Lecture / Ecriture
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Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Pierre Lemaitre
  Robe de marié
  Cadres noirs
  Alex
  Au revoir là-haut
  Travail soigné
  Trois jours et une vie

Pierre Lemaitre est un écrivain français né en 1951 à Paris.

Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre

Peut-on vivre sans visage?
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   Prix Goncourt 2013
   
   
   Ce roman vous donnera la réponse à cette question, mais pas avant de vous avoir tenu longtemps en haleine grâce aux mille rebondissements de cette aventure captivante survenue à deux poilus de la grande guerre. Encore intacts à quelques jours de l’armistice, ils seront blessés plus ou moins gravement lors d’une dernière escarmouche lancée par un lieutenant aussi dénué de scrupules qu’avide de promotion militaire. Ils ne se connaissaient pas, mais parce qu’Edouard, aristocrate, artiste, original, est devenu une "gueule cassée" en portant secours à Albert, obscur petit employé médiocre et scrupuleux, ils deviendront inséparables et c’est ensemble qu’ils organiseront le reste de leur vie… et pas de façon banale.
   
   La guerre est finie et les Français sont vainqueurs. Vainqueurs? Après des centaines de milliers de morts, toute une génération d’hommes jeunes bousillés plus ou moins complètement. Dès l’armistice, on ne sait quoi en faire. On ne sait même pas comment les démobiliser et rien que cela prend des mois. Quant à leur rendre leur place… ils étaient bien reçus"c’était tout le temps comme ça, les démobilisés la ramenaient sans arrêt avec leur guerre, toujours à donner des leçons à tout le monde, on commençait à en avoir marre des héros!"
   
   Et les morts? c’est presque pire. Les familles réclament des sépultures mais aux flots roulant des combats meurtriers, croyez-vous qu’on a eu le temps de leur faire des funérailles? Et maintenant, croyez-vous qu’on en ait les moyens? On économise là-dessus aussi. Et autant certains se sont enrichis avec les fournitures aux armées, pensez-vous qu’il n’y en aura pas pour s’enrichir là-dessus aussi? Et pour les familles qui ne parviennent pas à récupérer un corps, ou qui trouvent que cela ne suffit pas à exprimer leur perte, que reste-t-il? Les monuments aux morts. Et puis, rien de mieux pour se donner bonne conscience."Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des survivants."
   
   "Ah! On avait été incapable de payer correctement le pécule des soldats démobilisés, de leur trouver des emplois, mais maintenant, on se vautrait dans la morale" Et la morale ici, c’est l’éloge posthume et la commémoration.
   
   N’oublions pas que les précédents romans de Pierre Lemaitre étaient des romans policiers. Il maîtrise. Alors il va nous mettre sur pied ici (très bien ficelés) non pas un mais plusieurs meurtres, pas une mais deux escroqueries gigantesques et truffer le tout de rebondissements tout à fait inattendus (j’ai passé mon temps à prévoir la suite ou la fin et à être surprise par le tour pris par les évènements) portés par des coïncidences majeures certes, mais jamais invraisemblables et ayant même au contraire une logique interne certaine, et par des personnages bien plantés, à la psychologie profonde et juste… que ce soit dans les premiers (l’extraordinaire Edouard aux vertes plumes ou le naïf Albert) ou les seconds rôles (après Joseph Merlin, la prochaine fois que vous rencontrerez un nullard, un pauvre type désagréable et sale en plus, vous ne le considérerez plus de la même façon). Et puis il y a sous tout cela une belle écriture, sûre, percutante et juste, élégante, même. " Son existence s’était enroulée sur elle-même comme une feuille sèche autour d’un noyau vide."
   
   "On aurait dit qu'il avait beaucoup pensé à la question mais jamais à la réponse."
   
   "C'est souvent ainsi, songea Pauline, Albert suit son idée, mais son idée, elle, ne le suit pas..."
   

