Lecture / Ecriture
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Baby Love de Joyce Maynard

Joyce Maynard
  Long week-end
  Les filles de l’ouragan
  Et devant moi, le monde
  Baby Love
  Une adolescence américaine - Chronique des années 60
  L'homme de la montagne
  Les règles d'usage

Daphne Joyce Maynard est une écrivaine américaine née en 1953.

Baby Love - Joyce Maynard

Le piège des filles
Note :

   Paru en 1981, "Baby Love" est le premier roman de l'écrivain américaine Joyce Maynard. Devenue la voix de sa génération née dans les années 60, elle s'est imposée par son audace littéraire découverte lors de la parution d'un article dans le New York Times en 1972.
   
   Ici, elle raconte sans fioriture le quotidien de quatre jeune filles de 16 à 18 ans, dont les vies ont été bouleversées par une maternité trop précoce. Elles essaient de devenir adultes dans une société qui ne leur cède rien. Elles se retrouvent à la laverie automatique et se racontent leur quotidien dans une petite ville paumée des Etats-Unis d'où elles ne sont jamais sorties. Elles connaissent déjà les désillusions de femmes mais possèdent toujours leurs rêves de petites filles. Autour d'elles, gravitent d'autres personnages venant d'horizons différents et dont les parcours ne sont pas plus clairs.
   Entre un meurtrier recherchant sans cesse l'amour fou au point d'être fou, une jeune fille de 20 ans trop amoureuse d'un homme plus âgé, cherchant à faire une bonne dépression suite à leur rupture et un couple d'artistes New-Yorkais s'essayant à une parenthèse professionnelle en province, Joyce Maynard brosse une peinture des mœurs dans une société américaine des années 70 plutôt défraîchie.
   
   C'est sombre et tragique. Pour ces petites filles devenues femmes et mères trop vite, il n'y a qu'une possibilité : le mariage. Rencontrer un homme, se marier et ainsi se sortir d'un avenir étriqué devient pour elles l'image de la réussite.
   
   Mais sans études solides, sans diplôme, sans expérience la possibilité de partir est impossible.
   
   L'auteur ne donne pas une image très belle des hommes dans ce roman. Absent, violent, souvent sans tendresse, il est souvent irresponsable et a du mal à décider.
   
   La construction littéraire peut être difficile avec beaucoup de personnages. Les histoires s'enchaînent, se bousculent et s'installent. La fin violente et brutale laisse ouverte la porte à tous les possibles.
   
   Un bon livre où la plume de Joyce Maynard excelle.
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critique par Marie de La page déchirée




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Des adolescences américaines
Note :

   Roman datant de 1981, précédemment paru aux éditions Denoël en 1983. Ma deuxième expérience avec cette auteure après "Une adolescence américaine.
   
   Elle sont quatre amies, la plus âgée a 18 ans. Une est déjà mariée et mère de famille, deux autres sont également mères et la dernière est persuadée de l'être aussi! Comment vivre à peu près normalement cette situation dans les années soixante dix?
   
   Mai 1968 est passé par là pour l'Europe, l'utopie hippies pour les États-Unis et ses résultats immédiats, la libération des mœurs, sexe et rock & roll! Il est un peu question d'alcool dans ce livre, mais la drogue n'est pour le moment que de l'herbe!
   
   La vie et la routine semblent s'installer, ces jeunes filles ont des problèmes qui pour certaines les dépassent. Sandy se rend compte que son mari n'est pas vraiment sorti de l'enfance, Wandy a des soucis d'argent et semble attirer les ennuis, Jill pense être enceinte, mais son ami Virgil refuse cette idée! Tara, elle, accepte de poser nue avec Sunshine.
   
   L'arrivée de nouvelles têtes va créer de nouvelles envies sexuelles entre les protagonistes de ce livre ; petit à petit les couples établis vont regarder leur entourage avec d'autres yeux.
   
   Sandy a 18 ans et est mariée avec Mark, âgé de 19 ans et ils ont un fils, Mark Junior. Elle déchante vite, lui est trop jeune et immature, se rendent-ils compte qu'ils loupent les plus belles années de leurs vies?
   
   Tara et Sunshine, Tara vit avec sa mère. Bobby Sterling, le père, habite dans la même rue mais n'a jamais vu sa fille!
   
   Wanda et Mélissa, Dwight, le géniteur, est parti ; alors il faut assumer toute seule et même accepter certaines choses qu'elle regrette peu de temps après. Mais comment faire?
   
   Jill et son petit ami Virgil, elle craint la réaction de ses parents, lui ne s'encombre pas beaucoup de sentiments.
   
   Ann (Joyce?) Rupert, plus âgé qu'elle, l'a quittée. Elle est venue tenter de refaire sa vie et trouver du travail, ses voisins les plus proches sont Reg et Doris, parents de Jill.
   
   Greg peintre et Clara chanteuse, ils quittent la grande ville pour la campagne, elle veut un enfant, lui n'est pas des plus empressés, leur maison a été "visitée", alors elle veut retourner à New-York.
   
   Wayne, interné pour meurtre, s'en est tiré étant soit disant dérangé ; il a donc évité la prison,... mais il peut être très dangereux. S'étant évadé il est un redoutable prédateur.
   
   Tous ces gens sont entraînés dans un carrousel de pulsions sexuelles, bercés par la musique de l'époque dont il est beaucoup question. Talking Head, Rod Steward, Dolly Parson, Linda Ronstadt , Greatful Dead, Emmylou Harris etc. et un dénommé Georges Jones que je ne connaissais pas du tout!
   
   Un roman qui s'apparente à un vaste puzzle avec de nombreux personnages dont on se demande comment les multiples pièces vont s’imbriquer les unes dans les autres! Adolescentes, adolescents, maris et épouses, amantes et amants, couples plus âgés, une femme seule, une autre un peu dérangée qui espère que Wanda la pécheresse va lui vendre Melissa, un patron libidineux et un tueur très dérangé... Ce qui, au départ, ne semble que la chronique d'une certaine Amérique rurale routinière à l'existence plutôt ennuyeuse vire au cauchemar!
   
   Les changements de protagonistes sont très courants, parfois sur la même page, ce qui nécessite beaucoup d'attention. Un livre que j'ai aimé malgré une certaine réticence au départ!
   
   
   Extraits :
   
   - Ann songe qu'aucun homme ne l'a touchée depuis un an.
   
   - De toute façon, Ronnie ne s'y intéresse pas. Il ne l'embrasse même pas, il la pénètre brutalement
   et très profond.
   
   - Elle a une jambe artificielle, une prothèse, qu'Artie a baptisé une pro-baise.
   
   - Après ça, elle éteindra la télé. Et puis elle avale encore un yaourt, mais seulement parce que ça aide à vomir.
   
   - Il aimerait bien se la faire, cette nana!
   
   - Le monde entier fait l'amour, sauf elle. Même des adolescentes de 16 ans trouvent des garçons pour les sauter dans les buissons et leur faire des gosses.
   
   - Quand le petit sera endormi, elle laissera Mark faire tout ce qui lui plaira.
   
   - Elle devrait être contente. Il y a tant de soirs où il veut baiser et elle n'a qu'une envie : dormir.
   
   - Pour elle, la souffrance est indissociable de l'amour, et rien ne finit jamais par s'arranger.
   
   - Il faut vous dire aussi que, pour un peintre, il n'y a pas de différence entre un nu et une coupe de fruits dans une nature morte.
   

   Titre original : Baby Love (1981)

critique par Eireann Yvon




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