Lecture / Ecriture
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A marche forcée - A pied du cercle polaire à l'Himalaya 1941-1942 de Slavomir Rawicz

Slavomir Rawicz
  A marche forcée - A pied du cercle polaire à l'Himalaya 1941-1942

A marche forcée - A pied du cercle polaire à l'Himalaya 1941-1942 - Slavomir Rawicz

Même si ce n'est pas vrai...
Note :

    Longtemps j'ai hésité à lire ce récit à la véracité controversée, mais soyez-en sûr, une fois lancé, on ne le lâche pas!
   
   Rawicz est un jeune polonais arrêté par les Russes en 1939 et qui, après un simulacre de procès, est condamné aux travaux forcés dans le nord de la Sibérie. Avec six camarades, il s'évade, direction le sud, et après des mois de souffrances et d'aventures héroïques, ayant longé le Baïkal, traversé la Mongolie, le désert de Gobi (quasiment sans boire), et l’Himalaya, arrive en Inde!
    Une expédition incroyable, qui ne sera pas crue de tous quand le livre paraîtra en 1956, à une époque où il ne faisait pas bon parler goulag et déportation en Sibérie.
   
    Rawicz est mort en 2004 (en Angleterre), refusant d'en dire plus.
   
   Cependant en dépit de toutes polémiques, son livre demeure passionnant et un exemple de ce qu'était l'envoi en Sibérie, les conditions de vie dans les camps et les évasions le long de cet axe.
   
    Le mot axe n'est pas choisi au hasard, puisque j'ai enchaîné cette lecture avec "L'axe du loup - De la Sibérie à l'Inde, sur les pas des évadés du Goulag" de Sylvain Tesson.
   
    Les déplacements en Asie se sont effectués naturellement d'est en ouest (et d'ouest en est) en suivant des bandes bioclimatiques, taïgas, steppes, il suffit de penser aux grands conquérants, aux marchands de la soie. Exception : les raids hostiles s'effectuaient vers le sud. D'où le nom d'axe du loup pour cette direction non habituelle.
   
    Sylvain Tesson a donc mis ses pas dans ceux des candidats à la liberté, "moines orthodoxes, prêtres bouddhistes, dissidents politiques, zeks, Mongols, Juifs, Bouriates, Tibétains". A pied, à cheval, à bicyclette, il a crapahuté sur des milliers de kilomètres, endurant chaleur et froid, vent et poussière. Bien sûr il n'avait pas la police à ses trousses, mais il a pu tester la rigidité de la bureaucratie chinoise.
   
   Ce voyage peut être considéré comme une sorte d'hommage à tous ces gens ayant fui au péril de leur vie une situation intenable, car Rawicz (qu'il ait affabulé ou pas) n'est qu'un exemple parmi bien d'autres, ici évoqués aussi.
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critique par Keisha




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Passez votre chemin
Note :

   Titre original : The Long Walk, Slavomir Rawicz, 1956
   
   "A pied, du cercle polaire à l'Himalaya 1941-1942"
   

    On s'est longtemps demandé si cet incroyable périple, mené par une demi-douzaine de prisonniers évadés d'un camp du Goulag à travers la Sibérie, le désert de Gobi, le Tibet et l'Himalaya, était une histoire vraie : ces hommes ont effectué des milliers de kilomètres de marche dans des conditions extrêmes, et sont presque tous parvenus à leur but. Rawicz a toujours refusé de répondre aux questions posées sur la véracité de son récit. Il a bien fait : il avait compris que sans le doute, son livre ne tenait plus. Trop imprécis pour apparaître comme un témoignage historique, trop plat pour constituer une œuvre littéraire de valeur, il ne pouvait exister que par les questions que se posait le lecteur. Maintenant que la vérité est établie (on sait que Rawicz n'a jamais effectué ce voyage et qu'il s'est sans doute inspiré de l'aventure d'un de ses compatriotes polonais), "A marche forcée" s'écroule : il n'en reste qu'un récit monotone, sans âme, rédigé par un journaliste appliqué qui a recueilli et mis en forme les propos de Rawicz. Celui-ci ne se situe pas entre le Chalamov des "Récits de la Kolyma" (qui fait une œuvre à partir d'une expérience historique) et le Cormac McCarthy de "La route" (qui fait de la fiction pure), il se situe loin derrière.

critique par P.Didion




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