Lecture / Ecriture
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Le silence de la Cité de Élisabeth Vonarburg

Élisabeth Vonarburg
  Chroniques du pays des mères
  Ados: La maison d'Oubli - Reine de mémoire 1
  Le silence de la Cité
  Hôtel Olympia
  Tyranaël – 1 – Les Rêves de la Mer
  Tyranaël – 2 – Le jeu de la perfection

Élisabeth Vonarburg est une écrivaine de science-fiction née à Paris en 1947. Elle s'est installée au Québec en 1973.

Le silence de la Cité - Élisabeth Vonarburg

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Note :

   Vous vous rappelez, il y a quelques semaines, je vous parlais avec une certaine exaltation (ou plutôt une exaltation certaine) de Chroniques du Pays des Mères d'Elisabeth Vonarburg? C'est suite à cette lecture que j'ai décidé de lire "Le silence de la cité", roman se déroulant dans le même monde que les dites chroniques, mais à une autre époque. Antérieure. Pendant la période des harems, en fait. Là, j'en entends quelques uns penser: "Quoi, elle a été moins psychorigide qu'à l'habitude et n'a pas lu les romans dans le bon ordre?" Yep. J'ai lu la "suite" avant de lire le premier.
   
   Et je conseillerais à tout le monde de faire de même.
   
   En fait, si je n'avais pas lu les Chroniques, je ne suis pas certaine que j'aurais trouvé le même intérêt à ce roman. En fait, il est trop court, trop rapide, trop "dans l'action" pour posséder assez de souffle pour me faire réellement pénétrer dans cet univers. J'aurais aimé suivre Élisa dans ses quêtes. Mais après avoir lu les Chroniques? C'est génial. Parce que ça nous offre des pistes de réponses à nos questions, des fragments d'explication. Et après, il n'en tient qu'à nous d'imaginer ce qui a bien pu se passer entre les deux romans. Ce qui a fait la légende.
   
   L'écriture de ce roman est plus linéaire, sans toutefois l'être totalement. Nous sommes trois cents ans après le Déclin. Une partie de l'humanité s'est réfugiée dans les Cités hautement technologiques où les gens sont maintenus en vie très longtemps. Élisa est la dernière enfant. Née de manipulations génétiques de Paul, jouissant d'excellentes capacités de régénération, elle a été élevée dans ce monde artificiel, conditionnée à être ce que Paul veut qu'elle soit. Prête à presque tout accepter parce qu'elle n'a personne d'autre. Jusqu'à ce qu'elle soit confrontée au monde extérieur. Et qu'elle réalise qu'elle peut jouer un rôle pour ce qui reste de l'humanité.
   
   Je ne veux rien révéler de l'intrigue, ce qui me limite quand même pas mal en ce qui concerne ce billet. Après un début plus proche de la SF classique, avec des robots, une cité, des intelligences artificielles, la seconde partie où Élisa se retrouve face à elle-même, sans toutefois vouloir se regarder en face, m'a davantage rappelé l'ambiance des chroniques. Quelle responsabilité sur ses épaules. Quelle quête d'identité. Avec un peu plus de pages, je crois qu'on aurait pu aller encore plus loin dans tout ça.
   
   Ce que j'ai préféré, ça a été de trouver les indices, les ressemblances entre ce roman et les Chroniques. Parce qu'il y en a plein. Que je suis ravie de ne connaître qu'après. Je ne dirai rien ici mais j'ai tout plein d'hypothèses. Certaines évidentes, d'autres moins. Mais je serais ravie d'en discuter par contre. Et ça m'a permis de mieux comprendre la fin des chroniques.
   
   Un retour dans le passé, une impression de découverte limite archéologique (je me sentais un peu comme Lisbeï quand elle découvre un texte ancien alors que j'essayais de recouper noms et légendes) et une histoire qui se lit toute seule. Voilà, j'aime Elisabeth Vonarburg.
   
   
   Grand Prix de la SF française en 1982

critique par Karine




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