Lecture / Ecriture
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Oscar Wilde et les crimes du Vatican de Gyles Brandreth

Gyles Brandreth
  Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles
  Oscar Wilde et le cadavre souriant
  Oscar Wilde et le jeu de la mort
  Oscar Wilde et le nid de vipères
  Oscar Wilde et les crimes du Vatican
  Oscar Wilde et le mystère de Reading

Gyles Brandreth est un auteur britannique né en 1948.

Oscar Wilde et les crimes du Vatican - Gyles Brandreth

Oscar et Arthur à Rome (sans Robert)
Note :

   Titre original : Oscar Wilde and the Vatican Murders (2011)
   
   
   Juillet 1892. Arthur Conan Doyle, épuisé par le gigantesque succès de son héros Sherlock Holmes, et la pression permanente qu'il subit pour donner une suite aux aventures de son célèbre héros, se retire en Allemagne pour y faire une cure thermale et prendre un peu de repos. À son arrivée, il tombe avec stupéfaction sur son ami Oscar Wilde, venu prendre les eaux à la demande de son épouse, qui aimerait le voir perdre du poids. Alors qu'Oscar décide de donner un coup de main à Conan Doyle pour traiter l'épaisse correspondance envoyée par ses lecteurs, les deux amis tombent sur une main momifiée, un doigt pourvu d'un anneau d'or, et une boucle de cheveux. Les macabres objets, adressés à Sherlock Holmes lui-même, ont tous trois été expédiés depuis Rome, et nos deux détectives décident de mettre un terme à leur cure pour gagner la Ville éternelle, où le pape Pie IX vient de s'éteindre. Mais dès leur arrivée à Rome, les deux compères découvrent que leur enquête ne sera guère aisée : pour découvrir le fin mot de l'histoire, ils vont devoir infiltrer l'un des cercles les plus privés et les plus influents de l'Église catholique. Un cercle où ils pourraient très bien n'avoir pas que des amis...
   
   
   Pour cette nouvelle enquête d'Oscar Wilde, la cinquième en date, Gyles Brandreth a décidé de modifier un peu sa trame : pour une fois, ce n'est pas Robert Sherard qui accompagne le plus dandy des détectives dans ses pérégrinations, mais Conan Doyle, son ami de toujours, déjà personnage récurrent des précédents volumes. Il s'agit là d'une amélioration notable, car Sherard avait tendance à jouer rapidement le rôle de faire-valoir d'Oscar Wilde, dont il goûtait chaque aphorisme avec un mélange attendu de délectation et d'indignation. Certes, Conan Doyle, par moments, est un peu trop Docteur Watson et pas assez Sherlock Holmes face à la tornade Wilde, mais son sens pratique et sa foi absolue en l'amour conjugal en font un adversaire plus coriace pour notre tonitruant héros que ne l'était le pâle Robert Shepard. Outre le plaisir de retrouver Wilde menant l'enquête à grand renfort d'extravagances et de beuveries, le lecteur apprécie donc tout particulièrement de découvrir une nouvelle facette de Conan Doyle.
   
   Néanmoins, le rythme semble peiner à s'installer dans ce volume, l'intrigue en elle-même n'étant pas des plus palpitantes : autant le dire tout de suite, il ne se passe pas grand chose durant les deux cents premières pages, et les personnages secondaires sont loin de captiver autant que ceux des précédents romans. Heureusement, Wilde, fidèle à lui-même, est toujours aussi agaçant avec ses affirmations péremptoires et sa confiance excessive en soi, et même s'il résout un peu trop rapidement cette enquête dans laquelle il a eu l'air de patauger pendant si longtemps, on ne peut qu'admirer ses talents de détective et ses postures étudiées d'esthète incompris.
   
   En bref, sans doute pas le meilleur de la série, mais un bon roman tout de même, à l'humour omniprésent et qui nous fait retrouver avec bonheur les deux écrivains apprentis détectives, dont on attend avec impatience les prochaines aventures.
   
   
   Les enquêtes d' Oscar Wilde:
   
   Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles
   Oscar Wilde et le jeu de la mort
   Oscar Wilde et le cadavre souriant
   Oscar Wilde et le nid de vipères
   Oscar Wilde et les crimes du Vatican
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critique par Elizabeth Bennet




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Nomen est omen
Note :

   "Nomen est omen" tient-on beaucoup à nous répéter ici, non que cela éclaire tellement l'histoire en fin de compte, mais sans doute parce qu'à Rome particulièrement, un peu de latin ne peut faire de mal et ailleurs, ça pose son auteur… et pourtant, Wilde n'a rien de particulièrement wild si on y songe.
   
   Je crains que Giles Brandreth n'arrive bientôt au bout de ses citations Wildiennes (on arrive au cinquième opus, quand même) et qu'il ne lui reste plus qu'à soit, les répéter -mais cela va lasser-, soit en inventer -mais cela a toutes les chances d'être moins bien... La preuve? Nous voyons ici le personnage nous déclarer avec la finesse et l'originalité de vue que nous lui connaissons : "Les meilleurs escrocs sont toujours les plus convaincants" (267)
   Hum, hum... on est un peu gêné pour lui. Faisons comme si on n'avait pas relevé.
   
