Lecture / Ecriture
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Le lieu perdu de Norma Huidobro

Norma Huidobro
  Le lieu perdu

Norma Huidobro est née à Lanus dans la province de Buenos Aires en 1949. Ancienne professeure de Lettres, elle a travaillé dans l’édition et a animé des ateliers d’écriture. Elle a écrit de nombreux romans pour la jeunesse en Argentine et a obtenu le prix de littérature El Barco de Vapor en 2004. Son premier roman de littérature générale, "Le lieu perdu", est paru en janvier 2009.
(Source éditeur)

Le lieu perdu - Norma Huidobro

Bien mené, mais ça ne suffit pas
Note :

   L’occasion n’est pas si fréquente que cela de découvrir la littérature argentine. Voici que le premier roman d’une jeune femme "Le lieu perdu" permet de combler une relative lacune.
   
   Ce livre, publié en 2007, connut un succès d’estime et fut bien accueilli par certains des grands noms de la littérature contemporaine sud-américaine. Pourtant, nous sommes, pour notre part, restés un peu sur notre faim. En effet, malgré un thème original dont nous allons donner la trame ci-après, il nous a semblé qu’il manquait un souffle dans l’écriture qui aurait pu transformer ce premier essai que l’on remarque cependant, en une transformation hallucinatoire.
   
   "Le lieu perdu" c’est un village perdu au Nord de l’Argentine, que personne ne fréquente et où vivent, abrutis et écrasés de chaleur, de pauvres hères. Sous un soleil de plomb et sans un souffle d’air, en plein désert et entouré de montagnes pelées, une population s’efforce de subsister à coup de petits boulots. C’est là qu’un lieutenant de police de la capitale est envoyé, à son corps défendant, pour mener une enquête sur une étrange disparition.
   
   Une jeune femme originaire de ce village et émigrée à Buenos Aires où elle a trouvé un travail d’assistante a en effet brutalement disparu sans laisser de traces. C’est, semble-t-il, pour comprendre l’origine et la nature de la disparition qu’un inquiétant lieutenant, sombre et solitaire, est envoyé sur place.
   
   Très vite, l’officier de police va identifier l’amie d’enfance avec laquelle la disparue n’a cessé de correspondre. C’est une jeune femme altière qui tient l’un des deux bar-restaurants du village. Visiblement, elle en sait beaucoup plus que le peu qu’elle accepte de révéler à l’officier auquel elle refuse obstinément de transmettre sa correspondance privée.
   
   A partir de là, dans l’espace de la semaine qui la sépare de son anniversaire qui lui vaudra, dit-elle, d’inévitablement recevoir une lettre de son amie ce qui prouvera qu’elle n’est pas morte et devrait la débarrasser de l’encombrant policier, se met en place un jeu de chat et de souris entre les deux protagonistes. Plus les jours passent, plus la tension monte, plus le harcèlement du policier se fait pressant en particulier auprès de l’entourage de la tenancière du bar.
   
   Pour éviter l’ennui que l’inactivité engendre, l’officier erre dans les rues du village et ne cesse de frotter ses seules superbes chaussures sur les jambes de son pantalon pour en ôter la poussière. Un toc compulsif dont la fréquence augmente au fur et à mesure que ses souvenirs personnels refoulés remontent. Un toc pour chasser la saleté de la vraie vie de cet homme que nous allons découvrir.
   
   L’auteur saura conduire brillamment une intrigue à la conclusion cependant relativement prédictible car il est impossible de maintenir l’intensité dramatique du récit sans révéler des informations de plus en plus capitales qui nous font découvrir qui l’officier est réellement et quelle est sa véritable mission. Une intensité croissante est joliment orchestrée qui va conduire les protagonistes à une conclusion nécessairement dramatique et silencieuse dont personne ne saura jamais rien dans ce lieu perdu et oublié de tous.
   
   Il en résulte une intéressante curiosité que nous ne classerons pas pour autant au rang des indispensables.

critique par Cetalir




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