   On découvre un nouveau Pierre Lemaitre. Ce roman est une totale réussite. On est captivé, on se régale, et on ne se sent jamais idiot de tirer un tel plaisir de cette histoire plutôt intelligente.
    ↓

critique par Sibylline




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Gueule cassée
Note :

   "Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre justement"
   
   Novembre 1914. Alors qu'on parle de la fin de la guerre jusque dans les tranchées, la signature de l'armistice étant imminente, le lieutenant Pradelle décide d'envoyer ses soldats faire une dernière offensive, espérant en récolter les fruits après la guerre. Il demande à ses hommes de s'attaquer à la cote 113, ne pensant qu'à ses futurs galons. Mais lors de cette charge ultime, tout ne se passe pas comme prévu...
   
   Une fois la guerre terminée, c'est le retour des militaires dans leur famille. Certains rentrent très amochés. C'est le cas d'Edouard Pericourt qui est ce qu'on appelle une gueule cassée. Pris en charge par un soldat à qui il a sauvé la vie avant de voir la sienne transfigurée par un obus, il peine à retrouver une vie normale. Alors va germer dans la tête de ces deux hommes blessés par ce terrible conflit une idée farfelue, qui va les entrainer bien plus loin qu'ils ne l'auraient imaginé...
   
   Pas facile de résumer ce roman sans en dire trop et surtout sans révéler des choses essentielles que je préfère taire pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture. J'ai découvert ce livre car il est encensé par la critique. Pourtant, même si j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, il est en deçà de ce que j'en attendais, eu égard au concert de louanges dont il bénéficie. Ecrit par un auteur de polars reconnu, il m'a fait penser à "La chambre des officiers" qui traite du même thème, à savoir les gueules cassées.
   
    L'écriture n'est pas transcendante mais on se laisse prendre par l'intrigue palpitante et de très beaux portraits de personnages. Certaines descriptions de la guerre au début du livre sont également impressionnantes. Ce livre rend hommage aux soldats de la première guerre mondiale et il est vrai qu'on ressort de cette lecture transformé, et qu'il invite à s'interroger sur les conflits et notamment les ravages de la première guerre mondiale.
    ↓

critique par Éléonore W.




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Incontournable !
Note :

    D'accord, ce roman réunit les louanges de blogs et est en lice pour de nombreux prix littéraires, ma bibliothèque à cette occasion a enfin découvert l'auteur (et acheté tous ses titres ou presque), mais bon, comme on dit, faut voir ça soi-même.
   
    Eh bien, j'ai vu, et je suis bluffée! On est là dans l'excellent, l'incontournable et le passionnant. L'auteur aime Dumas, donc si je parle de "populaire" il n'en sera pas vexé j'espère. Enfin un roman intelligent et pas ennuyeux!
   
   Pour sûr, les tranchées en 1918, le patriotisme exacerbé les années suivantes, les démobilisés sans trop le sou, ça n'attire pas a priori. Mais les caméras tournent à hauteur de personnages, et quels personnages! Une crapule finement réussie, Henri D'Aulnay-Pradelle. Edouard Péricourt, né une cuillère d'argent dans la bouche, doué, fantasque et malheureux. Albert Maillard le petit employé besogneux, pas trop trop malin et terriblement sympathique dans ses hésitations (ahhh sa mère!). Début novembre 1918 tout va se nouer pour eux...
   
    Si vous aimez les cimetières et la boue, vous allez être gâtés. Si vous aimez les arnaques un peu boiteuses, ce roman est aussi là. Si vous pensez que plus le méchant est réussi, meilleur est le livre, alors foncez!
   
    Cerise sur le gâteau, et quand même étonnant au départ, on se surprend à rire même dans des situations extrêmement dramatiques, car c'est terriblement caustique; ajoutons que c'est servi par une écriture nerveuse, efficace, et des formules qui font mouche.
   
    Volontairement je ne donne guère de détails, après tout, lisez ce roman!
    ↓

critique par Keisha




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La cote 113
Note :

   Tout commence et tout finit par l’attaque de la cote 113.
   
