Lecture / Ecriture
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Œil de chèvre de Leonardo Sciascia

Leonardo Sciascia
  Le Conseil d’Egypte
  A chacun son dû
  Une histoire simple
  La disparition de Majorana
  Œil de chèvre

Leonardo Sciascia est un écrivain, essayiste, journaliste et homme politique italien né en 1921 et décédé en 1989.

Œil de chèvre - Leonardo Sciascia

Lexique sicilien
Note :

   Quatrième de couverture:
   
   "Un écrivain et sa mémoire. Lieux, rêves, mots, souvenirs, tout un fourmillement savoureux et coloré qui compose ce que l'on nomme un "univers intérieur". Avec mil de chèvre, Leonardo Sciascia offre en pâture son alphabet intime, cortège et fête du passé. Anecdotes, historiettes, légendes, mais aussi scènes prises sur le vif, et encore présentation d'objets ou rappel d'une tradition. Il y a des chevaux, des ânes, des chiens, des chèvres et des escargots ; des ouvriers, des artisans, des brigands, des saints et des hérétiques. Il y a des parfums et des paysages, des joies et des tristesses, des passions et des peurs. Il y a en fait la vie tout court, quand elle devient légendaire."

   
   
   J'imagine qu'un sicilien lisant cette compilation d'expressions se délectera d'un tel travail. Pour celui qui n'est pas de Racalmuto, le village bien localisé d'où sont issues ces tournures de phrase, il me semble que nous ne goûtons qu'à peu du sel de cette lecture. Nous n'avons ni le plaisir de retrouver des tournures oubliées, ni celui de déceler derrière les mots toute l'ironie des situations décrites.
   Dans l'ordre alphabétique (du sicilien) sont donc rangées des mots, des phrases, des vers et même deux devinettes en fin de roman.
   "CULURI DI CANI CA CURRI – Couleur du chien qui court
   Pour parler d'une couleur indéfinissable, étrange et cependant qui n'est pas de bon ton, qui n'est pas élégante. On le dit presque toujours à propos de couleurs inhabituelles ou de mélanges confus de couleurs dans les vêtements, et aujourd'hui pour certaines teintures de chevelures féminines : quand l'intention de brunir ou de blondir les femmes est trahie par le résultat." P 60

   Certaines explications sont courtes, d'autres plus poussées. Certaines intéressantes, d'autres moins. On sent la culture orale du pays. Une manière de dire les choses sans les énoncer frontalement, pour ne pas vexer ou pour se moquer. Il y a notamment quantité d'anecdotes sur les affaires de tromperie, préoccupation apparemment bien présente pour ce pays un brin macho.
   "Je te remercie, dit Quasimodo à sa mère, de l'ironie que tu as mise sur mes lèvres, elle est douce comme la tienne." Je peux quant à moi en remercier un bourg entier : il m'a appris son ironie, tout autre que douce." P 124

   
   Sciascia explique que ce petit livre est important pour lui et on peut comprendre tout ce qu'il y a d'affectif (et de noble) à compiler ces tournures orales locales afin qu'elles restent pour la postérité. Il m'a semblé que ce plaisir tout personnel n'est malheureusement pas toujours accessible à tous...
   "'MMUCCA A UN CANI – Dans la bouche d'un chien. "Lu vitti 'mmucca a un cani", je l'ai vu dans la bouche d'un chien, est une réponse plaisante qu'on fait à celui qui cherche quelqu'un et demande après lui." P 97

   
   Au final un livre intéressant mais peu passionnant. A savourer peut-être par petits morceaux.
   Une petite devinette de la fin du livre.
   "Qui le fait le vend / qui l'achète ne l'utilise pas / qui l'utilise ne le voit pas" P 150

   Alors?

critique par OB1




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