Lecture / Ecriture
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Rendez-vous avec un spectre de Ronald Hugh Morrieson

Ronald Hugh Morrieson
  Rendez-vous avec un spectre

Ronald Hugh Morrieson est un écrivain néozélandais, né en 1922 et décédé en 1972. C'était aussi un musicien et il gagnait sa vie en donnant des cours de musique et en jouant dans des orchestres. Il vécut toute sa vie à Hawera que l'on retrouve, sous divers noms, dans ses romans.

Rendez-vous avec un spectre - Ronald Hugh Morrieson

Sale tour !
Note :

   J'ai depuis très longtemps, de cet auteur, le roman "L'épouvantail", mais je trouve toujours autre chose à lire avant.
   
   Années trente dans un village de Nouvelle Zélande, la vie de tous les jours s'écoule monotone. Comme partout il y a les riches et puissants, et les pauvres. Les Williamson sont pauvres, car ils ont été spoliés de leur fortune par une autre famille, les Bramwell, qui leur ont acheté un terrain pour une bouchée de pain, profitant de la naïveté de la grand-mère.
   
   Cedric Williamson est un garçon vivant un peu en marge des jeunes de son âge, car son père est un sujet de moquerie. Un jour, il rencontre un garçon un peu plus âgé que lui, Mervyn, dont le père alcoolique vient de se suicider. Ce garçon petit à petit va s'incruster dans la maison, grâce à une fausse gentillesse et beaucoup de pseudo politesse. Mais sa vraie nature est toute autre, et il persuade Cédric de l'aider dans quelques besognes qui sont loin de la légalité. Cedric fait aussi connaissance d'un de ses amis appelé "Le Spectre". Leurs premiers méfaits, le chantage sur les couples choisissant un parc comme lieu de copulation! Leur première victime, employé dans une station d'essence, n'est pas riche. Il faudrait viser plus riche, les Bramwell par exemple et Blair en particulier! Et là Cedric n'aurait pas de scrupules... Mais hélas les choses ne seront pas aussi simples que prévu, cela il fallait bien s'y attendre.
   
   Cedric Williamson, garçon solitaire peu aidé par la nature, ses surnoms sont plutôt péjoratifs, "Le Professeur" ou "Pise" en référence à la tour que construit son père et l'effet de surprise qu'elle provoque! Et l'éclat de rire qui suit! Il se retrouve manipulé par plus âgé et plus malin que lui. Il a parfois certains scrupules, mais son rôle, qu'il pense être, celui de cerveau du trio, et son esprit de vengeance vont l'amener plus loin qu'il aimerait. Sa famille, Martin, son père excentrique ruiné dont le seul but est la construction de cette tour, étrange et de très mauvais goût. Mamie, sa grand-mère, est, et c'est bien normal, une personne d'un autre temps, charmante et aimante.
   
   Mervyn Toebeck et "Le Spectre" sont les mauvaises rencontres et les âmes damnées de Cedric, insidieusement leur emprise sur lui s'accroit tout en lui laissant croire que c'est lui qui dirige la bande.
   
   Les riches du village, les Bramwell, le vieux père Vernon, sa seconde épouse Margot, son fils Blair, alcoolique et amant de sa belle mère, le prototype de la famille que l'on déteste et des gens sans scrupules. S'il leur arrive malheur, il n'y aura pas grand monde pour les plaindre, se dit Cedric.
   
   Un bon roman, un peu dommage que le final soit très prévisible.
   
   
   Extraits :
   
   - Pour aggraver son introspection à tendance dépressive, Cedric était un mensonge vivant.
   
   - La divine bouteille? demanda Cedric. Il est croyant?
   
   - On ne peut transformer l’automne en printemps.
   
   - À eux deux, ils parviendraient peut-être à se faire respecter de ces bellâtres arrogants et de leurs petits flirts à cervelles de piafs.
   
   - La majeure partie d'une bouteille de vin lui avait donné de l'existence une approche totalement inédite.
   
   - Vraiment, il n'y a qu'un seul dieu, et ce dieu, c'est l'argent!
   
   - Il préférait ressentir plutôt que de réfléchir, tout simplement.
   
   - Le père du môme, lui, il ne compte pas. Il est aussi fêlé qu'un pot de chambre d'occasion. Il ne pense à rien d'autre qu'à sa vieille tour toute tordue.
   
   - Il pourrait suivre la filière le destinant à l'enseignement, et puis soudain écrire un roman qui stupéfierait le monde entier.
   
   - Et en plus de tous les autres avantages qu'il entrevoyait, Cedric deviendrait riche. Tout le monde savait que les écrivains roulaient sur l'or.
   
   - S'ils choisissent la discrétion, et qu'ils sont tellement pressés de prendre la tangente, c'est qu'il y a de l'adultère dans l'air. L'adultère, notre fonds de commerce. La nuit a des yeux, camarades.
   
   

   Titre original : Predicament (1974)

critique par Eireann Yvon




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