Lecture / Ecriture
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Au Service Secret de sa Sainteté de Patrick Raynal

Patrick Raynal
  Arrêtez le carrelage
  Le débarcadère des anges
  Le ténor hongrois
  Au Service Secret de sa Sainteté

Patrick Raynal est écrivain français né en 1946 à Paris.

Au Service Secret de sa Sainteté - Patrick Raynal

My Swift Lord...*
Note :

   Il y a quelque chose de pourri en principauté de San Bernardo**!
   Contrairement à ce que l'on pourrait croire, tout ne va pas bien dans la Principauté! Son Altesse Sérénissime, René IV son souverain a des soucis. A force d'être un paradis fiscal et un centre de blanchiment d'argent, même les américains trouvent qu'il va un peu loin. Un autre de ses soucis, est qu'il voudrait faire canoniser sa veuve dans des délais qui frisent l'indécence et pour cela le nerf de la guerre (sainte), c'est encore et toujours le dieu "Argent".
   
   Le père Swift est appelé au Vatican et chargé d'aller voir sur place ce qui se trame réellement ; son lien de parenté avec la famille régnante devrait lui faciliter la tâche. Hélas, il est rapidement obligé de faire assassiner un homme qui le connaissait d'avant et représentait une menace sérieuse. Marco qui l'accompagne s'en charge, mais les autorités policières le soupçonnent ; René IV doit intervenir pour stopper les recherches... ce qui n'est pas du goût du colonel Ferrandi, ponte de la sécurité! À première vue la disparition de cadavres est une chose relativement banale ici-bas. Un autel de voyage idéal pour prier à l'hôtel, mais qui ne contient pas que des objets de culte! Marco est exfiltré (j'ai pris des cours d'espionnage par correspondance!) et Swift se retrouve seul.
   
   Mais la suite (pas royale, mais princière) va lui prouver et à nous aussi qu'un panier à crabes reste un panier à crabes, et que dans une certaine débâcle ou dans une débâcle certaine, chacun défend ses propres intérêts!
   
   Il est beaucoup question d'hommes de lettres dans ce roman, le héros se nomme Jonathan Swift et comme l'écrivain irlandais, c'est un personnage hors-norme! Le nôtre, enfin celui de ce roman, franco-irlandais venant d'une famille aisée a d'abord été marxiste-léniniste avant de rentrer dans les ordres après moult aventures! Bref ses détracteurs, et ils sont nombreux, le qualifient de "Prêtre rouge!" Un gros, un très gros héritage fait que René IV lui fait les yeux doux... ainsi que sa propre cousine Anna, belle à damner un saint, alors un simple prêtre! Quel est le rôle exact de Constance, l'adjointe, la confidente, la femme qui sait tout sur tout et qui connait René depuis des lustres?
   Ce n'est pas le voyage de Gulliver à Lilliput, mais cela lui ressemble... le monde reste partagé entre les géants et les nains, entre les nantis et les autres.
   
   Son acolyte Marco a un passeport au nom de Macchiavelli Lorenzo pour ne pas être confondu avec l'auteur qui lui est prénommé Loriano. Sa véritable fonction concerne plutôt les chiffres que les lettres.
   
   Passons sur le menu fretin des policiers et autres représentants de la maréchaussée, aux uniformes chamarrés d’opérette chargés de faire régner la loi et l'ordre sur l'île. Loi très élastique selon à qui elle s'adresse. Tous les coups sont permis et personne ne s'en prive.
   
   Ce livre est une fiction, et donc il faudrait être particulièrement retors pour trouver une très lointaine ressemblance entre San Bernardo et une quelconque principauté ayant son siège social en ce bas monde! Et son nom associé à des opérations particulièrement louches! Rocher qui ne roule pas amasse mousse... et célébrités avec un oursin dans leur capital et ayant une peur chronique du mot "impôts"!
   Au nom du Saint-Père et du fric, ainsi va le monde. Et pour certains, la vie s'arrête sous un pont de Londres...
   
   
   Extraits :
   
   - Pire. Un curé rouge. Un de ces cinglés qui ont trouvé Dieu en cherchant Lénine et qui trimballent l'Évangile comme une arme de poing.
   
   - Elle avait tout pour elle. La taille idéale, un corps parfait, un visage d'une beauté aussi radieuse que sereine, la reconnaissance du public et, pour finir, une fin dramatique comme point d'orgue à sa légende.
   
   - Il était sorti de chez les trappistes presque aussi sombre qu'il y était entré.
   
   - Même si officiellement il n'y a jamais eu de crimes à San Bernardo, on s'est toujours débrouillé pour connaître les coupables, non?
   
   - La routine, voilà ce qui l'avait foutu dedans.
   
   - Vous êtes un homme politique, Monseigneur. En tout cas, c'est ce que vous êtes devenu.
   
   - Sa dernière pensée fut pour son Irlandais de père qui prétendait sans rire que la réalité n'était qu'une hallucination provoquée par le manque d'alcool.
   
   - Bref, le prince était aussi béatifiable que sa femme, s'il avait eu toutefois le bon goût de mourir avant elle.
   
   - Prostré, tassé dans son fauteuil, Pippo ressemblait à un vieux chiffon abandonné par la femme de ménage.
   

   
   * Libre interprétation d'une chanson ancienne et très connue de George Harrison!
   ** Référence à un titre de Robin Cook (Le Britannique).

critique par Eireann Yvon




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