Lecture / Ecriture
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L'esclave vieil homme et le molosse de Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau
  Les neuf consciences du Malfini
  L'esclave vieil homme et le molosse
  Texaco
  Hypérion Victimaire

Patrick Chamoiseau est un écrivain français originaire de la Martinique, né en 1953. Auteur de romans, de contes, d'essais, théoricien de la créolité, il a également écrit pour le théâtre et le cinéma. Le prix Goncourt lui a été décerné en 1992.

L'esclave vieil homme et le molosse - Patrick Chamoiseau

Beauté de la langue
Note :

   J’ai trouvé ce roman assez extraordinaire. L’histoire pourtant se résume en à peine quelques lignes : un esclave, vieux nègre très calme et très docile, s’enfuit un jour de sa plantation de canne à sucre et s’enfonce à travers les Grands Bois, poursuivi par le Maître-béké et par son terrifiant molosse.
   
   En fait, ce roman vaut essentiellement par sa langue très poétique, mélange de français et de créole, qui lui donne un souffle épique.
   On ne comprend pas forcément mot à mot chaque phrase mais on se laisse emporter par ce rythme haletant qui reproduit celui de la course du vieil esclave.
   
   Ces mots créoles sont d’une grande beauté, avec des sonorités exotiques qui font parfois penser à des onomatopées, et qui se mêlent harmonieusement au français et à la syntaxe très sophistiquée de Patrick Chamoiseau.
   En ouvrant ce livre on a l’impression de pénétrer dans une jungle dont chaque phrase est une liane ou une racine.
   Au-delà de la langue, l’histoire ressemble à un conte, et est plus proche du mythe que de la réalité.
   
   Je pense que les amoureux de la langue française et les amateurs de poésie seront enchantés par ce livre mais que les personnes plus pointilleuses ou plus prosaïques trouveront la lecture difficile.
   
   Voici le premier paragraphe du livre :
   
   "Du temps de l’esclavage dans les isles-à-sucre, il y eut un vieux-nègre sans histoires ni gros-saut, ni manières à spectacle. Il était amateur de silence, goûteur de solitude. C’était un minéral de patiences immobiles. Un inépuisable bambou. On le disait rugueux telle une terre du Sud ou comme l’écorce d’un arbre qui a passé mille ans. Pourtant, la Parole laisse entendre qu’il s’enflamma soudain d’un bel boucan de vie."

critique par Etcetera




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