Lecture / Ecriture
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Le Briseur d’âmes de Sebastian Fitzek

Sebastian Fitzek
  Thérapie
  Tu ne te souviendras pas
  Ne les crois pas
  Le Briseur d’âmes
  Passager 23

Sebastian Fitzek est un écrivain et journaliste allemand né en 1971 à Berlin.

Le Briseur d’âmes - Sebastian Fitzek

Un rien too much quand même
Note :

   Titre original : Der Seelenbrecher, 2010
   
   
   Le lecteur prend connaissance d’un dossier médical racontant la tragédie vécue par une femme violée par un tortionnaire, au fer à souder ; elle se réveille dans une chambre d’hôtel assise à une chaise, et constate que c’était un rêve. Mais la police est là et elle ne comprend pas comment elle a pu échouer dans cet hôtel inconnu. Lorsqu’on lui parle, elle donne son nom Vanessa Strassmann, mais nul ne l’entend. Elle ne peut pas bouger, ni rien communiquer… elle souffre d’une sorte de catalepsie.
   
   A présent, nous voilà dans une pièce : plusieurs étudiants en médecine ont lu les pages précédentes. Le professeur leur propose de lire l’entièreté de cet inquiétant dossier médical. Ils gagneront 200 euros, mais l’expérience pourrait entraîner des séquelles psychosomatiques. Inquiets, les étudiants quittent la salle ; ne restent que Patrick et Lydia.
   
   La lecture du document se poursuit. Cette fois, nous sommes dans la clinique psychiatrique Teufelsberg (La montagne du Diable). Un homme amnésique y est interné depuis dix jours ; il a fait une chute dans la neige (nous sommes en décembre, veille de Noël) et ne se souvient même pas de son nom. Par défaut, on l’appelle Caspar. Il sympathise avec une vieille dame Greta, qui a horreur de la solitude, un musicien Linus, qui s’exprime par monosyllabes, le directeur de la clinique Rassfeld, et une femme psychiatre qui s’occupe de lui tout particulièrement : Sophia. A la télé dans la chambre de la vieille dame, on apprend que Vanessa (la victime de la première page) est décédée sans avoir repris connaissance.
   
   Nous nous demandons qui a écrit le dossier. Vanessa ne s’est confiée à personne puisqu’elle n’a pas été réanimée? puis on apprend que d’autres jeunes femmes ont été victimes d’un mystérieux psychopathe qu’on appelle le "briseur d’âme". Les femmes sont retrouvées sans connaissance, physiquement indemnes, mais comateuses, incapables de se réveiller.
   
   On ne sait qui a écrit le dossier mais Le point de vue est maintenant celui de Caspar ; et les événements vont se précipiter. En effet, Caspar est réveillé par Linus, qui l’entraîne dans la chambre de Sophia, inconsciente, mais les yeux ouverts : le "briseur d’âmes "est passé par là.
   
   Pendant quelques heures, un drame effroyable se joue dans cette maudite clinique, où Caspar et d'autres infortunés compagnons tentent de déjouer les pièges tendus par le Briseur d’âmes. Beaucoup d’actions, des rebondissements et course-poursuites à souhait, et une terrible confusion. les hommes présents s’accusent mutuellement d’être le coupable et s’étripent, tout en cherchant à se tirer d’affaire ; ajoutez à cela que Caspar retrouve des bribes de mémoires, un passé plutôt trouble…
   
   L’auteur en fait beaucoup, beaucoup trop, de sorte que l’on est parfois tenté de rire, alors même que ce n’est pas drôle du tout. On ne s’identifie pas aux personnages. On reste à distance. C’est un récit d’action avant tout.
   
