Lecture / Ecriture
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Villa avec piscine de Herman Koch

Herman Koch
  Le dîner
  Villa avec piscine
  Cher Monsieur M

Herman Koch est un écrivain hollandais né en 1953, également chroniqueur, acteur, scénariste et réalisateur de télévision.
Il a également publié sous le pseudonyme de Menno Voorhof.

Villa avec piscine - Herman Koch

Vous ne serez pas déçu par ce deuxième roman
Note :

   Titre original : Zommerhuis met zwembad ; 2011.
   
   
   Marc Schlosser, médecin généraliste, est accusé d’avoir causé le décès d’un de ses patients, Ralph Meier, acteur de théâtre jouissant d’une certaine notoriété.
   
   Narrateur de l’histoire, Marc nous raconte comment sa famille et lui en sont venus à fréquenter Ralph davantage qu’ils ne l’auraient voulu, ce qui l’a conduit à des actes regrettables...
   
   Non, Marc ne voulait pas passer des vacances avec Ralph, dragueur, fêtard, tonitruant, qu’il déteste tout en l’enviant. Il ne voulait pas de cette ambiance, de mœurs quelque peu relâchés, pour sa femme et ses filles. Mais, comment rencontrer Judith la femme de Ralph, sans passer quelques jours dans leur propriété?...
   
   Au départ, Marc n’aime pas sa vie.
   
   Il n’aime pas son métier : le généraliste qu’il est se sent supérieur à ses confrères, même les spécialistes, mais il reste incompris, le pauvre. Il ne supporte pas ses patients, les trouve laids, sales, hypocondriaques, bavards ou stupides. Ses patients sont pour la plupart des "artistes", soit de vrais artistes, soit des animateurs de télé, starlettes, mannequins, et autres divertisseurs de public. C’est qu’il prescrit volontiers des substances dopantes sans restriction. Il se justifie de cela et d’autres actes en nous livrant ses idées sur l’existence héritées d’un professeur de biologie, lequel, à force de vouloir démontrer que ladite biologie gouverne entièrement les humains comme les animaux, en tire des principes moraux fort discutables, déjà défendus par le narrateur du roman précédent (le Dîner) mais le docteur Schlosser (ô miracle!), éprouve encore quelques scrupules que l’autre n’avait pas, des scrupules que l’on voit s’amenuiser petit à petit tout au long du récit…
   
   L’auteur s’est mis dans la peau d’un médecin ; un toubib que le corps de ses patients dégoûte, d’où quelques passages assez crus, quelques uns comiques tout de même, de la verve. Le personnage est plus complexe que celui du "Dîner" : bien que détestable dans l’ensemble, il lui arrive de dire des choses étonnamment justes, au moment où l’on s’y attend le moins. Le récit des fameuses vacances est parfaitement conduit avec beaucoup de suspense, parce que Marc cherche à interpréter tout ce qu’il voit, tantôt de mauvaise foi, tantôt naïf, tantôt lucide.
   
   Un second roman encore une fois réussi.

critique par Jehanne




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