Lecture / Ecriture
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Ados: Des cornichons au chocolat de Philippe Labro

Philippe Labro
  Tomber sept fois, se relever huit
  Ados: Des cornichons au chocolat

Philippe Labro est un journaliste et écrivain français né en 1936.

Ados: Des cornichons au chocolat - Philippe Labro

Désillusion
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "Publié en 1983 sous le pseudonyme de Stéphanie, «Des cornichons au chocolat» est devenu un livre culte. Toute une génération s'est identifiée à cette adolescente de treize ans: sa solitude et sa révolte, son regard dérangeant sur les adultes, l'école, le travail, et son goût discutable pour les sandwiches aux cornichons et au chocolat...
   En réalité, le véritable auteur de ce livre n'est autre que le romancier Philippe Labro, qui a décidé, vingt-quatre ans plus tard, de revendiquer ce "roman caché", d'autant qu'il constitue le premier volet d'une trilogie féminine poursuivie avec "Manuella" puis avec "Franz et Clara". Les lecteurs et les lectrices reconnaîtront certainement, dans ce "témoignage", la patte du célèbre romancier qui a su, avec une réelle justesse de ton, se mettre dans la peau d'une adolescente. On n'oublie pas facilement Stéphanie..."
   

   
   Commentaire

   
   J'ai lu ce roman pour la première fois quand j'avais 12 ou 13 ans. Dans ce temps-là, il était publié sous le nom de "Stéphanie" et la couverture, c'était une jeune fille mignonne comme tout avec les bras derrière la tête. Et je me souvenais pas mal de l'histoire, en plus. Et la présentation, c'était celle-ci :
   
   "Stéphanie a treize ans, un chat confident nommé Garfunkel, du culot, des problèmes - parmi lesquels ses mauvaises notes à la Ferme (le lycée) et la mésentente de ses parents -, un goût discutable pour les sandwiches aux cornichons et au chocolat, une vision dérangeante des adultes et un style, une verve inimitables qui font de son journal un événement littéraire, un document sans précédent, authentique parce que non tronqué, sur le monde de l'adolescence. Le texte original de ce livre a été consigné sur des cahiers d'écolier par Stéphanie X. Philippe Labro, ensuite, l'a aidée à le mettre en forme. Il n'est pas intervenu dans l'écriture, voulant préserver la force du ton, la beauté du style. Il a simplement suggéré à Stéphanie de revenir sur certains épisodes, ou d'aller plus avant dans l'exposé de ses émotions, de ses humeurs, de ses rires et de ses chagrins. Il a, enfin, fait changer certains noms de personnes et de lieux afin de ne pas embarrasser les acteurs réels de cette histoire vécue."

   
   Quand j'ai su, il y a quelques années, que Stéphanie était le pur produit de l'imagination d'un homme adulte, j'ai été limite insultée. Je me souviens que si j'avais tant aimé ce roman, c'était que justement, c'était une jeune fille. Et qu'elle avait eu la chance de pouvoir dire à tout le monde ce qu'elle pensait tout bas. L'histoire de Stéphanie, de son passage à l'âge adulte, de cette publication, c'était réel pour moi. Du coup, je me suis sentie flouée. Personnification réussie? Soit. Vraiment. Il a réussi à faire croire à cette jeune fille, avec ces cahiers remplis de répétitions, de jugements intempestifs, de changements d'humeur, de vague à l'âme et de frustration devant le monde des adultes. Mais n'empêche que je n'aurais pas dû le relire.
   Je ne suis plus une adolescente. Yep, big news. Mais ce n'est pas ce qui m'a dérangée dans ce roman. J'adore me replonger dans ce monde, avec ces hauts et ses bas, ses revirements, ses craintes, ses désillusions et ses découvertes. Mais relire le roman en connaissant sa véritable histoire? J'ai senti le regard de l'adulte sous les mots de Stéphanie. Juste ça. Juste, juste ça. Du coup, ces réflexions que je trouvais si songées chez une jeune fille qui les ressentait vraiment, je les trouvais plutôt banales venues d'un adulte, qu'il soit homme ou femme. Ces grandes vérités, elle les découvrait tôt, miss Stéphanie. Mais pour un adulte, ce sont un peu des évidences. Et du déjà vu. Du coup, j'ai été déçue. Désillusionnée, plutôt. Même parfois ennuyée par les répétitions. Parce que bon, venant du journal d'une jeune fille, c'est normal. Ado, on ressent les mêmes choses, on les revit différemment, on a besoin de les redire. C'était supposé être non édité. Mais sachant que c'est un livre écrit par "un grand", ça fait plutôt "je veux cogner sur le clou". Et ça m'a un peu agacée.
   
   Ceci dit, le portrait est ma foi très réussi. Elle est vivante, cette petite Stéphanie. Et son désir de grandir sans toutefois devenir une adulte comme ceux qu'elle côtoie, cette crainte, justement, de devenir "ça" me fait retourner quoi... vingt-quelques années en arrière. C'était tellement ça, ma préoccupation première!
   
   Donc, une relecture décevante. Pas pour le roman en soi. Pour le contexte.

critique par Karine




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