Lecture / Ecriture
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Les païens d'Irlande de Edna O'Brien

Edna O'Brien
  Nuit
  Tu ne tueras point
  Saints et pécheurs
  Lanterne magique
  Les païens d'Irlande
  Crépuscule irlandais
  Fille de la campagne

Edna O'Brien est une romancière Irlandaise née en 1930.

Les païens d'Irlande - Edna O'Brien

Fuir le péché
Note :

   Il y avait longtemps que je ne m'étais pas plongé dans l’œuvre d'Edna O'Brien, et comme je n'ai plus souvenir de ce livre, c'est l'occasion. Ce roman a été écrit en 1970 et traduit en 1973.
   
   L'enfance d'une petite fille dans l'Irlande profonde (une enfance qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de l'auteur). Une vie dans une Irlande bigote pour certaines choses, mais souvent païenne dans son comportement. (C'est la guerre sujette aux restrictions). Entre une mère adorée et un père ivrogne, soi-disant éleveur de chevaux, mais qui me réussit jamais rien de bon.
   
   La vie s'écoule au rythme des saisons, des petits riens aux drames de l'existence, le suicide de l'institutrice, la tuberculose de certains enfants, l'accident d'un cheval. Entre les coups du père, et les débuts de l'adolescence de la jeune fille, l'avenir ne semble pas tout rose, vivre ailleurs serait peut-être une solution?
   
   On retrouve comme dans tous les romans d'Edna O'Brien, des personnages souvent pathétiques pour ne pas dire mentalement arriérés. Tous ont des secrets plus ou moins avouables. Les hommes sont particulièrement stupides, ivrognes et obsédés sexuels. Comme cet oncle qui voulait mourir comme un héros, pourchassé par les "Blacks & Tans", mais qui mourut en sautant avec sa propre bombe en pêchant dans une rivière! Le curé et ses lévriers aux prénoms féminins. Ambie, qui est le spécialiste pour égorger les cochons, mais qui met enceinte la bonne du médecin, enfin un petit village, comme les autres! Toujours pour l'auteur, l'amour et la haine qui la relie à son pays natal, elle ne veut plus y vivre, mais quasiment tous ses livres s'y déroulent.
   
   J'ai été un peu surpris par la manière qu'Edna O'Brien a choisie pour écrire ce livre. Une "voix off" en quelque sort qui raconte à une personne son enfance. Une écriture à la deuxième personne "Tu", naïve et infantile, qui devient fatigante. Dommage, car il y avait là sujet pour un bon roman.
   
   Extraits :
   
   - Il y eut une surprise à l'école. Jewel te dit que la maîtresse allait partir chez les fous.
   
   - Ta mère était franche et elle commit un jour un terrible péché : elle assista à un office protestant.
   
   - Elle dit que vous aviez été prendre le thé dans une certaine maison, et que vous vous étiez conduit comme des amoureux. Elle dit qu'on s'était rendu compte que vous vous aviez échangé des regards à plus d'une reprise.
   
   - C'était comme si tu étais en deuil.
   
   - Tu te gargarisais avec de l'eau salée. Tu utilisais de l'eau tiède parce qu'elle avait un goût infecte.
   
   - Tu renonças aux menus plaisirs. Tu t'assignas des tâches, tu t'imposas des pénitences.
   

   Titre original : A Pagan Place.(1970)

critique par Eireann Yvon




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