Lecture / Ecriture
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Wilderness de Lance Weller

Lance Weller
  Wilderness

Lance Weller est un auteur américain né en 1965 dans l'État de Washington.

Wilderness - Lance Weller

Premier roman
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   Abel Truman vit sur la côte déchiquetée du Pacifique Nord-Ouest, dans une vétuste cabane de bois flotté avec son chien pour unique compagnon. Trente ans plus tôt, il a survécu à la bataille de la Wilderness, l'un des affrontements les plus sanglants de la guerre civile américaine. Depuis, Abel est hanté par son passé douloureux, jusqu'au jour où il décide de partir pour un ultime voyage. Mais le vieux soldat ne tarde pas à être rattrapé par la violence lorsqu'un homme au visage déchiré et un Indien aux yeux sans éclat lui dérobent son chien. Laissé pour mort par ses assaillants, Abel part sur leurs traces à travers les Olympics Mountains menacées par la neige. Sa quête l'entraînera sur la route de ses souvenirs et vers une rédemption qu'il n'espérait plus.
   
   
   "Wilderness" de Lance Weller (encore un premier roman, c'est fou). J'ai mis beaucoup de temps à lire ce roman parce qu'il est trop bien écrit et qu'étant très fatiguée à ce moment-là, ses phrases me berçaient comme un bébé et je m'endormais... Bon, depuis la forme est revenue et j'ai pu apprécier à sa juste valeur ce splendide roman spécialement écrit pour les amoureux de la belle écriture. Wilderness commence dans les années 1890 et nous fait remonter le temps jusqu'en 1820-1830 en pleine guerre de Sécession.
   
   Je suis bien incapable de résumer ce livre si dense, si beau, si magique. Le mieux que je puisse dire c'est que j'ai eu l'impression de lire l'histoire des États-Unis tant les destins croisés sont variés et riches en symboliques: nordistes, sudistes, indiens, noirs, couples métisses, immigrants chinois, etc.
   
   Je n'ai pas lu assez de livres sur la guerre de Sécession mais je vous assure que la description des combats est impressionnante, d'une violence inouïe, et que malgré tout, Lance Weller parvient à y intégrer de la beauté...
    ↓

critique par Petit Sachem




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Le pays et le temps de Lincoln
Note :

   Bien loin d’Autant en emporte le vent, ce roman nous plonge dans la guerre de Sécession. Une lecture récente, celle de la biographie de Lincoln, m’avait donné envie de lire quelque chose d’un peu documenté sur cette guerre. En fait c’est un roman que j’ai choisi et quel roman !!
   
   1864 en Virginie, la guerre bat son plein et même si les armées confédérées donnent de vrais signes de fatigue, les combats sont encore très très violents.
   
   Abel Truman est un des ces soldats, de ceux qui chantent Dixie, il s’est laissé enrôler non par conviction mais parce qu’il pense mériter cette punition.
   Une grande bataille se prépare dans la forêt de Wilderness près de Spotsylvania.
   
   Et pourtant la nature est magnifique et rien ne prédispose les lieux a être champs de bataille
   
   « Ce matin-là était rempli de chants d’oiseau et les branches étaient traversées de rayons de soleil pâles et obliques, si bien que la lumière éclatante s’étalait sur les feuilles et qu’une légère vapeur s’élevait de la mousse sur le sol de la forêt. Ce matin-là le soleil faisait briller la rosée comme des perles minuscules enfilées sur la résille délicate et précise des toiles d’araignées. Ce matin-là il flottait dans l’air une odeur de soleil, de chaleur et de toutes les bonnes choses en train de pousser.»
   

   1899 Un vieil homme qui vit en compagnie d’un vieux chien quitte sa cabane en bois flotté au bord du Pacifique, quelque part dans l’état de Washington. Il est vieux, malade, il a le corps et le cœur couturé de cicatrices, il prend la route de l’est, la route du retour vers le passé.
   
   Trente ans plus tard de nouveau confronté à la violence lorsque deux hommes s’en prennent à son chien, il va retrouver de vieux réflexes oubliés mais aussi trouver sur son chemin des hommes et des femmes capables de bienveillance.
   « Le vent faisait doucement grincer la cabane tandis que les vagues sifflaient le long du rivage sombre et rocheux.»
   

   Un récit somptueux et sombre et des personnages « humains, trop humains». Pas de recherche particulière dans la forme du récit, un classique aller retour entre hier et aujourd’hui. Mais quelle écriture ! Une langue imagée, lyrique, riche, qui restitue parfaitement cette guerre, frère contre frère, cette tuerie ignoble dont les scènes semblent sortir tout droit de l’enfer.
   
    L’auteur possède une aptitude rare pour nous faire entendre les plaintes des hommes, le rugissement de la bataille et nous faire entrevoir Abel l’homme hanté par son passé qui gravit son Golgotha.
   
   L’auteur fait un récit presque halluciné des scènes de batailles, je n’ai pu m’empêcher de penser à Andersonville le film de Frankenheimer; mais l’auteur est également parfait dans les scènes plus intimistes, très visuelles, en total opposition à la férocité des combats. Les héros secondaires sont également magnifiques et je gage que vous n’oublierez ni Ned, ni David ni Helen et encore moins Hypatie l’esclave en fuite qui va tenter de ramener Abel à la vie.
   
