Lecture / Ecriture
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Les mutilés de Marianne Vic

Marianne Vic
  Les mutilés

Les mutilés - Marianne Vic

Coup de cœur - coup de poing
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   "L'existence ne serait qu'une succession de pertes de pouvoirs depuis la toute puissance de l'enfance."
   
   Le jour où son mari tente de la tuer, Lucyle, qui en apparence possédait tout, richesse, amour, position sociale, commence à vivre. Elle fait alors voler en éclats les images factices de son couple idéal, de sa famille qui a tout fait pour gommer un passé marqué par la douleur extrême et s'insurge contre une société dans laquelle pullulent Les mutilés.
   
   Les mutilés, ce sont ceux qui, comme sa sœur, vivent dans leur corps des amputations, mais aussi, plus nombreux, tous ceux qui se laissent broyer par les habitudes, les fausses valeurs, la violence d'une société, la rage de posséder et font fi de leurs émotions.
   
   L'héroïne remonte alors le cours de son histoire familiale pour tenter de s'alléger du "fardeau des disparus et des moments immarcescibles auxquels ils sont reliés." et renouer avec la grâce et la lumière.
   
   Diatribe d'une extrême violence contre notre société des apparences et de l'argent, analyse féroce du jeu social, le premier roman de Marianne Vic sacrifie un peu la progression de son récit et la densité de ses personnages. En revanche, la beauté et la richesse de la langue, la pertinence de sa réflexion font qu'on ne peut lâcher ce roman (sauf pour consulter un dico!) tout constellé de marque-pages! Une découverte coup de cœur - coup de poing!
   
   Juste un passage parmi tant d'autres, pour vous donner envie:
   
   " La pléonexie* engendre deux empêchements majeurs: celui d'aimer, celui de mourir.
    Plus on possède, plus on idolâtre la prospérité, plus on se sédentarise, cherchant désespérément à s'enraciner contre l'instabilité de toutes choses, à aller contre le mouvement inexorable de l'univers.
    Pauvres êtres, mus seulement par le désir d'avoir plus ou paraître mieux que les autres, toujours plus, toujours mieux... Des nains possédants qui croient ainsi conjurer l'absurdité de l'existence. Êtres pornographiques aux trajectoires sans horizon, en état de frustration permanentes, qui ne savent plus mourir ou aimer.
    Y-a-t-il encore des êtres dont la préoccupation serait ailleurs? "...

   
   
   *La pléonexie (du grec πλεονεξία, pleonexia) est le désir d'avoir plus que les autres en toutes choses

critique par Cathulu




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