   On comprend à peu près tout aux deux tiers du livre. On suit le processus jusqu’à la fin. Il y a pas mal d’invraisemblances, mais l’ensemble est distrayant.
    ↓

critique par Jehanne




* * *



Espérons que ça va passer...
Note :

   Depuis plusieurs semaines, un mystérieux psychopathe s'est mis à sévir à Berlin. Ses victimes sont retrouvées vivantes et ne présentent aucune blessure externe, mais elles sont complètement apathiques, dans un état pratiquement végétatif, comme si on leur avait enlevé toute possibilité de communiquer et d'interagir avec le monde extérieur. Dans leur main, les enquêteurs découvrent à chaque fois un bout de papier portant une inscription énigmatique, et les victimes se multiplient sans que rien ne semble pouvoir arrêter celui que la presse a désormais surnommé le Briseur d'âmes...
   
   En cette veille de Noël, Caspar, un jeune homme amnésique, se retrouve interné dans une clinique psychiatrique sur les hauteurs de la capitale allemande. Assailli de souvenirs, persuadé que sa fille est en danger et l'attend quelque part à l'extérieur, il envisage de prendre la poudre d'escampette, mais une tempête de neige contrarie ses plans, et le voilà enfermé dans l'établissement avec une poignée de patients et le personnel de l'établissement.
   
   La tempête fait rage au-dehors et l'établissement se retrouve bientôt coupé du monde et dans l'incapacité de communiquer avec l'extérieur. Au même moment, des événements tragiques agitent la clinique, et Caspar comprend que le Briseur d'âmes est parmi eux. Désormais, Caspar ne peut plus faire confiance à personne... et encore moins à lui-même.
   
   En quelques thrillers, Sebastian Fitzek s'est imposé comme le nouveau nom du polar allemand. À chaque nouvel opus, il se classe en tête des ventes. Avec "Le Briseur d'âmes", le voilà qui mêle huis clos et thriller scientifique, avec une plongée au cœur de l'hypnose et de l'amnésie.
   
   Si l'auteur sait toujours aussi bien ménager le suspense en fournissant de nombreux rebondissements, comme à son habitude, il n'empêche que ce roman ne convainc pas autant que les précédents ouvrages de Fitzek : l'intrigue, même si elle est en quelque sorte dédoublée entre passé et présent, est assez faible, et les personnages sont à peine esquissés, là où l'auteur nous avait habitués à des caractères bien trempés et dotés d'une grande profondeur psychologique.
   
   L'ouvrage pèche surtout par sa longueur : il est bien difficile de nos jours d'écrire un thriller en moins de 400 pages, et c'est sans doute cette brièveté (pour des raisons de délais éditoriaux, peut-être?) qui nuit le plus à la lecture de ce roman.
   
   Comble de malchance ou de médiocrité pour un livre si court, l'intrigue est bien longue à se mettre en place, et le lecteur met beaucoup du temps à s'attacher un tant soit peu au héros ou aux autres personnages, qui sont complètement transparents d'un bout à l'autre du livre et ne semblent servir que de faire-valoir.
   
   Pourtant, l'idée était intéressante, et la lutte du héros pour recouvrer la mémoire est plutôt bien construite, mais le lien avec la présence du Briseur d'âmes dans la clinique n'est expliqué qu'à la toute fin du roman, dans un dénouement tiré par les cheveux où le coupable se trouve obligé de raconter par le menu tout ce qui l'a conduit à commettre ses crimes, au cas où le lecteur aurait eu du mal à suivre... Pour la vraisemblance, on repassera.
   
   Ajoutons que ce thriller, très inspiré des films d'horreur, et en particulier des slashers, est incroyablement confus, avec des dialogues qui ne servent à rien si ce n'est à noircir de la page, et des rebondissements invraisemblables : on aura rarement vu un groupe de personnes enfermées avec un tueur subir autant d'avanies et de malheurs.
   
   "Le Briseur d'âmes" se laisse finalement lire sans trop d'efforts, mais reste bien en-dessous des précédents ouvrages de Sebastian Fitzek, peut-être un peu vite considéré comme un maître du thriller à l'allemande. Espérons que ce ne soit qu'un incident de parcours, et que l'auteur retrouvera vite l'inspiration et la voie de l'originalité.

critique par Elizabeth Bennet




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