Lecture / Ecriture
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Derrière l'épaule de Françoise Sagan

Françoise Sagan
  Le chien couchant
  Bonjour tristesse
  Un certain sourire
  Dans un mois, dans un an
  Château en Suède
  Les faux-fuyants
  Des yeux de soie
  Avec mon meilleur souvenir
  Des bleus à l'âme
  Derrière l'épaule
  La femme fardée
  La laisse
  Les merveilleux nuages

Françoise Sagan (de son vrai nom Françoise Quoirez), est un écrivain français, née le 21 juin 1935 à Cajarc (Lot) et décédée le 24 septembre 2004 à l'hôpital de Honfleur (Calvados) d'une embolie pulmonaire. Elle avait rédigé elle-même son épitaphe:
«Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, "Bonjour tristesse", qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.»

Ecrivain prolixe elle a publié de nombreux romans, essais, nouvelles, des pièces de théâtre, une biographie (Sarah Bernhardt) et a collaboré à l'écriture de scénarios et de dialogues de films.


* Vous trouverez sur ce site des fiches sur l'entretien qu'André Halimi a eu avec Françoise Sagan:
"Tout le monde est infidèle " et sur les biographies que lui ont consacré son fils Denis Westhoff ainsi que Anne Berest.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Derrière l'épaule - Françoise Sagan

Mémoires et autocritique
Note :

   A défaut d’écrire sa biographie, Françoise Sagan, à la fin de sa vie, relit ses romans pour la première fois et en fait une critique des plus lucides, à sa façon détachée et élégante. Elle sait avoir la dent dure comme lorsqu'elle déconseille tout simplement la lecture de "Un profil perdu" dont la lecture ne serait qu'une corvée!
   
   Quant à ce "Derrière l'épaule", lui, ce sera son dernier livre, publié en 1998, six ans avant sa disparition.
   
   En parlant de douze de ses romans, c'est sa vie qu'elle revit et c'est délicieux et plein d'humour! Pouvais-je seulement imaginer que je m'amuserais tellement, tout en m'attendrissant souvent aussi, en lisant ce livre de souvenirs?
   Si on aime Sagan, il faut lire ces pages!
   
   De "Bonjour Tristesse" que dit-elle?
   "C'est un livre à la fois instinctif et roué, usant de la sensualité et de l'innocence à parts égales, mélange encore détonant aujourd'hui comme il le fut hier...(...) Il respire l'aisance, le naturel et toute l'habileté inconsciente que donnent la fin de l'enfance et les premières brûlures de l'adolescence: il est rapide, heureux et bien écrit. (...) C'est un livre qu'on peut lire sans ennui et sans déchéance." 
   
   Il faut lire sa première interview chez ses parents, avec un journaliste demi-bègue, ce qui réveille illico chez elle la demi-bègue qui y somnolait et se manifestait rapidement. Derrière la porte entrouverte sa mère est prise d'un fou-rire et moi aussi, en lisant ce passage très drôle. 
   
   Elle dit avoir écrit ce premier roman l'été de son bac alors qu'elle préparait le rattrapage de septembre.
   
   "Un certain sourire", son second roman, fut celui où les quatre principaux critiques de l'époque, Kemp, Henriot, Kanters et Rousseau, reconnurent enfin sa légitimité en tant que romancière car on l'avait accusée de n'être pas vraiment l'auteur du premier.
   " Je fus donc déclarée la vraie mère de mes deux livres. Oui, c'était bien moi qui écrivais ces bluettes péniblement scandaleuses, ces appels fugaces à l'érotisme, etc."
   
   Ce roman fut celui de la découverte de Saint-Tropez, de l'amitié insouciante et du bonheur.
   
   Quant au troisième, "Dans un mois, dans un an", qui avait en arrière-plan le terrible accident qui transforma sa vie et sa rencontre avec Guy Schoeller, un éditeur plein d'humour mais aux yeux tristes qui fut son premier mari, ce livre fut très mal accueilli: on le taxa de vrai brouillon. Sagan reconnaît que c'était justifié car il est bourré de phrases de moraliste, genre: "Cette effrayante santé morale que donne l'ambition", mais c'est pour mieux s'en amuser car, ajoute-t-elle: "plus sa vie est tumultueuse, plus un auteur est sentencieux". Dans ce chapitre, elle glisse une savoureuse rencontre avec Sartre, dans une maison de passe et un coup de griffe à Simone de Beauvoir.
   
   Chaque partie apporte ainsi son lot de surprises passionnantes. 
   
   C'est vraiment un livre délicieux, jubilatoire, indispensable à qui est fan de Sagan, comme moi. 

critique par Mango




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