Lecture / Ecriture
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Ados: Portrait de classe de Tobias Wolff

Tobias Wolff
  Ados: Portrait de classe
  Chasseurs dans la neige
  Un voleur parmi nous

Tobias Wolff est un écrivain américain né en 1945 dans l'Alabama.
Il enseigne à l'université de Syracuse dans l'État de New York.
En 1985, il a reçu le PEN/Faulkner Award de la meilleure fiction pour "Engrenages".

Ados: Portrait de classe - Tobias Wolff

Beaucoup d'honnêteté et un regard tendre
Note :

   Titre original : Old school
   
    Présentation de l'éditeur: (en partie et adaptée)
   
   "Le protagoniste de ce roman de Tobias Wolff est un adolescent qui fréquente un collège privé dans les années 60. Il est boursier mais a appris à copier les manières négligentes de ses compagnons plus privilégiés. Comme plusieurs d'entre eux, il veut plus que tout être écrivain. Mais pour ce faire, il doit apprendre à dire la vérité sur lui-même.
   Le nœud de l'histoire est entremêlé avec les concours littéraires de l'école, concours dont le gagnant se mérite une entrevue privée avec un écrivain. Alors que la fièvre de la compétition contamine le garçon et ses pairs, "Old School" explore les manigances et les trahisons avec empathie."

   
   
   Commentaire
   

   Encore l'un ce ces livres que j'avais pris dans cette fameuse liste "best books about school". Liste que je ne retrouve plus d'ailleurs mais que j'aimerais bien revoir, juste pour m'assurer que j'ai bien tout commandé ce qu'il y avait dedans. Parce que les trois trucs (celui-ci," A separate peace", "The perks of being a wallflower") que j'ai lus jusqu'ici ont été de très bonnes surprises que je n'aurais probablement pas lus autrement.
   
   Ce roman-ci parle de jeunes mais pour moi, ce n'est pas nécessairement un roman jeunesse. Le regard qui est porté par le narrateur devenu adulte - et écrivain - sur ces jeunes m'est apparu très adulte malgré que les protagonistes soient pour la plupart adolescents. Si l'auteur s'est inspiré de sa propre expérience, d'après ce que j'ai pu lire de sa biographie, il semble s'agir ici de mémoires fictives, qui font le portrait d'une époque, dans une école pour garçons où on prône le mérite, le travail et l'honneur. Une école aussi où la littérature est mise au premier plan.
   
   Qu'est-ce que ça raconte? En gros, on nous raconte, à la première personne, l'histoire d'un jeune homme qui veut devenir écrivain et qui participe aux concours mis en avant par son école, des concours où le gagnant se voit accorder une heure avec l'écrivain du moment. Ici, on nous raconte la visite de Robert Frost, de Ayn Rand et d'Hemingway. Mais ce n'est que le contexte, parce que selon moi, l'essentiel se trouve ailleurs.
   
   C'est avant tout une quête d'identité qui nous est racontée. Dans ce monde brillant, où les remarques doivent être drôles et acérées, difficile d'être soi-même, même quand on nous dit sans cesse que c'est le travail qui compte, pas la naissance. Parce que bon, on sait bien qu'au fond, ce n'est pas siiii vrai que ça. Et c'est comme ça, mine de rien, que les réflexions de ce jeune dont on ne connaît pas le nom - je l'ai réalisé très tard dans le roman, presque à la fin - m'ont lancée dans des réflexions sur le racisme, les classes sociales, le sexisme ou encore l'honnêteté intellectuelle. Même si à l'occasion, ce n'est qu'effleuré. On parle de livres (beaucoup d'Hemingway... j'ai d'ailleurs le goût de le relire), du processus créatif, de l'exaltation du jeune artiste, sans jamais être pédant ou tomber dans de longs discours. J'ai trouvé le tout vraiment très habile.
   
   Un roman très court, à peine 200 pages, mais qui nous amène dans cette école, moins idéalisée, avec une vision moins nostalgique que dans certains autres romans. Un passage à l'âge adulte pas facile, qui fait réaliser, soudain, que la vie des grands, avec ses problèmes, ses trahisons, ses dilemmes, n'est pas si différentes que la vie des jeunes, en fait. Juste à une autre échelle. Et ces professeurs que les jeunes ont idéalisés mais qui pour eux ne vivent pas vraiment, parce que bon, à 17 ans, c'est bien connu, tout tourne autour de nous-mêmes, deviennent soudainement plus humains. J'ai adoré la dernière partie.
   
   L'écriture m'a beaucoup plu, à la fois simple mais non dénuée d'émotion ou d'humour. La scène où Ayn Rand visite l'école m'a fait rire tout haut à 3h du matin (ne posez pas de questions... je suis parfois très, très bizarre) et vaut à elle seule son pesant de cacahuètes. Disons que cette fois, ça ne m'a pas vraiment donné le goût de lire ses écrits!
   
   Beaucoup d'honnêteté et un regard tendre, jamais condescendant, sur ce monde clos. Une belle découverte donc.

critique par Karine




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