Lecture / Ecriture
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Brooklyn Requiem de Ken Bruen

Ken Bruen
  Hackman Blues
  London Boulevard
  La Main Droite du Diable (Jack Taylor, 5)
  Blitz (Série R&B -4)
  Le martyre des Magdalènes (Jack Taylor, 3)
  Delirium tremens (Jack Taylor, 1)
  Toxic Blues (Jack Taylor, 2)
  Le dramaturge (Jack Taylor, 4)
  En ce sanctuaire (Jack Taylor, 7)
  Vixen (Série R&B -5)
  Le gros coup (Série R&B -1)
  Le mutant apprivoisé (Série R&B -2)
  Rilke au noir*
  Cauchemar américain
  Une pinte de Bruen (Vol.1 )
  Une pinte de Bruen (Vol.2)
  Munitions (Série R&B -7)
  Le démon (Jack Taylor, 8)
  Tower
  Brooklyn Requiem
  Sur ta tombe

Né à Galway en 1951, après une carrière d'enseignant d'anglais qui le mène en Afrique, en Asie du sud-est et en Amérique du Sud, il décide de se consacrer à l'écriture.

Auteur de polars, Ken Bruen crée le personnage de Jack Taylor. (Nous indiquons l'ordre de parution des romans de la série car il est préférable de les lire dans l'ordre à cause des personnages récurrents.)

Brooklyn Requiem - Ken Bruen

Voir Brooklyn et mourir !
Note :

   Un ouvrage de Ken Bruen qui d'après mon classement personnel fait partie de ses "Hors-séries". Pas R&B, ni Jack Taylor, bien que celui-ci, telle une guest star, fasse une courte apparition et donne une petite leçon à Matt O'Shea, le personnage principal de ce roman.
   
   Matt O'Shea parlons-en! Il y a des moments où il "extravague", et ce depuis l'enfance, semble t-il, et dans ces cas-là, sa mémoire lui fait cruellement défaut.
   
   Il adore deux choses, les chapelets verts avec une belle croix au bout et les cous de femmes graciles! L'un, le chapelet ne va pas sans l'autre, le cou!
   Il entre dans la police et, avec pas mal de piston et beaucoup de chantage, il fait partie d'un échange de policiers, Les américains en Irlande et les irlandais en Amérique. Et Matt à New-York! Il sait qu'il est à 50% un brave flic et à 50 % un sale flic. La "Grosse Pomme" a des pépins et Matt aussi en la personne de son coéquipier Barka, énorme brute, ripoux et pas commode. Matt sait se faire respecter et sauve la vie de son coéquipier! La chance leur sourit, malgré la police des polices. Mais Barka a un point faible, sa sœur Lucia, trente ans d'après son bulletin de naissance, cinq d'âge mental. Mais d'une beauté à couper le souffle, et un cou... Une autre femme, Nora, serveuse dans un bar, entre dans la vie de Matt ; elle a aussi un coup de cygne, mais il lutte contre la tentation, avec des moments de faiblesse.
   
   L'idée de O'Shea est de rester aux États-Unis, alors, quand il apprend que son chef aime les petites filles, il se dit qu'un maximum d'informations sur le sujet peut éventuellement servir! En Irlande le chantage a bien marché, pas de raison qu'ici ce ne soit pas la même chose!
   
   La vie suit son cours, les maffieux qui ont débauché Barka tentent de compromettre Matt avec une photo où il apparait acceptant des dollars... la vengeance est sportive, la crosse de hurling s'en donne à cœur joie, et celui qui la manie aussi. Vengeance aussi lorsque Lucia est tabassée et violée dans l'hôpital psychiatrique où elle réside... des femmes sont retrouvées étranglées avec un chapelet vert! Bref la routine.
   
   Et au sein même de la police, Barka a des problèmes, certains aimeraient le voir sous les verrous et Matt fait partie des "dommages collatéraux"! La pègre n'est pas mieux disposée envers O'Shea! Mais il est malin, le bougre.
   
   Peu de personnages dans ce roman, les principaux sont Matt O'Shea, plus Irish tu meures, lui il tue! Et beaucoup! Kurt Browski, sa famille venant de l'Europe de l'Est, il est né à Manhattan sud et n'est pas spécialement un type à se lier. Joe, un journaliste un peu curieux, qui en plus d'un motif familial, va enquêter sur les nombreux morts de cette période troublée. Quelques policiers pas trop nets non plus complètent ce beau panier de crabes!
   
   Il est toujours question de littérature dans les romans de Ken Bruen, ici le clin d’œil (très appuyé) est pour James Joyce, (dont il dit qu'aucun irlandais ne le lit, mais que tous se vantent de connaître), la serveuse du bar se prénomme Nora comme l'épouse de Joyce, et ils eurent une fille handicapée nommée Lucia!
   
   Un roman de facture classique, même si le lyrisme des Jack Taylor n'est pas au rendez-vous, une très belle lecture. Je me pose la question : pourquoi avoir attendu si longtemps pour le lire? Encore un mystère que je ne cherche même pas à élucider!
   
   Je laisse le dernier mot à Brendan Behan :
   - La plupart de gens ont une nationalité, les Irlandais et les Juifs, eux, ils ont une psychose.

   
   Pas d'extraits mais certaines introductions de paragraphes:
   - Pour faire un bon flic, il faut un type de psychopathe très particulier.

   
   Graffitis inscrits sur le mur des toilettes, quelque part dans le Lower Manhattan :
   - Montrez-moi un flic honnête, je vous montre une poule avec des dents.
   
   Déclaration d'un criminel patenté à la presse :
   - La différence entre un flic et un truand, c'est que l'un des deux porte un uniforme... enfin, quelquefois.
   
   Ed Linskey, condamné pour meurtre.
   - Un flic vulnérable est un flic mort.

   
   Un petit dealer de cité.
   - Si tu veux être sûr qu'un mec t'accorde toute son attention, commence par lui démolir les rotules d'un coup de hurley.

   
   Du bon maintien de l'ordre, selon un Garda irlandais.
   - La police ne porte jamais ses soupçons sur une personne bien habillée.

   
   Charles Peace, assassin de l'époque victorienne.
   - Si la vérité se trouve au fond d'un verre de whiskey, que Dieu nous vienne en aide.

   
   Sermon sur les dangers de l'alcoolisme prêché par un évêque irlandais.
   - Quand on fait du maintien de l'ordre au sein d'une communauté armée, on apprend à tirer le premier, ou on fait long feu.

   
   Titre original : Once were Cops (2008).

critique par Eireann Yvon




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