Lecture / Ecriture
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Un homme effacé de Alexandre Postel

Alexandre Postel
  Un homme effacé
  L'ascendant
  Les Pigeons

Alexandre Postel est un professeur de Lettres et écrivain français, né en 1982.

Un homme effacé - Alexandre Postel

Goncourt du premier roman 2013
Note :

   Damien North est professeur d’université dans une petite ville. Il est veuf depuis plusieurs années et vit de façon plutôt solitaire. Son existence bascule le jour où il est interpellé à son domicile par la police et placé en contrôle judiciaire suite à la découverte, sur son ordinateur portable, d’images à caractère pédopornographiques. La presse en fait ses choux gras, d’autant qu’il est le petit fils d’Axel North, figure politique historique. Il risque cinq années de prison.
   Bien qu’il se sache innocent, les preuves sont contre lui. Irréfutables… La descente aux enfers commence…
   
   Un premier roman fort bien écrit qui a obtenu le "Goncourt du premier roman 2013" et le prix Landerneau Découvertes et qui est également sélectionné pour le prix Roblès 2013.
   
   C’est un roman brillant et percutant. L’auteur montre très bien comme le regard des autres change et comment même la perception de soi même est modifiée par un tel drame. Loin du sordide, ce roman pose des questions et est l’occasion d’une belle analyse de notre société. Il m’a fait penser à "Lointain souvenir de la peau" de Russel Banks dans la mesure où il s’attache à décrire une personne considérée comme délinquant sexuel, avec le côté honteux d’une telle accusation. Tout au long du roman, le suspens persiste, la "pirouette" finale m’a conquise et le style est celui d’un écrivain talentueux, pourtant tout jeune! Bref je vous le recommande chaudement.
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critique par Éléonore W.




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Récit d'une erreur judiciaire
Note :

   Premier roman : l’auteur est né en 1982. Ce n’est pas vraiment un roman ; c’est surtout un témoignage.
   
   Damien North professeur de philosophie dans une université, accusé un jour de pédopornographie. On a trouvé dans le disque dur de son ordinateur des milliers de photos de ce genre, vraiment perverses.
   
   Damien a 45 ans, et ne fréquente plus de femme depuis qu’il a perdu sa compagne douze ans auparavant. Elle était d’ailleurs beaucoup plus âgée que lui. Il se consacre à son travail, à ses recherches, et ne s’intéresse plus guère à la sexualité. Timide, aimant la solitude attaché à son existence bien rangée avec ses rituels. Il croit qu’un virus a ramené ces photos dans l’ordinateur. Mais on n’en trouve pas. Il est arrêté, et doit plaider coupable car selon son avocat, c’est le meilleur moyen de s’en tirer à bon compte. Aussitôt la chose sue, Damien est suspecté par son frère, accusé par une étudiante à qui il n’a rien fait, mais qui lui en veut d’une mauvaise note...
   
   Le récit de l’erreur judiciaire montre des psychiatres d’une grande bêtise, un commissaire cruel et stupide, une justice aveugle, un avocat bien intentionné mais qui donne de mauvais conseils, et la société autour s’éloignant du prévenu, l’espionnant, croyant l’avoir vu mal se conduire. La charge est impitoyable, le témoignage accablant!
   Par exemple, lorsque Damien se porte volontaire pour passer des tests de psychiatrie, destinés à évaluer son degré de dangerosité. Bien qu’il réussisse à réagir selon les normes d’un homme hétéro, on le juge encore plus suspect, on l’accuse de simuler la normalité, parce que son potentiel culturel est élevé.
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critique par Jehanne




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Ambigu...
Note :

   "Une menace pesait sur son identité. Quelque chose de visqueux prenait possession de lui. Ce suintement infiltrait ses veines, épaississait son sang, engluait jusqu'aux battements de son cœur."
   

   Des images pédopornographiques ayant été trouvées sur son ordinateur Un homme effacé, professeur de philosophie dans un université cossue est embarqué par la police. Tout (paroles, comportement photographie banale) va alors être réinterprété à charge et bien que se sachant innocent, Damien North en viendra à plaider coupable sur les conseils de son avocat.
   
   Cette première partie est déjà passablement effrayante (elle m'a fait penser aux premières images du film évoquant l'affaire d'Outreaux, "Présumé coupable") mais l'affaire se corse encore quand le roman envisage ce qui se déroule ensuite...
   
   Mensonge, vérité, tout est ambigu dans ce roman à la mécanique implacable où le héros en vient à douter de lui-même mais qui pêche un peu par son style trop neutre. Un bon début néanmoins!
   
   Prix Goncourt du premier roman.
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critique par Cathulu




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L'ombre d'un doute
Note :

   Dans son premier roman, Alexandre Postel, met en scène un personnage ordinaire et solitaire qui se voit accusé et condamné d'avoir téléchargé sur son ordinateur des images pedopornographiques.
   Universitaire compétent, veuf depuis de nombreuses années, il vit dans une grande solitude presque dans un total effacement. Le titre est vraiment très juste.
   
   Sur les conseils de son avocat, il plaide coupable espérant son innocence rapidement reconnue.
   Incapable de se faire entendre, isolé de tous, la machine judiciaire se met en marche le broyant, et anéantissant ses espérances. Il est condamné à une peine de prison, jusqu'à ce que la vérité éclate enfin.
   
   Sorti de prison, il devra affronter le regard de ceux qui l'avaient condamné, famille et collègues, et le retour au quotidien devient très compliqué.
   
   Le début du roman nous décrit dans une très belle écriture, un homme simple et complexe à la fois. Par sa certitude d'innocence, au point de ne pas se défendre, de ne pas hurler qu'il n'a rien fait de mal, le lecteur arrive à douter de lui. La suspicion s'installe même parfois dans le récit, créant une gêne et un certain malaise.
   
   La deuxième partie, celle du procès notamment, devient plus banale. L'auteur s'entête à décrire les erreurs de la justice, la victime livrée en pâture aux ragots, à la presse. Le style est moins travaillé et rend la complexité du personnage moins puissante, en utilisant des clichés.
   C'est juste dommage parce que le début est plutôt prometteur.

critique par Marie de La page déchirée




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