Lecture / Ecriture
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Nouvelles de Jérôme David Salinger

Jérôme David Salinger
  Nouvelles
  L'attrape-cœurs
  Franny and Zooey
  Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers, Seymour une introduction

Jerome David Salinger est un écrivain américain, né le 1er janvier 1919 à New York. Il commence à se faire connaître en 1948 avec des nouvelles parues dans le New Yorker, mais il est surtout célèbre pour son roman "L'Attrape-cœurs".
Se sentant (non sans quelques raisons, trahi par ceux qui l'entouraient, Salinger s'est replié sur lui-même et fuit les contacts. Il n'a pas fait une seule apparition publique depuis quarante ans.
Il n'a plus publié depuis 1965 et n'a pas été interviewé depuis 1980, mais le bruit court qu'il a écrit plusieurs ouvrages inédits qu'il garde dans ses tiroirs.
Il s'est éteint le 27 janvier 2010 dans sa maison de Cornish, dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis), où il vivait retiré du monde depuis plusieurs dizaines d'années.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Nouvelles - Jérôme David Salinger

Des textes uniques
Note :

    " Dis-moi, s'il te plaît, comment fait-on pour écrire des histoires vraiment émouvantes et fragiles?" Demandait Leonardo Pädura à J.D. Salinger, par l'intermédiare de son personnage. (Les brumes du passé)
   
   Chacune de ces nouvelles est une histoire totalement originale, avec un contexte, un imaginaire et des pistes de réflexion multiples et très riches. Ces nouvelles sont des textes uniques, qui vous hantent pour toujours.
   
   J’ai lu cet ouvrage pour la première fois alors que j’avais 16 ans. Il s’est gravé dans ma mémoire sans même que je m’en avise. Souvent en été, au bord de la mer, plus tard, je regardais les enfants jouer et je me disais « Un jour rêvé pour le poisson banane… » Personne, bien sûr, ne comprenait de quoi je parlais.
   
   Chacune de ces nouvelles avait fixé en moi une image, une scène…la plage du Poisson-banane, la petite sœur de Teddy, le bus de l’Homme hilare, le divan de l’Oncle déglingué par exemple, qu’il me semble bien que j’ai gardée telle que, jusque dans l’autre versant de ma vie. C’est rare. Il y a peu de livres dont je puisse dire la même chose.
   
   Ce recueil, je ne l’avais pas relu depuis. L’ayant trouvé dans un vide grenier, je l’ai relu il y a peu pour découvrir émerveillée le même envoûtement, la même lumière et un nouveau niveau de compréhension. Par exemple, maintenant, je sais que j’avais raison de supposer chez Salinger un vrai intérêt pour le bouddhisme, ainsi que je l’avais pensé à la lecture de « Teddy ».
   
   Je dois ajouter que je fais partie des gens qui n’avaient pas adoré « L’attrape cœur » alors même que tout le monde criait au génie et que j’avais l’âge du héros. Mais par contre, Les Nouvelles ou Franny & Zooey, m’avaient emballée. J’avais 16 ans. C’était il y a un siècle, mais ce que la vie nous apprend à notre grande surprise, c’est il y a des choses sur lesquelles on ne change pas.
   
   J’ai découvert autre chose : les gens qui lisent ces nouvelles ne lisent pas tous les mêmes histoires, loin de là.
    Vous me direz : «C’est toujours un peu le cas» Oui. Mais pas à ce point là.
    ↓

critique par Sibylline




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Personnages en décalage
Note :

   Neuf nouvelles de Salinger où les personnages sont en décalage avec ce que la société de l’époque attend d’eux – ces nouvelles datent d’après-guerre et ont été en grande partie publiées dans le New Yorker entre 1948 et 1953 – ou ce que même le lecteur s’attend à trouver dans une nouvelle : une histoire bien ficelée et une chute en conséquence.
   
   Or rien n’est moins sûr. Déjà les personnages principaux ou les personnages tout court n’existent que par les autres, leurs conversations aux moult références, toutes en understatement. De l’innocence on passe à une expérience extraordinaire, une vision particulière du monde (Teddy), la guerre ou le destin ordinaire fait basculer une situation que l’on croyait acquise (Pour Esmé avec amour et abjection), la folie et le drame parcourent aussi ces récits (Un jour parfait pour le poisson- banane), de même, l’intérêt que l’on accorde à une histoire (l’homme hilare, dans laquelle un entraîneur de base-ball maintient ses troupes en leur racontant une histoire à épisodes après les efforts sportifs.)
   
   D’autres nouvelles méritent certainement une relecture car la première approche nous laisse dans l’obscur. Mais comme le précise Teddy, nous ne voyons les choses que d’un côté logique, étant passé à côté de l’expérience mystique qu’il a vécue.
   
   Ginnie Mannox dans "Juste avant la guerre avec les esquimaux" se sent perdue et de plus en plus mal à l’aise dans ce monde de bourgeois, d’argent et de mesquinerie lorsqu’elle se trouve chez son amie Selena. On n’est jamais loin de retrouver des traces de l’Holden Caulfield de "l’attrape-cœurs".
   
   Reste, à mon sens une nouvelle qui m’a marqué plus que les autres : "la période bleue de Daumier-Smith" dans laquelle tout est mensonge. Le narrateur se fait passer pour un professeur d’art et s’invente un passé français où il a rencontré Picasso et intègre une école d’art par correspondance encore plus étrange tenue par un couple de japonais à Montréal. De là il découvre le talent extraordinaire d’une nonne et lui fait savoir mais le directeur du couvent souhaite qu’elle interrompe ses cours… Tout bascule toujours à chaque coin de page, d’un paragraphe à l’autre.
   
   Une lecture qui demande donc pas mal de concentration et de retours en arrière mais qui vaut largement les détours.
   
   "Poets are always taking the weather so personally. They’re always sticking their emotions in things that have no emotions. "(Teddy)
   (Les poètes prennent toujours les intempéries pour eux. Ils collent toujours des émotions aux choses qui en sont dépourvues.)

critique par Mouton Noir




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