Lecture / Ecriture
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Mémoires d'un commissaire du peuple de Joseph Kessel

Joseph Kessel
  Oeuvres - Reportages et romans
  Les temps sauvages
  Mémoires d'un commissaire du peuple

Joseph Kessel est un aventurier, journaliste et romancier français, né en 1898 en Argentine de parents d’origine lituanienne, et mort en France en 1979.
Il fut élu à l’Académie française en 1962.
Il était l'oncle de Maurice Druon.
On ne peut s'intéresser à Joseph Kessel sans lire George Walter

Mémoires d'un commissaire du peuple - Joseph Kessel

Kessel, le Russe
Note :

   Paru en 1925 cette courte nouvelle a une saveur particulière. Dans une série de textes sur la Russie révolutionnaire Joseph Kessel montre tout son intérêt pour son pays d’origine. En 1919 Kessel est à Vladivostok, son expérience va modifier son regard sur la Révolution.
   
   Parmi tous ces textes j’ai choisi une longue nouvelle "Mémoires d’un commissaire du peuple".
   
   Août 1914 Fedia est un bolchevique exilé en France.
   
   Il vit des journées d’angoisse en ce début de guerre, mais la guerre en elle-même lui indiffère sauf si elle permet l’éclosion de la Révolution y compris au prix de la défaite de la Russie.
   
   Il se livre peu à peu, raconte son enfance sordide, une éducation qu’il doit à un déporté "Il me parla, me donna des livres, m’instruisit et m’ouvrit le monde" un peu trop au goût du pouvoir tsariste qui l’expédia en Sibérie.
   
   Il est en contact avec Lénine qui envoie des directives qui le comblent "sa circulaire est admirable de clarté et de ruse" dit-il, attendre attendre et convaincre les ouvriers, de se joindre à la Révolution qui est en marche et si ce n’est pas volontairement alors il faut le faire par la force "je veux par le fer et par le feu faire le bonheur de ce troupeau, même malgré lui. "
   
   Le personnage est plein de haine, de rage, de dégoût pour sa patrie dont il souhaite ardemment la défaite, défaite qui fera le lit de la révolution si l’on imagine "un plan quelconque pour profiter de cette tuerie bénie."
   
   La nouvelle est courte et réserve quelques surprises.
   
   J’ai aimé ces textes et particulièrement cette nouvelle, comme le rappelle Gilles Heuré dans la présentation, Kessel était "Russe de toutes ses fibres" et sa vision du totalitarisme est hautement prémonitoire si l’on songe qu’il l’a écrit entre 1919 et 1925 date de sa publication.
   
   Dans son parcours européen Geert Mak montrait le retour de Lénine en Russie, ici ce serait plutôt un bolchevique qui aurait raté son train.
   

critique par Dominique




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