   1918, les rumeurs d’un armistice court dans les tranchées. Comment y croire, le poilu Albert Maillard se refuse à espérer. Quant au lieutenant d’Aulnay-Pradelle, son supérieur, il n’y voit qu’une occasion ratée de gagner des galons. Alors dans un dernier sursaut patriotique, devant l’apathie de ses hommes fatigués, il envoie deux soldats en reconnaissance voir ce que manigancent les Allemands. Trois balles et deux morts inutiles suffisent à déclencher une ruée vengeresse. Albert se rue hors de l’abri, court sous le déluge meurtrier, tombe sur les cadavres des deux éclaireurs et, stupéfait, se rend compte qu’ils ont été tués dans le dos non par l’ennemi mais abattus par son propre camp. Un obus le projette alors au fond du cratère qu’il a provoqué. Trop profond, il ne réussit pas à s’en extraire. Quand la haute silhouette du lieutenant apparaît et ne fait rien pour le sortir de là, Albert comprend que c’est lui qui a tué les deux soldats et qu’il l’a vu penché sur leurs cadavres, témoin de son ignominie. Un deuxième obus se charge d’ensevelir Albert.
   
   Dans une veine romanesque et rocambolesque, Pierre Lemaître nous dresse un portrait peu flatteur de cette France d’après-guerre, terre de chasse des magouilleurs et des profiteurs. Lâcheté, veulerie, patriotisme de pacotille, intérêts personnels et politiques, morts bafoués, survivants oubliés, la liste est longue. A travers le destin de ses personnages, l’auteur axe son propos sur l’érection des monuments aux morts et la création des cimetières commémoratifs, commandes lucratives pour des gens sans scrupule, motivés par le seul profit.
   
   Un roman passionnant, une écriture enlevée, un récit rythmé, un art de la composition.
    ↓

critique par Michelle




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Farce macabre
Note :

   Lauréat du très prestigieux et très convoité Prix Goncourt 2013, Pierre Lemaître a été honoré pour son roman "Au revoir là-haut". Epoustouflante fresque romanesque sur le destin de deux poilus, improbables amis et pourtant frères à tout jamais. Liés par la guerre, les blessures et la solitude, ils resteront liés à jamais.
   
   Si cet ouvrage ne fait pas partie du genre littéraire qui a fait la renommée de l'auteur, c'est à dire le polar, il est en tout cas une incroyable aventure humaine.
   
   L' écriture haletante à la gouaille insolente, frôle intelligemment l'humour et le macabre, l'Histoire et les règlements de compte tout a fait personnels.
   
   Une écriture vive, intense qui tient le lecteur par ses rebondissements et ne le lâche plus jusqu'à une fin, non convenue, qui donne à ce roman une dimension de réquisitoire.
   
   Sur fond d'arnaque aux monuments aux morts (fictive) et sur fond de scandale financier dans les exhumations des corps (réel) le roman débute deux jours avant l'armistice de 18, autant dire la fin de la guerre et se termine en 1920, à la première commémoration de cette guerre.
   
   Trois personnages occupent la scène de cette immense boucherie, pendant une des dernières offensives sanglantes contre les allemands : le lieutenant Pradelle, vaniteux et dangereux opportuniste, et deux poilus Albert et Edouard dont les origines sociales diffèrent mais dont les destins sont soudés pour toujours.
   
   Témoin malheureux d'une monstruosité que seule la guerre et la vanité peuvent révéler chez un homme tel que le lieutenant Pradelle, Albert aurait dû mourir pour cela. Edouard, dans un acte de bravoure le sauve et devient par son héroïsme, gravement blessé au visage. Il devient une des ces nombreuses Gueules Cassées qui hanteront les années après guerre.
   
   Rien n'est épargné au lecteur de la souffrance physique et morale de ces deux amis, de l'odeur pestilentielle des hôpitaux surpeuplés, des combats d'une intense violence, de cette sauvage boucherie. On sent, on voit, on touche presque cette peur avant les assauts. On éprouve pour ces jeunes soldats une grande empathie.
   
