Lecture / Ecriture
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Et puis, Paulette… de Barbara Constantine

Barbara Constantine
  Allumer le chat
  A Mélie, sans mélo
  Tom petit Tom tout petit homme Tom
  Et puis, Paulette…

Fille d'Eddie Constantine, Barbara Constantine est une artiste et écrivaine française, née en 1955.

Et puis, Paulette… - Barbara Constantine

Facile
Note :

   Quatrième de Couverture :
   
   "Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. A l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire.
   Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…
   Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
   De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…"

   
   
   Voilà un roman qui commence de façon intéressante et accrocheuse, mais dont l’intérêt a du mal à se maintenir au fil des pages. L’histoire finit en effet par être répétitive puisqu’il s’agit seulement d’accumuler un maximum d’habitants dans la ferme de Ferdinand, qui sont conviés les uns après les autres à rejoindre le petit groupe. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’il s’agit d’une histoire qui se tient, avec un vrai déroulement. J’ajoute qu’il y a un certain nombre de facilités et de naïvetés, qui donnent le sentiment que l’auteure s’est laissée aller, ou qu’elle s’est trop habituée à écrire pour la jeunesse. Cette cohabitation de plusieurs retraités, partageant peu de points communs, semble se dérouler de façon un peu trop parfaite par rapport à ce qui pourrait vraiment se passer dans la réalité.
   
   Du côté des points positifs, je dirais qu’il y a dans les dialogues et certaines situations un sentiment de naturel, qui est agréable, et que le propos du livre part d’un bon sentiment, puisqu’il s’agit de célébrer la solidarité entre les générations.
    ↓

critique par Etcetera




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Livre audio
Note :

   L'énorme avantage que présente le livre audio reste celui d'offrir à ses auditeurs une histoire qu'ils n'auraient pas forcément découverte sans ce support. Je comprends maintenant pourquoi j'ai longtemps tourné autour de Et puis, Paulette : un mauvais pressentiment, sûrement!
   
   Ferdinand est un petit rigolo. Il s'amuse à faire mariner son restaurateur de fils en dégustant un verre de blanc chez le concurrent d'en face, apprend les grossièretés aux Lulu (ses deux petits-fils) et joue à narguer sa bru. C'est à l'occasion d'un malaise de sa voisine Marceline, qu'il décide d'ouvrir sa maison et son cœur aux plus tout jeunes, à son fiston tant qu'à faire et à des jeunes en mal de tremplin car oui, Ferdinand possède un corps de ferme suffisamment grand pour contenir toutes les générations et un sens pratique assez aiguisé.
   
   Indubitablement, Barbara Constantine a composé un "Ensemble c'est tout" version gériatrique. L'histoire sympathique souffre pourtant de menus défauts :
   1) une écriture pas emballante du tout,
   2) des personnages qui ne me semblent pas assez creusés,
   3) un problème de tempo : le récit s'éveille au moment de l'arrivée de Paulette c'est-à-dire en toute fin. C'est ballot, non?
   4) et surtout des incohérences : une rapidité surprenante d'abandon des demeures par les "invités" de Ferdinand et leur non moins impressionnante facilité d'adaptation, le déni d'une femme qui travaille en milieu hospitalier etc.
   
   Reste son incroyable succès public qui m'épate. Dû peut-être aux bons sentiments et thèmes véhiculés (solidarité, générosité, écoute), à la légèreté du texte positif (qui ne contrarie pas les neurones), une fin de vie disséquée de façon optimiste malgré le deuil? Le traitement ne m'a pas convaincue et m'a paru survolé, au point que j'ai failli régulièrement arrêter l'écoute, tant je n'ai pas accroché. Toutefois, l'idée de cohabitation me semble la révélation du récit : oui, il faut vaincre la solitude imposée par notre société individualiste, pour mieux vivre ou vivre au mieux (c'est selon).
   
   Heureusement, la fraîcheur des Lulus relève le niveau. Et puis, Paulette doit finalement son regain d'intérêt à la nouvelle génération : un comble, non, pour un livre concernant les personnes âgées?
   
   Éditions Audiolib. Texte lu par Daniel Nicodème (5h30)
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critique par Philisine Cave




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Solidarité intergénérationnelle, mode d’emploi...
Note :

   Il est clair que la volonté affichée de ce roman est plutôt d’aider à se sentir mieux que de se prendre – trop - au sérieux. Et pour ce faire, Barbara Constantine passe par le biais d’une histoire. On est dans une mouvance type "Ensemble, c’est tout" d’Anna Gavalda. Ceci étant posé, cela permettra à une frange de lecteurs de partir en courant. Alors, pour ceux qui restent...
   
   Nous avons un Ferdinand, plus tout jeune, pas franchement heureux, qui vit seul dans sa ferme depuis la mort de sa femme et qui a de meilleures relations avec ses deux petits-fils (6 et 8 ans) qu’avec sa fille. Isolé, le Ferdinand, et plus franchement le goût à la vie comme elle va.
   Sur la suggestion de ses deux petits-fils, et ému par la détresse de sa vieille voisine dont le toit de la maison vient de s’effondrer et qui n’a manifestement pas de solution, il décide de lui proposer de venir joindre sa solitude à la sienne.
   
   "Tout en retournant à sa voiture, Ferdinand essaye de mettre bout à bout ce qui vient de se passer : il y a cette dame qui a failli mourir asphyxiée, qui vit dans cette toute petite maison, à deux pas de chez lui, depuis des années, il a dû la croiser des centaines de fois, sur la route, à la poste, au marché, ne lui a parlé qu'à peine, du temps qu'il faisait, de ses récoltes de miel... Et là, paf! il rencontre son chien... enfin, sa chienne... Mais, s'il ne s'était pas arrêté sur la route, tout à l'heure, pour la ramener, elle serait sûrement morte à l'heure qu'il est, cette Mme Marceline! Et il n'y aurait eu personne pour s'en soucier."

   
   Et d’autres vont suivre (avec une certaine improbabilité assumée). La ferme de Ferdinand va se repeupler, ce petit monde va reprendre goût à la vie, mais il va falloir l’organiser, la vie, et la ferme. C’est vrai quoi, des vieux ensemble ça peut poser des problèmes de logistique. Alors Barbara Constantine va donner à sa façon des pistes pour un monde meilleur ou tout du moins plus solidaire et moins égoïste.
   
   Alors naïveté, utopie, bons sentiments... oui certainement, un peu tout ça, mais il s’agit bien d’un roman, non ?

critique par Tistou




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