Lecture / Ecriture
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Los Angeles nostalgie de Ry Cooder

Ry Cooder
  Los Angeles nostalgie

Los Angeles nostalgie - Ry Cooder

Les anges aussi ont du vague à l'âme!
Note :

   Rentrée littéraire 2013
   
   
   Ry Cooder est un musicien mondialement connu, il a travaillé et ce depuis des années avec de nombreux autres artistes. Ce recueil est sa première incursion dans le monde littéraire : L.A. à travers les âges et les musiques qui la bercent.
   
   De 1940 à 1960, de "Train-train quotidien" à "Sourire", découvrons la face cachée et souvent noire de cette ville loin des clichés touristiques. Vingt ans en huit textes et pratiquement 300 pages en route pour ce que l'auteur nomme "La Cité des Jours Meilleurs".
   
   Frank St Claire est représentant pour le "Los Angeles City Directory", un annuaire local, et parcourt différents quartiers de la ville avec ce que cela implique de personnages et d'aventure, de surprises aussi comme cet homme qui lui lègue, après son suicide, livres, disques. Il découvre aussi 5000 dollars dans un ouvrage dont les pages ont été évidées! La guerre en Europe est aussi un sujet de discussion et de préoccupation, surtout pour les européens de souches. Frank est en possession d'une clarinette qui ne lui était pas destinée... mais qui risque de changer sa destinée. Bref, le "Train-train quotidien", enfin jusqu’à un certain point.
   
   "Tuez-moi, por favor" est avec "La vida es un sueño", un titre qui nous rappelle que la communauté hispanique est importante en Californie. C'est la balade de musiciens ayant un contrat de 3 semaines en Arizona, leurs projets et surtout leurs aventures pas toujours très brillantes, bref la vie d'artiste!
   
   "Terminus" pour quelques personnages de cette histoire, le terminus c'est la fin de la ligne... surtout pour un chauffeur dont on n'a plus besoin. C'est aussi la fin de la vie pour d'autres et pas d'une manière calme et apaisée.
   
   "Le téléphone n'arrête pas de sonner", c'est normal quand on fait des affaires même si elles sont louches. Mais en 1956 il n'y avait pas encore de portables, alors c'était moins facile. Surtout que pour certaines conversations le secret est de mise. Certaines choses ne changent pas, mais certaines personnes si!
   
   Un vagabond à la retraite, un nain avec un parapluie qui attire les ennuis, le L.A. des années 40 n'était pas dépourvu de personnages pittoresques. Qu'on se rassure ensuite, c'est de la même veine, tailleur noir au nom italien habillant les musiciens de jazz, toutes les années décrites, 1940 ; 1949 ; 1950 ; 1952 ; 1954 ; 1956 ; 1958 ou 1960 ont leurs lots de personnages extravagants venant de tous les milieux et de tous les styles musicaux. De jazzmen en membres de trios mexicains, on croise aussi John Lee Hooker, puis Charlie Parker et toute la richesse sonore de L.A. dans sa diversité. Un ancien chanteur qui constate les dégâts dans le monde de la musique. De mon temps! Un gamin ordinaire plutôt solitaire, père en prison, mère alcoolique, un joueur de steele-guitare, d'anciens G.I. rescapés de la guerre contre le Japon et beaucoup d'autres attendent. Ils attendent que L.A. redevienne la Cité des Jours Meilleurs, ce qu'elle a, parait-il, toujours été.
   
   Une écriture plus "classique" que celle de Patrick O'Neil par exemple, "Hold Up" dernier ouvrage de cette maison d'éditions chroniqué ici. C'est noir mais juste assez, parfois étrange, parfois un peu tortueux avec un style que je qualifierai de calme et précis, sans effet gratuit.
   
   Une question "à quand une ou plusieurs suites" car à L.A .comme ailleurs la société et la musique ont changé et pas en bien pour la société, mais je ne suis pas assez connaisseur pour parler de la musique californienne actuelle.
   
   Extraits :
   
   - Attends! Chonny! Quel genre de bagnole conduit Jésus au ciel?
   
   - La poésie est simple, le sentiment commun. Mais c'est cela l'art!
   
   - Les médecins américains pensaient que les Mexicains naissaient tuberculeux, de corps et d'esprit, et que cela expliquait tous leurs maux.
   
   - À trois heures du matin, le réconfort d'une chanson cubaine planant au-dessus d'une rue chinoise de Los Angeles. Je me sentais détendu et tranquille, je n'avais plus rien à craindre de la police. Finalement, tout s'était arrangé.
   
   - Le long de la Route 66, toutes les villes sont conçues sur le même modèle. Les Blancs au nord, les gens de couleur au sud, la route au milieu.
   
   - J'avais besoin de m'éloigner des Blancs.
   
   - Elle signait des autographes - une arnaque honnête, à mon avis. Je suis parti. Troisième étape.
   
   - Ils roulèrent vers l'ouest, sur Pico Boulevard : la Muntz rose, l'homme noir et le chien blanc qui ressemblait à une vieille serpillière.
   
   - Qui prenait les décisions? Cet individu-ci aura une centaine d'amis, celui-là en aura aucun.
   
   - Nous sommes en présence d'un nouveau Dahlia Noir. Je m'en occupe personnellement.
   

   
   Titre original :Los Angeles Story (2011)

critique par Eireann Yvon




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