Lecture / Ecriture
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Mon Amérique de Jim Fergus

Jim Fergus
  La fille sauvage
  Mon Amérique
  Marie Blanche
  Chrysis

Jim Fergus est un auteur américain né en 1950.

Mon Amérique - Jim Fergus

Pan, pan! Moi aussi, je tire
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   Cette lecture, hélas, n'a pas répondu à mes attentes.
   
   J'aime bien Jim Fergus pourtant. Ne serait-ce que parce qu'il a écrit deux bons romans sur la culture Amérindienne : "Les mille femmes blanches" et "La fille sauvage" (un peu moins bon dans sa seconde moitié, mais pas mal quand même). Fergus est aussi un chasseur, et là ça coince un peu avec moi. Fort heureusement, ce n'est pas un viandard et comme il le reconnait lui-même, il revient plus souvent bredouille d'une partie de chasse qu'avec le carnier plein, et c'est tant mieux.
   
   Mais revenons au livre. Plusieurs choses m'ont gênée ou agacée. D'abord, ce sous-titre de nature writing qui n'est absolument pas justifié et qui est même trompeur. Je suis désolée mais le nature writing, ce n'est pas une succession de textes sur la chasse. Non.
   
   Ensuite, ce n'est pas un récit mais une compilation de textes et d'articles écrits pour des magazines et revues spécialisés, dont certains ont été remaniés. Le style s'en ressent. Inutile de chercher ici la prose d'un véritable écrivain, et c'est bien dommage. C'est plat et quelconque.
   
   Alors bien sûr, Jim Fergus aime la nature, ses chiens et ses amis. Et son fusil aussi. Mais il nous inflige malheureusement des considérations philosophiques de bas étage et ses réflexions n'ont suscité aucun intérêt chez moi. Par chance, il fait preuve d'humour et d'autodérision, et je veux bien croire que la nature est une composante essentielle de sa vie. Cependant, contrairement à Rick Bass, Fergus ne s'engage pas, constate en trois ou quatre phrases que la nature va mal, (mais bon, ... que faire?), sans remettre en cause quoi que ce soit, sans s'interroger davantage. Non, ce qui compte, c'est de pouvoir parcourir quelques beaux coins d'Amérique en étant financé par une rédaction, et tirer accessoirement quelques volatiles.
   
   C'est maigre tout de même. En tout cas, j'attendais beaucoup mieux d'un auteur de l'ouest (il vivait dans le Colorado et se trouve maintenant en Arizona, je crois). Rétrospectivement, je me rends compte que je me suis montrée bien exigeante avec "Le livre de Yaak" de Rick Bass, alors qu'il valait cent fois mieux!
   
   Moralité, lisez plutôt les bons bouquins de Nature Writing, ou ces fameux auteurs de l'Ouest, comme Jim Harrison, Larry Watson, James Galvin, Rick Bass et Dan O'Brien, pour ne citer qu'eux.
    ↓

critique par Folfaerie




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Je suis partante !
Note :

    Bon, j'ai toujours une prévention contre la chasse et préfère les balades où on admire les bestioles en les laissant tranquilles, mais Fergus, comme dans "Espaces sauvages", a une façon de raconter pleine d'humour et d’autodérision. Il nous invite à sillonner l'Amérique rurale en déshérence mais recelant toujours des sites prodigieux de beauté. Rappelant que les chasseurs ne sont pas plus responsables de la disparition des oiseaux que les promoteurs immobiliers et les industries polluantes, il prend tranquillement son fusil et surtout surtout Sweetzer sa fidèle labrador. Il est toujours aussi mauvais tireur et prend autant plaisir à admirer la nature qu'à remplir sa gibecière (en vue de repas fins, à l'en croire). D'ailleurs les oiseaux sont futés et parfois logent dans des coins inaccessibles...
   
    "Et ces gens-là étaient des marcheurs, ce qui nous allait bien à Doug et à moi. La prairie autour de Glendive avait une allure particulière. La plaine ondulait gentiment, coupée par des ravines, et formait un immense et merveilleux terrain de chasse sur lequel nous nous dispersâmes tandis que les chiens déployaient leur propre quête avec un sentiment de liberté inégalable. Hommes et chiens progressaient ensemble, concentrés sur le seul objectif de poursuivre ces oiseaux qui s'envolaient devant nous, partageant la joie pure de se sentir en vie, de parcourir la prairie en toute liberté sur des kilomètres avec des compagnons animés du même esprit, de ressentir une simplicité, une légitimité, qui n'ont que peu d'équivalents dans le monde moderne. Après, nous cuisinions les oiseaux sur des réchauds de campagne dans l'Airstream ou devant le motel bon marché de Glendive où nos amis avaient établi leur base. Nous cuisinions, nous partagions des éclats de rire, dînions et buvions du vin, puis nous discutions sans fin dans une chambre du motel, calés par les oreillers des lits sur lesquels nos chiens, fourbus, affalés, dormaient du juste sommeil des chasseurs. Après tout, c'est peut-être à cause de ces moments-là que la chasse semble réduire nos vies à une chose très élémentaire dénuée de toute complication."

   
    Peut être pas un incontournable de récit nature, mais plaisant à découvrir, et puis je suis toujours partante pour une promenade dans les vastes étendues américaines, avec de bons compagnons!

critique par Keisha




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