Lecture / Ecriture
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Solitudes australes de David Lefèvre

David Lefèvre
  Aux quatre vents de la Patagonie
  Solitudes australes

David Lefèvre est un écrivain-voyageur français né en 1973.

Solitudes australes - David Lefèvre

Dans une cabane au bout du monde
Note :

   J’exerce une veille auprès des éditeurs que j’aime pour ne pas manquer une parution, en particulier quand il s’agit de livres qui ne font l’objet parfois que d’un minuscule article de magazine ou n’apparaissent que peu dans les blogs. C’est ainsi que j’ai lu David Lefèvre et que j’ai partagé avec lui sa cabane sur l’île de Chiloé. Une cabane pour assouvir son rêve
   "Un cadre de retraite ou d’errance, que l’on avait secrètement attendu, et qui se révèle conforme à l’estampe mentale que l’esprit avait tissé en secret"

   
   C’est une terre rude que ce coin de la planète surtout dans une vieille cabane délabrée mais après avoir vécu dans les bois de Walden, une cabane en terre australe était une expérience tentante.
   
   Daniel Lefèvre voyage léger : un minimum d’objets, aucun superflu "un lit en fer repoussé", un seul vrai meuble "une vieille armoire sans portes" et quelques ustensiles indispensables "une poêle à frire et une marmite mâchurée" des outils pour travailler, des semences pour le potager et une malle de livres.
   
   Il a fait le choix de la solitude et partage son temps entre les travaux de rénovation de la cabane, la préparation du potager et bien sûr la lecture.
   
   Tout est découverte :"J’abordai un monde neuf" il explore son territoire, il écoute les bruits de la nature, observe sa cabane tenir bon devant les orages, il entend "les gouttes affolées (qui) sonnent et cavalent sur le toit".
   
   Il aime les plaisirs simples "De retour dans la cabane avec une brassée de fagot, je retrouve le plaisir d’allumer un feu".
   
   Les repas sont du genre gastronomie frugale "Au menu du dîner : darne de saumon, pain frotté d’ail, bettes du potager. D’abord porter les braises à point, tisonner. Retourner le poisson sur le gril et regarder la chair rosir, repas frugal porté à la perfection."
   
   C’est chaque matin un monde neuf qui est offert et c’est enivrant "Je traversais un monde vierge ; je remontais le cours du temps. Ce bout de terre qui m’attendait semblait venir de loin. J’avais franchi la ligne de partage des mondes"
   
    Il regarde, il écoute les bruits de la nature, observe sa cabane tenir bon devant les orages, il entend "les gouttes affolées (qui) sonnent et cavalent sur le toit".
   
   Toute la nature est à lire, plantes, insectes, oiseaux et même un matou venu trouver abri chez lui et qu’il baptise Léon.
   
   Il n’est pas loin de l’océan et ses escapades le portent parfois au bord du Pacifique et le soir venu "A la bougie, j’aligne ensuite des remarques fraîches dans les pages de mon journal de bord" car la lecture ne lui suffit pas "J’écris pour ancrer les choses et ne pas oublier ce que j’ai vécu"
   
   Il n’y a que du beau monde dans sa bibliothèque, Thoreau bien entendu, Bouvier, Thomsen, Rick Bass, et dès que le besoin s’en fait sentir " je pars marcher. Je longe le lac et essaie de remonter tous les sentiers animaliers ou humains qui se présentent à flanc de montagne. Mes pensées respirent et errent dans toutes les directions. Je suis devenu tour à tour le piéton de ma piste, l’enfant du lac, le contemplateur des forêts."
   
   Ce nomade sur les traces de Nicolas Bouvier qui est son mentor est bien agréable à suivre au long des huit mois de son récit. Un cahier de photos est là pour nous donner l’envie de prendre la route et de le rejoindre sur son île des confins.

critique par Dominique




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