Lecture / Ecriture
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Une petite île heureuse de Lars Sund

Lars Sund
  Une petite île heureuse

Lars Sund est un écrivain finlandais né en 1953 et passionné d'ornithologie. Il fait partie d’une minorité qui s’exprime en Suédois. Il est l’auteur d’une trilogie, "Siklax", dont chaque volume a été un best-seller en Scandinavie.

Une petite île heureuse - Lars Sund

Chez nos voisins du nord
Note :

   Voici un peu de légèreté et de cocasserie à la condition que vous acceptiez de monter dans mon bateau et plein gaz en direction d’un petit archipel caché au sud-ouest de la Finlande.
   
   Une flottille d’îles : Busö, Aspskär, Hemsö, Kokär...
   
   Mais attachons nous à Fagerö, une Petite île heureuse, on vit de la pêche depuis la nuit des temps. L’été "il y faisait bon vivre durant cette saison si diaphane."
   
   Tout le monde connaît tout le monde. On peut cancaner et colporter les nouvelles, parler de Judit que personne n’appelle par son prénom mais que tous désignent comme "la reine d’Aspskär" , tout le monde parle de Mattsson l’homme politique le plus influent de l’archipel. Et puis il y a Pettersson qui va bientôt faire faillite (si si c’est le facteur qui le dit), les Kangarn les voyous locaux.
   
   Et si les nouvelles circulent si bien c’est un peu grâce à Janne le facteur, quand on arrive chez lui on entend un sifflement "Nous frappons, ouvrons, entrons. Le sifflement s’intensifie" Janne est occupé à ouvrir consciencieusement tout le courrier de Fagerö "C’est un véritable expert que nous observons à l’action." C’est comme ça qu’il est au courant du cancer d’Abrahamsson, le pauvre!!
   " Les funérailles furent célébrées à l'extérieur, c'est toujours la coutume à Fagerö "
   

   La saison touristique bat son plein quand l’île se met à recevoir quelques invités un peu... spéciaux.
   
   Jour après jour, nuit après nuit, des corps viennent s’échouer sur les côtes de Fagerö, un, ça irait mais dix, vingt, cent, là ça devient une habitude et ce n’est pas tenable. Surtout que... tous ces morts, y sont même pas d’ici!! et que ça va gâcher la saison touristique. Alors les renvoyer d’où ils viennent? leur faire une place dans le cimetière?
   
   L’idéal serait de trouver un bouc émissaire... Le pauvre policier local Riggert von Haartman ne sait plus quoi en penser et ça n’arrange pas sa déprime! Peut être que Ghita Saarinen la journaliste du coin sera d’un quelconque secours.
   " Dépêchez-vous, êtres humains de profiter de la lumière du début de l'été! Les ténèbres seront de retour bien trop vite "
   
   Ah que voilà un bon roman, exubérant, goûteux, acidulé au point d’en avoir les dents agacées. La littérature nordique au mieux de sa forme.
   
   Vous avez bien compris que se cache là-dessous une critique à peine voilée de nos travers, de nos penchants xénophobes, de notre amour pour notre pays mais pas de ces immigrants qui se présentent en masse à nos portes.
   
   Une île métaphorique et un récit à la forme parfaite, nous sommes invités dans les maisons, on pourrait presque goûter les plats, nous nous penchons sur les tombes encore fraîches. Les personnages sont cocasses et très bien croqués. C’est un feu d’artifice d’images, de rires grinçants, d’espièglerie parce que "créer un monde fictif à partir de rien, à l'aide d'outils que la langue met à notre disposition, est véritablement une entreprise noble et exigeante ".
   
   On pense aux meilleurs romans de Paasilina ou de Laxness.
   
   Je ne l’ai pas lâché une fois que je me suis un peu accoutumée à la cuisine (ah la confiture d’airelles!) et aux noms finlandais.

critique par Dominique




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