Lecture / Ecriture
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L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puértolas

Romain Puértolas
  L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea - Romain Puértolas

Divertissant
Note :

   Le titre complet de ce livre est "L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea" – un bon titre, qui préfigure bien le genre de roman que l’on peut s’attendre à trouver : loufoque, amusant, imaginatif… et pas intellectuel!
   
   Je ne dirais pas que ce roman m’a fait éclater de rire, mais j’ai souvent souri et j’ai franchement ri deux ou trois fois. L’humour de ce livre n’est ni méchant ni vulgaire, ce qui contribue à en rendre le ton sympathique, bon enfant, mais les blagues sont parfois trop appuyées comme, par exemple, les explications sur la manière dont il faut prononcer les noms des héros, ce qui est prétexte à des blagues pendant quasiment tout le long du livre, et finit par être fatigant. Alors c’est vrai que ce n’est pas un humour très subtil, que les ficelles sont souvent très grosses, mais, franchement, ça met de bonne humeur et, pour ma part, j’aimais bien retrouver ce livre chaque soir pour connaître la suite des aventures de ce fakir.
   
   Par contre, là où ce roman est, à mon avis, faible, c’est quand il essaye de devenir plus grave et de toucher le lecteur sur la corde sensible. Par exemple, il essaye à plusieurs reprises de nous émouvoir sur le sort des immigrés clandestins mais on patauge dans les bons sentiments et le simplisme, et les arguments que l’auteur utilise sont tous plus clichés les uns que les autres.
   
   J’ai trouvé aussi, en partie pour cette raison, que la deuxième moitié du roman était moins réussie que la première, car le côté humoristique s’essouffle au détriment du côté "bons sentiments", qui prend de plus en plus de place.
   
   Ce qui m’a un peu gênée, aussi, c’est l’aspect trop décousu de ce livre – quelque chose de mal construit, voire pas construit du tout : par exemple, lorsqu’on rencontre le groupe d’immigrés clandestins et que l’auteur nous raconte leur histoire et nous amène (plus ou moins) à nous y intéresser, on lâche brutalement ces personnages pour passer à tout autre chose et il faut attendre un des derniers chapitres pour retrouver un de ces immigrés clandestins, qui se perd de nouveau assez vite dans la nature…
   
   Mais, d’une manière générale, je dirais que ce livre est un assez bon divertissement… à lire dans une période où on a des soucis et où on veut se changer les idées – mais pas davantage que ça!
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critique par Etcetera




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Une farce qui dure un peu
Note :

   Après deux livres "sérieux", qu’il est bon d’aborder un temps sur les terres farfelues de Romain Puértolas. Le titre (clin d’œil à Michel Audiard?) annonce déjà la couleur : sous la bannière du célèbre logo, c’est un voyage en kit que nous livre le jeune auteur. Mais au lecteur téméraire, point n’est besoin de mode d’emploi fastidieux ni de clefs minuscules à tourner dans le vide. Ce roman, c’est une pochade, une farce qui dure un peu, et qui emmène mine de rien de la blague fantastique à la frontière du vrai monde. On pourra lui reprocher d’effleurer sans les traiter des problèmes graves, le dénuement, l’émigration clandestine, la solitude ou la solidarité, mais ce n’est pas le propos. Romain Puértolas ne cherche qu’à faire sourire le lecteur d’aujourd’hui, dans une comédie résolument contemporaine, sans morale ni leçon.
   
   D’ailleurs ce fakir au prénom imprononçable apparaît rapidement comme un escroc. C’est même ce qui le rend d’emblée sympathique. Et le chauffeur de taxi qu’il arnaque n’est guère plus irréprochable. Mais ça, c’est à l’autre bout de l’histoire. Entre-temps, le voyageur improvisé se retrouve embarqué malgré lui dans un périple qui sillonne l’Europe sans lui donner l’occasion de visiter l’une ou l’autre des étapes inattendues. Les rencontres improbables se multiplient, le ton comique soutenu par une veine truculente qui se décline au long du récit, tels les jeux de mots associés aux personnages : le migrant au long cours prénommé Wiraj, la star internationale Sophie Morceaux, le taxi Gustave Palourde et son acolyte Tom Cruise-Jesùs Cortès, mais la palme revient sans conteste à la litanie des prononciations suggérées pour le patronyme du héros. Ainsi, je vous invite à faire rapidement connaissance avec Ajatashatru Lavash Patel (Prononcez, j’attache ta charrue la vache… ou Achète un chat roux, quand ce n’est pas J’ai un tas de shorts à trous).

critique par Gouttesdo




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