   Incapable de les prendre financièrement en charge, l'Etat manque totalement de reconnaissance.
   Pourtant dans ces moments de guerre, certaines s'enrichissent, truandent, escroquent. Le lieutenant Pradelle en fait partie.
   
   Le lecteur suit la vie de ces trois protagonistes, qui se croisent, s'épient, se terrorisent aussi.
   
   La guerre est vue comme une farce macabre et les hommes politiques sont pathétiques.
   
   Il y a beaucoup dans ce livre sur les relations difficiles entre un père et un fils artiste et original, entre une mère et un fils timide et réservé, sur la vengeance et l'ambition à tout prix.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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L’art du conteur ...
Note :

   "Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice." Et il a bien raison cet Albert, comptable dans une banque avant la mobilisation, de réserver son opinion quant à l’idée que le cauchemar est sur le point de s’achever. Car ce qui l’attend est bien pire encore…
   
   Un des mérites (car il en a plusieurs) du roman de Pierre Lemaitre repose sur sa construction et sa démonstration: la guerre ne s’arrête pas à la signature de l’armistice. En soit, ça paraît un truisme, tout le monde le sait… Peut-être, mais la mémoire des hommes est ainsi faite qu’on oublie vite ce qui nous dérange. Le premier conflit mondial est marqué dans la mémoire collective par ces quatre longues années de face à face dans les tranchées, des assauts à la baïonnette, des pilonnages à rendre fou, des conditions de vie effroyables. Quelques pages suffisent à Pierre Lemaitre pour plonger le lecteur dans l’atmosphère de désillusion que partageaient les soldats au fond de leurs abris précaires, en attendant qu’un État Major fantôme veuille bien conclure définitivement le carnage. Albert Maillard est un de ces soldats de base, sans autre ambition dorénavant que de rester en vie jusqu’au retour dans ses pénates, auprès de sa Cécile, qu’il n’a pas vue depuis si longtemps. Albert incarne, on le voit par ces quelques pages, l’ensemble des hommes ordinaires, héros malgré eux, sacrifiés à leur corps et esprit défendant, et qui imaginent encore dans un tout petit coin de leurs rêves, que la patrie pourra bien les aider un peu en retour…
   
   Mais avant la reconnaissance de la patrie, il y a les gradés, ceux qui conçoivent le terrain comme le moyen de se distinguer à tout prix, et plus la fin des hostilités approche, plus il devient urgent de marquer son territoire, de s’imposer comme un vainqueur. Dans cette optique et contre toute raison, le lieutenant d’Aulnay-Pradelle déclenche une nouvelle offensive, jetant ses hommes à l’attaque de la cote 113. Pas sympathique, ce d’Aulnay Pradelle, dernier rejeton d’une lignée d’aristocrates désargentés, qui entend bien que la tuerie générale lui rapporte gloire et subsides, en lieux et place d’un héritage dilapidé. Le lecteur sidéré découvre en même temps qu’Albert jusqu’où se repoussent les limites de l’abject. C’est alors qu’entre en scène le troisième personnage de cette odyssée de l’après. Si Albert Maillard est un type voué à une vie relativement terne, entre une mère abusive, et un emploi de bureau lénifiant, le jeune Péricourt, lui, apparaît comme un homme doté de tous les atouts, beau comme un dieu, dessinateur prodigieux quand il croque ses compagnons d’infortune. Issu de la grande bourgeoisie, il s’est plié avec une élégance physique et morale aux dures réalités des tranchées. Pied de nez à la logique sociale, une dette de vie lie irrémédiablement les deux hommes.
   
