Lecture / Ecriture
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L'Endeuillée et Autres Récits de Mary Shelley

Mary Shelley
  Frankenstein
  Maurice ou le cabanon du pêcheur
  L'Endeuillée et Autres Récits

Mary Shelley (née Wollstonecraft Godwin) est une écrivaine anglaise née en 1797 et morte en 1851. Elle fut l'épouse du poète anglais Shelley.

L'Endeuillée et Autres Récits - Mary Shelley

Pas indispensable...
Note :

   Ne connaissant que "Frankenstein" de Mary Shelley, j'ai été attirée par ce recueil de quatre nouvelles. C'est un livre fortement marqué par le courant romantique, aussi bien par le choix des thèmes que par le style lyrique faisant référence aux éléments, à la Nature. Voilà néanmoins des textes beaucoup moins audacieux que ne l'était "Frankenstein" et, en matière de Romantisme, j'ai par exemple été beaucoup plus captivée par les écrits d'un E.T.A . Hoffmann.
   Une curiosité pour les amoureux de littérature anglo-saxonne.
   
   "L'Endeuillée" : Rendant visite à une tombe sans nom devant sa bien-aimée, le narrateur lui explique les circonstances dans lesquelles il rencontra la femme qui y est enterrée. Ayant recueilli le narrateur dans la forêt alors qu'il fuyait la tyrannie de ses camarades d'Eton, la jeune Ellen était devenue son amie mais souffrait de mélancolie et projetait de mettre fin à ses jours, se sentant responsable de la mort de son père.
   Je dois avouer que, hormis, l'évocation de certains lieux anglais, j'ai trouvé cette nouvelle sans surprise (la chute étant d'ailleurs grosse comme une maison, mais peut-être n'était-ce pas le cas à l'époque de la publication). Je suis sans doute sans cœur et ne me suis pas laissée émouvoir par les rouages de cette histoire un peu fade : la douce jeune femme si malheureuse, deux jeunes hommes valeureux et intègres dans son environnement immédiat, le tout arrosé de discours grandiloquents dans lesquels les éléments et la nature ajoutent au tragique de la chose... Sortez les violons :
   "Ils avaient quitté l'Angleterre comme pour un voyage d'agrément le long d'un cours d'eau ; mais le char impitoyable du destin les avait rattrapés dans leur course insouciante, les écrasant sous ses lourdes roues, faisant voler en éclats leur amour, leur espoir et leur joie, comme l'avalanche mugissante qui emporte le ruisseau dans la vallée et le réduit à quelques embruns. Ils étaient partis, mais où? Le mystère pesait sur le destin de cette très malheureuse victime ; et le désir de mon ami était de percer les nuages qui cachaient la pauvre Clarice à sa vue. "(p39, L'Endeuillée)
   
    "Transformation" : un jeune homme est chassé de sa ville et dans l'impossibilité d'épouser sa chère et tendre pour avoir préféré l'insolence et une tentative d'enlèvement à un comportement honnête et repentant. Voilà notre héros qui se lamente sur les côtes anglaises, lorsqu'il assiste à un naufrage tragique.
   "Le soir était proche lorsque, du côté de la mer, s'éleva, comme sous la baguette d'un magicien, un sombre réseau de nuages qui fit tâche sur l'azur du ciel vespéral, assombrissant et tourmentant l'océan jusqu'alors paisible. Les nuages prirent des formes étranges, fantastiques, se modifièrent, se mêlèrent comme sous l'action d'un charme puissant. Les vagues dressèrent leurs crêtes blanches ; le tonnerre d'abord gronda, puis éclata de l'autre côté de la surface des eaux qui prirent une vive teinte pourpre, parsemée d'écume" (p72, Transformation).

   Seul en réchappe un être difforme, qui aurait causé la tempête et lui propose un marché : échanger leurs deux corps quelques jours en échange d'une grande fortune. Mais lorsque le délai est passé, l'horrible étranger ne revient pas et c'est avec son corps maladroit et répugnant que le héros tente de se faire justice...
   "J'aime l'obéissance, même de la part de ces stupides éléments, dit le nain. Et combien plus encore de la part de l'esprit indompté de l'homme! L'orage était bien déchaîné, il faut l'avouer... et je l'ai entièrement déclenché" (p75, Transformation).
   
   La voix du misérable était grinçante et abominable, et les contorsions qu'il faisait en parlant effroyables à voir. Pourtant il exerçait vraiment sur moi une sorte d'influence que je ne pouvais maîtriser et je lui racontai mon histoire. Quand j'eus fini, il se mit à rire très fort pendant un long moment ; les rochers renvoyaient l'écho ; il semblait que l'enfer hurlait autour de moi (p 76, Transformation).

   Cette version du pacte avec le diable m'a davantage séduite, cette fois-ci la nature occupe encore une place de choix mais oublions le côté fleur bleue, car c'est un échange infernal qui va avoir lieu. J'aime ces éléments déchaînés, ces orages, ce chaos, cette noirceur! Certes il y a une belle promise mais le surnaturel ajoute du piment au récit et le jeune premier n'est pas exempt de défauts.
   
   "Le Rêve" : une jeune femme refuse de prendre un époux puis remet sa réponse au lendemain ; elle envisage de passer la nuit sur la couche de Ste Catherine, en équilibre précaire. Tout réveil brutal la ferait chuter et la tuerait sur le coup.
   Un récit qui a un petit côté moyenâgeux et mystique mais qui, quelques semaines après la lecture, ne m'a laissé strictement aucun souvenir.
   
   "Le Mortel Immortel" : un jeune homme joue les apprentis sorciers auprès d'un homme craint dans les environs. Il finit par boire une curieuse potion qu'il pense être un philtre d'amour, mais le breuvage lui accorde en réalité l'immortalité. En tout cas, il ne vieillit plus alors qu'auprès de lui, sa bien-aimée se fane et vit avec beaucoup d'amertume le décalage physique entre eux deux.
   Un petit conte philosophique aux influences faustiennes.

critique par Lou




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