alors sans doute que tout s'explique à propos de son écriture. Même si bien des clichés sont réunis sur fond de galerie sociale assez réaliste, en tout cas tous les ingrédients efficaces sont bien présents mêlant humour, dérision, émotion, colère et sarcasme. Là, l'auteure a su y faire !
    ↓

critique par Véro




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Noir et rose
Note :

    Une jeune adolescente, habitant dans une cité de Livry Gragan, en Seine-Saint-Denis, évoque son quotidien: sa vie seule avec sa mère, alors que son père est parti au pays se marier avec une "paysanne" pour enfin avoir un fils, ses rendez-vous réguliers avec la psychologue, tous les lundis, avec la énième assistante sociale de la mairie, avec les connaissances du quartier. Une vie compliquée, avec une mère qui travaille comme femme de ménage dans un Formule 1, qui est illettrée et qui n'arrive pas à faire valoir ses droits. Les soucis de son cousin, petit trafiquant, et de son copain Hamoudi, fumeur de joints. Ses premières histoires amoureuses au collège, une orientation difficile ensuite.
   
   Un roman qui démarre assez crûment: des phrases assassines pour tout le monde (assistantes sociales, profs,...), un style très oral, avec beaucoup de vocabulaire "des banlieues". Puis petit à petit, les ennuis disparaissent: la collégienne vit enfin quelques moments qui donnent un sens (même éphémère) à sa vie, la rage et la colère du départ se dissipent, avec une forme d'acceptation de la vie qu'elle mène. Et des éléments positifs viennent agrémenter le tout: sa mère réussit à s'en sortir, les voisins qui sont dans les pires difficultés voient leur horizon s'éclaircir, etc. Néanmoins, ce côté tout noir au départ puis beaucoup plus rose à l'arrivée m'a un peu gêné: ce n'est pas que je veuille laisser les gens de banlieue dans les pires difficultés en disant qu'ils ne peuvent pas s'en sortir, mais le fait que tout s'arrange au fur et à mesure pour tout le monde me paraît de trop.
   
   Toutefois, un livre qui se lit bien, assez rapidement, écrit par un(e) auteur(e) de 19 ans, qui je pense sera à suivre dans le futur. (D'après ce que j'ai vu, elle s'est lancée dans la réalisation, au moins de courts métrages).

critique par Yohan




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