Lecture / Ecriture
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Solaris de Stanislas Lem   

Stanislas Lem
  Solaris

Stanislas Lem, nom francisé à partir du polonais Stanisław Lem, est un écrivain de science-fiction polonais né en 1921 à Lviv (ville d'Ukraine occidentale alors alors située en Pologne et dénommée Lwów) et mort en 2006 à Cracovie, Pologne.
(Wikipedia)

Solaris - Stanislas Lem

Une vision européenne de la Science-Fiction.
Note :

   Comme on avait offert à mon mari le film de Sodenbergh et que celui-ci m'avait laissée sur ma faim (et une fois de plus à me demander pourquoi, mais pourquoi diable les Américains ne peuvent pas se dépêtrer : 1) de la culpabilité judéo-chrétienne ; 2) de la tradition du "happy end"), j'ai acheté le livre de Stanislas Lem.
   
   Et alors là, par contre, j'ai adoré.
   
   D'accord, officiellement, "Solaris" est une oeuvre de Science-Fiction. D'accord, son action se passe dans une station spatiale vouée à l'étude de l'étrange planète qui fournit son titre au roman. D'accord, Lem utilise les données habituelles de la SF. Et pourtant, ce roman est en fait l'actualisation d'une interrogation immémoriale : d'où venons-nous? Pourquoi sommes-nous là ? ...
   
   J'avoue d'ailleurs être restée pantoise de constater qu'un écrivain polonais, et donc fortement imprégné par un catholicisme rétrograde, avait pu se livrer à une analyse aussi percutante du mystère des origines. Sa formation scientifique y est certainement pour quelque chose. (Si l'on tient compte de la richesse de pensées qui fut la sienne, on comprend mieux pourquoi les religions, quelles qu'elles soient, ont toujours considéré la Science d'un très mauvais oeil ...)
   
   Tout commence par l'arrivée d'un psychiatre, le Dr Kelvin, à bord de la station spatiale de Solaris où règne désormais un silence presque mortel. Kelvin découvre que l'équipage, initialement formé de trois personnes, Gibarian, Snaut et Sartorius, se résume maintenant aux deux derniers. Mais Sartorius refuse de sortir de sa chambre et c'est Snaut qui apprend à Kelvin le suicide de Gibarian. Visiblement à bout de nerfs, Snaut n'en refuse pas moins d'expliquer à l'arrivant les raisons qui ont poussé Gibarian au suicide. Sous ses sarcasmes, se devine la peur. Mais de qui, de quoi a-t-il peur ? Cela non plus, il ne le dira pas.
   
   Peu à peu, Kelvin réalise que, pour une raison qui pourrait trouver son origine dans un bombardement de rayons X infligé à l'océan qui forme Solaris, les hommes de l'équipage, sortant de leur sommeil, ont vu se matérialiser des "visiteurs." Des visiteurs de Snaut et Sartorius, nous ne saurons rien. Pour Kelvin, ce sera sa femme, qui s'était suicidée après leur rupture. Pour Gibarian, c'était aussi une femme.
   
   On savait depuis longtemps que Solaris avait la faculté de reproduire des objets. Mais jusqu'ici, la planète n'avait jamais engendré des formes aussi exactes et douées d'une vie qui semble bien immortelle ...
   
   Les visiteurs ne semblent pas hostiles mais, évidemment, comment concilier leur présence avec la réalité antérieure ? La Harey qui apparaît à Kelvin et qui dit elle-même ne pas trop savoir ce qui lui arrive n'a pas grand chose en commun avec la Harey morte il y a plusieurs années, sur la Terre. C'est une espèce de clone dont l'esprit ressemble à un cahier à peine entamé et qui, malheureusement, souffre de son état.
   
   Plus on avance dans le livre, et plus la souffrance de Harey augmente jusqu'à ce que ...
   
   Inspiré plus ou moins par la Gnose chrétienne, dévidant avec obstination le fil d'une logique qui peut paraître désespérée, "Solaris" est un roman unique qui nous rappelle que la SF, c'est aussi autre chose que "Star Wars."
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critique par Masques de Venise




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Premier contact
Note :

   1ère publication: 1961
   
   
   Œuvre maîtresse de l’écrivain et philosophe polonais, "Solaris" s’ouvre dès les premières pages sur un mystère captivant alors que Kris Kelvin – le personnage principal – rejoint une station spatiale orbitant autour d’une énigmatique planète recouverte d’un océan vivant, présumé être un organisme intelligent et sensible.
   
   À son arrivée, Kris trouve une station spatiale en déroute. Un des scientifiques est mort, l’autre s’est barricadé dans son labo et le dernier refuse d’expliquer la situation. De plus, une étrange apparition hante l’endroit. Un scénario digne d’un film d’horreur.
   
   Au fil de son enquête, Kris découvre que les expériences effectuées afin d’entrer en contact avec la planète ont provoqué l’ire de cette dernière. Sa réplique prend la forme de manifestations physiques basée sur la psyché des membres de l’équipage. Dans le cas de Kris, son ex-femme – qui s’est suicidée – apparaît dans sa chambre. Il s’agit d’une copie parfaite, possédant toutes les caractéristiques et la personnalité de la personne originale. Kris comprend alors la raison du chaos qui règne au sein de la station…
   
   Bien entendu, l’histoire va plus loin que le simple thriller. Lem est un érudit. Entre les moments de suspense, il entretient le lecteur de ses pensées philosophiques en prenant comme cadre son roman. L’humour sarcastique fait également partie de son style.
   
   "Solaris" n’est pas un roman traditionnel de science-fiction puisque les émotions y jouent un rôle prédominant. Les sentiments de l’amour, de la peur et du regret sont explorés honnêtement. C’est une méditation sur les limites de l’imagination scientifique, aussi sur l’humanité et sur l’idée fausse qu’elle se fait de la vie extra-terrestre.
   
   La conclusion de cette aventure trop ambitieuse est inévitablement insatisfaisante, mais n’en est pas moins une lecture absolument passionnante.

critique par Benjamin Aaro




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