Lecture / Ecriture
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La maison déserte de Jacques Tournier

Jacques Tournier
  Zelda
  La maison déserte

Jacques Tournier est un écrivain français né en 1922. Il a aussi travaillé sous le nom de plume de de Dominique Saint-Alban. Il a traduit F. Scott Fitzgerald en français.

La maison déserte - Jacques Tournier

Sensibilité exacerbée
Note :

   Roman au singulier. Au "singulière" pourrait-on dire.
   
   Marie rompt les amarres avec Paris, son appartement, demande à son frère de tout liquider et part louer un appartement en Hollande ; Amsterdam, Rotterdam, on ne sait trop... Amsterdam plus sûrement.
   
   Et pourquoi précisément dans ce pays, dans cette ville? C’est toute l’histoire de ce roman. C’est dans cette ville que Marie et Steve, son amant américain, s’étaient donné rendez-vous l’année suivante.
   
   C’est que Steve, historien de l’Art, américain, s’organise tous les ans un voyage auprès d’un grand Musée européen, dans le cadre de ses préoccupations professionnelles, et qu’ils se retrouvaient tous les deux, Steve et Marie, à cette occasion. Las, Steve s’est tué, sur la route, et Marie n’encaisse pas le choc. Pire, elle semble le nier en son for intérieur, le refouler, d’où son départ, laissant tout derrière elle, pour la Hollande puisque c’est là, et nulle part ailleurs, qu’ils devaient se retrouver dans le cycle des voyages européens de Steve.
   
   Tout ceci on le découvre progressivement, au cœur de la confusion de Marie, déchirée, larguée, et dont on se demande bien ce qu’elle est venue faire, à priori, dans ce pays, dans cette ville totalement étrangère. De prostrations en petits actes de vie, elle va petitement s’ouvrir à certains aménagements. Mais tout n’a qu’un but, tout n’est centré que sur un dessein : préparer la rencontre avec Steve. Steve qui lui avait donné rendez-vous dans cette ville...
   
   C’est joliment amené et la sensibilité perturbée de Marie est bien rendue par Jacques Tournier, à coup de petits chapitres incisifs. On finit au fil des lignes par faire des rattaches avec tous les brins d’information éparpillés, mais on baigne évidemment, tout au fil de l’ouvrage, dans une amertume feutrée.
   
   De par son approche et la localisation, ce roman et cette histoire m’ont évoqué le Eric-Emmanuel Schmitt de "La rêveuse d’Ostende". On peut penser aussi à l’atmosphère de certains romans de Christian Gailly. Et pour avoir voyagé tout récemment vers Anvers, ça a remué encore davantage d’impressions...

critique par Tistou




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