   Je ne peux pas résister : Freud à New-York, Sherlock avec Einstein, Wilde au Vatican (que j'ai lu en pleine réunion du conclave, qui plus est), c'est trop kitch, je n'ai pas mes chances, la curiosité est trop forte, je ne peux qu'aller voir. Mais c'est connu, "C'est la curiosité qui tue les chats" et ce dernier Brandreth a failli m'avoir à l'usure. 400 pages, quand même! Car je me suis largement ennuyée. L'intrigue est minimale (voire moins), la vraisemblance encore en dessous de ce qu'elle est d'habitude et l'écriture...! Que dire de l'écriture? Elle est plan-plan, monotone, sans charme, se réveillant parfois pour se lancer dans des élans qui ne donnent que des images banales et ternes
   "Quittant un soleil d'or, nous nous retrouvâmes plongés dans un noir d'encre." (157)
   Eh oui... (soupir navré)
   Mais quand il se lance dans quelque chose d'un peu plus audacieux, on frôle le bizarre, les couleurs étranges par exemple
   "Oscar, qui avait troqué son costume citron vert pour du noir olive" (296)
   sans que la qualité littéraire de l'ensemble s'en trouve sensiblement rehaussée.
   
   Les personnages? Parlons-en! Les sept évêques autour de qui tout se trame, esquissés à grands traits, sont difficiles à reconnaître (moi, je m'y suis perdue tout le temps), comment en suspecter l'un plus que l'autre dans ces conditions? Et après nous avoir mis Oscar dans le rôle de Sherlock (ok, physiquement, ce n'était pas ça) depuis 4 livres et demi, Brandreth nous annonce d'un coup qu'il va s'en inspirer pour le portrait de Mycroft! Alors, certes, c'est Conan Doyle qui parle, mais les deux se fondent depuis le début du roman et le lecteur lui, finit par avoir du mal à s'y retrouver.
   
   En résumé, c'est mal écrit, de plus en plus banal au fil des aventures, sans vraisemblance et sans intrigue; que tous les saints du Vatican me préservent de la curiosité du prochain!!
    ↓

critique par Sibylline




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Sherlock chez le Pape
Note :

   Conan Doyle prend les eaux à Hombourg, petite ville d’Allemagne. Il y est tranquille pour se livrer à la rébarbative activité de devoir répondre au volumineux courrier que ses lecteurs adressent à Sherlock Holmes, son détective de fiction, que bien des gens tiennent pour réel. Nous sommes en 1892. Sherlock a atteint une belle célébrité.
   
   Un matin, Doyle tombe sur Oscar Wilde, envoyé par sa femme, qui souhaite le voir perdre du poids. Wilde s’ennuie affreusement dans ce trou. Il promet à Doyle de l’aider à répondre à son courrier. En échange, l’écrivain lui donne du tabac qu’Oscar roule dans le papier de la Bible qu’il a dans sa chambre. Car à Hombourg, on n’a pas le droit de fumer…
   
   Le courrier cesse subitement d’être rasoir : voilà que de Rome, on expédie à Sherlock Holmes une main humaine tranchée net, puis un doigt, une boucle de cheveux, un anneau d’or rose où figurent les clefs de Saint-Pierre. Wilde considère que c’est un appel au secours venu du Vatican pour retrouver un assassin. Il importe que Sherlock Holmes soit à la hauteur. Les deux compères quittent Hombourg pour l’Italie, trop heureux de cette diversion.
   
   Wilde connaît bien Rome, où résida et mourut son poète préféré Keats, cité à satiété dans le récit. Longtemps auparavant, il a même déjà été béni par le précédent pape répondant au gentil pseudonyme de "Pio Nono".
   
   Nos deux amis commencent leur enquête en compagnie du docteur attitré du Vatican, Axel Munthe (comme Wilde et Doyle, il exista réellement et fut écrivain). D’autres curieux personnages viennent se mêler à ce trio de choc. Pour élucider l’épineux problème, (il faut trouver qui est la victime, l’auteur des envois, et l’assassin) Oscar Wilde mène grand train, comme à l’ordinaire, citations, bons mots, champagne toute la journée, thé, alcools et accompagnements gourmands près de la chapelle Sixtine, avec des cardinaux qui semblent avoir bien des secrets à dissimuler…
   
   Cet opus est fort agréable à suivre, tout autant que le précédent. L’intrigue est bien menée, même si elle nous intéresse sans doute moins que les personnages, et leurs échanges verbaux. Le fait que Conan Doyle soit le narrateur est une très bonne idée. Il existe davantage en face de Wilde que le falot Sherer. Le docteur Munthe est très bien aussi.
   
   Un divertissement réussi.

critique par Jehanne




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