Lecture / Ecriture
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Un jambon calibre 45 de Carlos Salem

Carlos Salem
  Nager sans se mouiller
  Un jambon calibre 45
  Japonais grillés

Carlos Salem écrivain argentin né en 1959 à Buenos Aires et vivant en Espagne.

Un jambon calibre 45 - Carlos Salem

Réel Madrid !
Note :

   Dans la vie certains cherchent fortune, ici notre héros recherche une jeune femme qu'il ne connait ni d'Adam, ni d’Ève! Et il a trois jours pour la retrouver, donc départ sur les chapeaux de roues le vendredi dans l'appartement de la dénommée Noelia. Certains personnages plutôt louches semblent avoir envie de lui dire deux mots (et peut-être aussi trois!) ; qui trouve t-il chez elle? Le dénommé Nicolás en pleine déprime. Une vague connaissance de cuite lui a donné l'adresse et les clés, pour le reste, c'est une parfaite inconnue. Une amie de Noelia, Nina, après lui avoir offert l'hospitalité de son corps, accepte de l'aider, mais "Jambon 45 "(un des méchants) veille au grain! Pas trop affiné le "Jambon", mais pas mauvais bougre non plus! S'il est possible de s'arranger à l'amiable avec lui, ce n'est pas le cas avec son patron "La Momie" (qui n'est pas net!).
   Mais que cherche réellement ce duo Laurel et Hardy espagnol en se lançant dans la traque de Noelia?
   
   C'est con la vie, même si comme le dit si bien Nina "La vérité passe par le con". Alors comme le personnage principal de ce livre, enfonçons-nous bien cette phrase dans la tête. La quête de Noelia est à ce prix!
   
   Quelle est la différence entre un repli stratégique et la fuite? Courage, fuyons, direction le Maroc par autocar pour un road movie qui ferait passer "Le salaire de la peur" pour une aventure du "Club des cinq".
   
   Nicolás Satonovsky, Argentin fraichement débarqué à Madrid et également fraichement débarqué du lit d'une Galicienne, ne se doute pas de ce qui l'attend. Heureusement d'ailleurs sinon il se sauverait en courant! Problème, il n'a plus de papiers pour quitter l'Espagne! Et comme il n'a pas trop envie de regagner l'Argentine, la meilleurs option pour lui, retrouver la dénommée Noelia avant le délai d'une semaine qui lui est imparti. Lidia, l'amie de longue date, seule personne sensée dans la galère qu'est la vie actuelle de Nicolás, mais pour lui trop d'amitié tue l'amour.
   
   Dans ce genre de promenades fortement alcoolisées où les bars sont des points de chutes, les rencontres sont pour le moins nombreuses et fort improbables! Un détective privé plutôt minable ayant appris sa profession par correspondance, fan de Chandler et se prenant pour Marlow, rêvant d'argent et de belles blondes! Noelia lui avait demandé de le suivre, mais pourquoi? Sa mort l'empêche de répondre. Un flic ripoux aussi, c'est pareil au delà des Pyrénées! Un chat de gouttière et philosophe préférant sa liberté à la vie de son cousin, animal de compagnie d'une famille riche!
   Et il y a Madrid, en particulier un dimanche matin au mois d'août... superbes pages!
   Mais au jeu du poker menteur, qui est le ou la plus doué?
   
   Beaucoup d'humour et pas mal de dérision, deux choses que j'aime dans certains romans noirs, des héros bien paumés et pas mal déglingués par la vie et les circonstances. Pas mal d'érotisme aussi grâce à quelques jeunes femmes bien sous tous rapports (je sais ce qu' intérieurement vous allez rajouter!).
   On rit jaune parfois, un de ces romans noirs que j'apprécie, mélange de littérature policière classique, mais lorgnant sans états d'âme, en plus des belles femmes qui peuplent ces pages, sur une démystification des "héros purs et durs"! Cela me rappelle, en mieux écrit, Carter Brown, pour un côté baroque, mais ici on trouve en plus un côté social et donc plus sérieux.
   
   C'est jubilatoire, paillard et j'adore!
   
   Extraits :
   
   - Il n'est pas obligatoire de gaspiller une femme comme toi avec un type comme moi.
   
   - Méfie-toi des femmes trop compréhensives, Nicolás, elles sont émues par les rebelles mais elles cherchent à les domestiquer...
   
   - Puis je montais les trois marches de l'immeuble où m'attendait un doute en forme de femme. Un doute très sensuel, mais quand même un doute.
   
   - Mon expérience de cadavres ne dépassait pas celle d'un étudiant en médecine du Tiers-Monde : un quart d'heure de défunts en cinq ans.
   
   - Le dimanche matin, les villes sont presque séduisantes.
   
   - Noelia était incomparable sur la photo elle me souriait comme le font les femmes que vous ne posséderez jamais.
   
   - Un beau monde équilibré qui fonctionnait avec logique, à sa façon, et qui tournait rond, à sa façon. Sauf que Mar López n'était plus là pour apporter sa contribution d'absurdité à la grande absurdité universelle.
   
   - Je la buvais des yeux. Erreur : je l'admirais.
   

   Titre original :Un jamón calibre 45 (2011)

critique par Eireann Yvon




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