   Au-delà de l’intérêt philosophico-documentaire que constitue le sujet de la Grande Guerre, un siècle tout juste après son commencement, "Au revoir là-haut" est avant tout un roman narré pour le plaisir de raconter. L’art du conteur est jouissif, c’est la narration qui emballe le lecteur par la vivacité des scènes, le ton de complicité que l’auteur établit avec ses lecteurs. À force de parenthèses, d’apartés sur le ton de la conversation, Pierre Lemaitre mène son intrigue avec une certaine distance qui permet d’éviter le pathos: Gueules cassées et invalides, les revenants n’étaient certes pas beaux à voir, les vainqueurs abîmés ne font pas jolis dans les parades militaires, ce n’est pas bon pour le moral de la Nation. La Nation justement, qui se reconstruira mieux en enterrant ses morts, en se réappropriant les héros, les vrais, ceux qui ne sont plus là et ne font pas tache. La bienveillance de l’auteur envers ses personnages se teinte de cynisme, et le portrait de la grande bourgeoisie qu’il dresse avec le personnage de Péricourt père, contraint de tolérer l’arrivisme de son gendre, cette haine de classe viscérale et instinctive que mène le patriarche, tout comme à l’autre bout de la chaîne la simplicité naïve d’Albert Maillard.
   
    À faire vivre et se débattre ces caractères, P Lemaitre a réussi à restituer une atmosphère bouillonnante et un suspens qui interdit d’en dévoiler davantage. Certains passages emprunts de fausse naïveté sont truculents, la peinture de la société prend le charme des romans du XIXe, sous la plume d’un Ponson du Terrail par exemple. Seul regret alors, le parti pris de privilégier le fil narratif au détriment d’une vraie psychologie des personnages. Le sujet le méritait et l’évolution naturelle de la littérature nous a habitués à être plus sensibles à ces critères de vraisemblance. Néanmoins, "Au revoir là-haut" se dévore avec un vrai plaisir, et ouvre une voie de réflexion inédite qui perdure bien après la lecture.
    ↓

critique par Gouttesdo




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Somptueux !
Note :

    Un livre somptueux qui offre à l'Histoire une belle histoire... à moins que ce ne soit le contraire. La remarquable écriture de Pierre Lemaitre alliée à un scénario absolument original fait de ce livre un énorme roman, le prix Goncourt est largement à la hauteur (une fois de plus...après Gaudé, Rufin, Ferrari ou Houellebecq) d'autant plus qu'il se situe dans une période historique qui me plait particulièrement.
   
    Nous sommes à quelques jours de la fin de cette horrible guerre, la Grande Guerre, et le livre commence par une scène de combat autour de la colline 113 qu'il faut reprendre aux Allemands... A l'issue de ce dernier assaut qu'un lieutenant aux dents longues nommé d'Aulnay Pradelle ordonne, va se nouer l’amitié indéfectible entre deux hommes, deux Poilus, Albert Maillard et Edmond Péricourt. Deux hommes pourtant aux profils si différents mais que les stigmates d'après-guerre vont unir pour se sortir de cette guerre.
   
    Revenus meurtris du front, dans une France qui ne les attend pas, les deux compères vont alors monter une gigantesque arnaque pour se donner encore le goût de vivre et pour se venger de ce qu'ils ont subi.
   
   En parallèle de cette intrigue, dans cet après 14-18, une deuxième trame est tissée autour du lieutenant devenu capitaine, Henrid'Aulnay Pradelle.
   
    Difficile de dévoiler plus de ce magnifique roman "Au revoir là-haut"... traité un peu comme un polar, le livre offre de multiples rebondissements, des scènes d'une émotion terrible, une galerie de personnages dont la psychologie est largement décrite, le tout dans un contexte historique superbement restitué. Le style est brillant, parfois l'auteur se permet une drôlerie, (et ça m'a rappelé Echenoz !)
   
   Et même si la fin est un peu traitée rapidement, - celle de cette critique sera elle sans finesse...-, ce livre de Pierre Lemaitre est un... coup de maître ! (bof, bof...)
   
   PS: et alors que je terminais cette lecture, par le plus grand des hasards et pour en renforcer l'intensité, je visitais le cimetière de Saint-Laurent Blangy (prés d'Arras). D'un côté les anglophones et de l'autre, plus de 30 000 soldats allemands. Absolument édifiant et tragique... un lieu de mémoire assurément.

critique par Laugo2




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