   La traduction est mieux que bonne, elle est excellente et participe grandement au plaisir de lecture.
   
   La très grande et magnifique tradition du roman américain, dans la lignée des Raisins de la colère ou de la Route du retour.
    ↓

critique par Dominique




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Coup de cœur
Note :

    Dans sa maison de retraite où elle vit paisiblement, Jane Dao-ming Poole évoque les figures de son enfance.
   
   En 1899, Ellen et Glenn Makers, le noir et la blanche, ne demandaient qu'à vivre tranquillement dans leur ferme de l'état de Washington, mais leur entourage allait leur faire payer chèrement leur choix de s'aimer. Abel Truman, lui, après des décennies à vivre de rien ou presque au bord du Pacifique, devenu vieux et malade, allait se remettre en route; son chemin va croiser celui de deux types violents qui commettront l'erreur de lui voler son chien.
   Abel était soldat durant la guerre de Sécession et se trouva plongé dans la bataille de la Wilderness, les 5 et 6 mai 1864. Une bataille fratricide, 27 000 morts et blessés.
   
    Une écriture impeccable, dense, maîtrisée, riche et belle. Pas de recherches d'effet, une totale efficacité.
   
    Une construction assez classique alternant les époques, dévoilant un détail qui sera développé bien plus loin, sans nuire à l'intérêt.
   
    D'excellents personnages secondaires inoubliables.
   
    Une incroyable intensité, particulièrement la description de la bataille vue au niveau d'un soldat, parmi les cris, les tirs, la fumée, les odeurs diverses. On y est, réellement, et l'horreur nous saisit.
   
   A découvrir absolument.
    ↓

critique par Keisha




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Apre et magnifique
Note :

   "C'est la peau qui l'a déclenchée, finit-il par dire. Cette guerre. Ça, tu le sais. C'est la peau qui l'a déclenchée, mais ça ne se réduisait pas seulement à une question de couleur de peau, et même si Abel a combattu pour ce pour quoi il a combattu, tu ne peux pas sortir un homme de son époque et ensuite espérer le comprendre. Ça, c'est quelque chose que tu ne peux tout simplement pas faire. C'est comme la guerre, Abel ne se réduisait pas seulement au camp pour lequel il a combattu. Pourquoi pleures-tu?"
   

   Wilderness est le nom d'une terrible bataille de la guerre de Sécession, sur le territoire de la Virginie. Abel Truman, le personnage principal de ce roman y a participé du côté sudiste, alors qu'il est nordiste, uniquement parce qu'il pensait mériter un châtiment.
   
   La narration se déroule de manière classique avec des retours sur des périodes différentes et nous faisons d'abord connaissance avec Abel, 30 ans plus tard. Il vit sur les bords du Pacifique, seul, dans une pauvre cabane, avec son chien. Usé par la vie, il tente de la quitter en se noyant, mais la mer le rejette. Il prend alors la route, remontant vers le passé. Agé, malade, souffrant de ses vieilles blessures, il est attaqué par deux hommes voulant lui voler son chien pour des combats.
   
   C'est ce qu'il ne fallait pas faire, s'attaquer à son chien. A partir de là s'enchaînent des évènements qui vont l'emmener plus loin qu'il ne le pensait, et nous avec.
   
   C'est un roman époustouflant, par son écriture, son lyrisme et en même temps sa cruauté, on peut passer d'une ode splendide à la nature à la brutalité la plus primaire entre les hommes. Le racisme est très présent, le sort misérable réservé aux Indiens aussi. Abel est un homme ordinaire, ayant eu son lot de malheurs, ce sont les rencontres qu'il va faire qui vont l'amener doucement à changer sa manière de penser et peut-être panser ses plaies les plus anciennes.
   
   J'ai peu lu sur la guerre de Sécession, à part "Autant en emporte le vent" et j'ai été scotchée par le long récit de la bataille, j'ai eu l'impression d'être au milieu des combattants. Pour être honnête, j'ai failli arrêter ma lecture au milieu du roman, accablée par une noirceur qui s'amplifiait de page en page et qui semblait ne devoir jamais s'arrêter. Je ne l'ai pas laissé longtemps de côté et j'ai eu raison, je me serais privée des pages bouleversantes de la fin. Il n'y a pas que de la violence, il y a une humanité et une compréhension profonde des femmes et des hommes livrés à des évènements complexes et malmenés par la vie. On ne peut que s'attacher à Abel et s'horrifier de ce qu'il a dû traverser, même si par ailleurs il n'y a pas toujours mis du sien.
   
   C'est un livre qui permet également de comprendre un peu mieux la société américaine, d'où elle vient, ce qu'ont vécu ses habitants pour la construire, ce n'est pas si vieux si l'on considère à quel point le passé pèse lourd sur les générations suivantes.
   
   Je l'ai terminé il y a presque trois mois et il m'en reste le souvenir d'une lecture âpre et magnifique, assez exceptionnelle, d'autant plus que c'est un premier roman.

critique par Aifelle




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