Lecture / Ecriture
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Confessions d’un jeune romancier de Umberto Eco

Umberto Eco
  Baudolino
  Dire presque la même chose – Expériences de traduction
  Le Nom de la rose
  Comment voyager avec un saumon
  Le cimetière de Prague
  Vertige de la liste
  La Mystérieuse flamme de la reine Loana
  Confessions d’un jeune romancier
  Histoire de la Laideur
  Numéro zéro
  N’espérez pas vous débarrasser des livres
  Construire l’ennemi et autres écrits occasionnels

Umberto Eco est un érudit et homme de lettres italien né en 1932.

Confessions d’un jeune romancier - Umberto Eco

Le marketing aura notre peau
Note :

   Présenté en quatrième de couverture comme un guide pour romanciers débutants : "Comment un jeune écrivain doit-il s’y prendre pour s’atteler à son premier roman? Par quel chemin de ruse passer pour séduire son lecteur? "etc.
   J’espère, sans trop y croire, que personne ne l’achètera dans ce but car si cet ouvrage mérite d’être lu, il se trouve cependant qu’il ne répond pas à ces questions. Mais, si l’on ne se laisse pas rebuter dès la première page par le titre et l’humour convenu de la revendication d’être un vieux-jeune romancier (on croirait entendre l’ineffable d’Ormesson), on finira bien quand même par trouver quelque intérêt aux conférences et textes réunis ici sous ce titre.
   
   En voici les titres :
   "Ecrire de gauche à droite" (ne dites rien, je sais)
   "Auteurs, textes et interprètes"
   "Quelques remarques sur les personnages de fiction"
   "Mes listes"
   
   On est tout de suite écrasé par la culture d’Umberto Eco, ses innombrables références, et on ne cesse de se répéter combien on aurait dû faire 5, ou 10, ou plutôt 15 années d’étude en plus. Du moins, c’est l’effet que cela m’a fait. J’étais bluffée. J’aurais voulu être de ce monde-là et je voyais bien que j’en étais loin. Il ne me restait qu’à me régaler des miettes qui passaient à ma portée. Je parle de cet "effet Eco" car je suis persuadée d'être loin d'être la seule à le ressentir. Umberto Eco avoue écrire à plusieurs niveaux, pour lecteur lambda et pour "lecteur cultivé" mais il met la barre bien haut et ce n’est plus "cultivé" qu’il faudrait dire mais "érudit".
   
   Et j’ai donc passé un bon moment passionnant à me régaler. En particulier quand l’auteur parle de ses propres romans et en donne certaines clés qui permettent de mieux les comprendre. Si bien qu’assez rapidement, on se retrouve avec une énorme envie de se jeter sur ceux qu’on n’a pas encore lus et, pire encore, de relire ceux que l’on connait déjà. C’est bien ma veine! Moi qui ai déjà des piles de livres qui m’attendent en menaçant de s’écrouler sous l’action de leur hauteur… (à défaut de leurs auteurs).
   
   Les deux premières conférences sont parfaites. La troisième m’a moins intéressée. Au début, cela allait bien, mais elle s’est révélée vraiment longue (60 pages) et ne me semblait pas me révéler des choses étonnantes. Au point que j’ai fini par me demander si je ne l’avais pas déjà lue… Possible. Bref, moins convaincue cette fois-ci.
   
   La quatrième voit Umberto Eco enfourcher son cheval de bataille : les listes et sa passion pour elles et il reprend des idées traitées dans son "Vertige de la liste". Là aussi c’est intéressant, mais long. Presque 100 pages, avec surtout de plus en plus de citations très longues, et au bout d’un moment je me suis mise à lire le texte en sautant les citations.
   Bref, faut aimer les listes, sinon une certaine lassitude gagne peu à peu.
   
   " Des conseils pratiques? Une liste de choses à faire (et surtout à ne pas faire) quand on débute. Ce livre est tout cela à la fois" serinait pour conclure la quatrième de couv’ en mal de jeunes acheteurs pleins d’espoir et moi je conclurai en vous garantissant que vous ne trouverez rien de tout cela dans cet ouvrage, mais bien de nombreuses considérations sur l’écriture et la littérature qui à défaut, vous enrichiront certainement bien davantage.

critique par Sibylline




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