Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le chardonneret de Donna Tartt

Donna Tartt
  Le maître des illusions
  Le petit copain
  Le chardonneret

Donna Tartt est une écrivaine américaine née en 1963 dans le Mississippi.

Le chardonneret - Donna Tartt

Adoré / dévoré
Note :

   Titre original : The Goldfinch
   
    Mort en 1654 suite à l'explosion de la poudrière de Delft, le peintre Fabritius a laissé peu d’œuvres derrière lui, dont ce Chardonneret, véritable personnage du roman.
   
   Theo Decker ne bouge plus de sa chambre d'hôtel à Amsterdam, scrutant les journaux écrits dans une langue qu'il ne comprend pas. Rêvant de sa mère, il démarre la narration d'un fascinant flash back, quatorze ans auparavant, quand il était un jeune collégien se souciant fort d'une convocation au collège pour une grosse bêtise. Cette journée cruciale verra sa vie basculer.
    Et ne comptez pas sur moi pour en dire plus.
   
    Pourquoi ai-je adoré/dévoré ce roman? (et si "Le maître des illusions" est du même tonneau, je fonce!)
   
   - près de 800 pages coulant toutes seules (bravo à la traductrice, bien sûr), et j'étais partante pour un peu plus.
   
   - impossible de savoir comment tout cela va tourner. Un poil roman d'apprentissage à la Dickens furieusement moderne, mais quand même...
   
   - un intérêt toujours renouvelé, des passages scotchants, des rebondissements inattendus, sans de faux suspenses artificiels (devinez qui je vise là)
   
   - une écriture éblouissante, en particulier dans les atmosphères de villes, New York surtout, mais aussi Amsterdam ou Las Vegas
   
   - une histoire d'amour, quand même, un peu tristounette mais si belle.
   
   - des réflexions sur l'art, la vie, tout ça, quoi...
   
   - de l'amitié
   
   - un côté thriller, surtout vers la fin à Amsterdam.
    ↓

critique par Keisha




* * *



En constante expansion
Note :

   "Et le tableau au-dessus de sa tête était le centre immobile autour duquel tout s'articulait: rêves et signes, passé et futur, chance et destinée. Il n'y avait pas une seule signification, mais plusieurs. Il s'agissait d'une énigme en constante expansion."
   

    Brutalement devenu orphelin, dans des circonstances pour le moins extraordinaires, le jeune Theo va voir sa destinée liée à celle d'un tableau, "Le chardonneret".
   
   Ne comptez pas sur moi pour vous donner davantage de détails sur ce roman (moins vous en saurez, plus vous apprécierez les surprises qu'il vous réserve!!). Sachez juste qu'il mixe en un somptueux mélange des thèmes aussi divers que la destinée, l'attachement aux œuvres d'art, l'amour, la culpabilité, le syndrome post-traumatique et emporte son lecteur dans un incessant rythme de montagnes russes, alternant l'ombre des appartements cossus new-yorkais et la lumière crue de Vegas, entre autres.
   
   Donna Tart, dans ces 787 pages, fait souvent osciller son héros entre rêve et réalité et gomme les frontières entre les genres littéraires, empruntant autant au roman d'apprentissage qu'au roman policier, avec des personnages toujours surprenants. On s'attache à eux, malgré ou plutôt grâce à leurs défauts, et on n'oubliera pas de sitôt Hobie ou Mme Barbour.
   
    Donna Tart est une conteuse hors pair et son style l'est tout autant. On ne s'ennuie pas une minute dans ce roman aux tonalités très tranchées.
   
   Notons au passage la couverture (très astucieuse) et la 4 ème de couv' (qui en dit juste ce qu'il faut pour donner envie!). Et zou, sur l'étagère des indispensables! L'année commence bien!
   
   Félicitations à la traductrice, Edith Sonnckindt, qui a su se glisser dans une telle variété d'univers!
    ↓

critique par Cathulu




* * *



Épatant !
Note :

   Théo, temporairement exclu du collège suite à une bêtise, se rend avec sa mère, une femme cultivée, au Métropolitain Muséum à New York. Pendant la visite, une violente explosion a lieu à un moment où il se trouve dans la salle 32, en présence d'un vieil homme et de sa nièce. Ce dernier, avant de mourir, lui remet une bague en lui demandant de la remettre à son associé. Il l'exhorte aussi à s'emparer d'un tableau "Le chardonneret", "un chef d'œuvre minuscule unique en son genre", dans le but de le protéger. C'est un tableau hollandais qui date de 1654, peint par Fabritius. Ce ne sera d'ailleurs pas la seule œuvre d'art volée...
   
   Alors que sa mère trouve la mort dans cet attentat, Potter (comme le surnomme par la suite son ami Boris) réussit à sortir du lieu indemne avec le tableau. Il rentre chez lui attendre sa génitrice tant aimée. Qu'il ne reverra jamais...
   
   Son père étant introuvable, il est adopté par une famille bourgeoise pas banale, les Barbour. De là, il se rend chez l'associé de l'homme rencontré au musée pour accomplir sa mission, à savoir lui rendre la bague. Mais il espère aussi retrouver la nièce de celui-ci, Pippa, dont il est tombé éperdument amoureux quand il l'a croisée au musée. Tous deux ont un point commun : un stress post-traumatique suite à l'attentat...
   
   C'est le début d'une longue série d'aventures... Près de 800 pages époustouflantes qui font de ce pavé un roman absolument épatant. On pense à Dickens, à Dostoïevski... On savoure l'écriture de Donna Tartt, la description de l'explosion en particulier est particulièrement réussie. Ajoutez à cela une galerie de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres, des amitiés fortes, des amours, la perte d'une mère omniprésente malgré son absence tout au long du récit. Le bien, le mal... Un roman magistral qui nous étonne jusqu'aux dernières pages, de toute beauté! Incontournable!
   ↓

critique par Éléonore W.




* * *



L'art est un soutien
Note :

   Il est question d’art dans le dernier roman de Donna TARTT
   
    Depuis la parution en 1993 de son premier roman "Le maître des illusions", succès international, dix ans plus tard du "Petit copain", et dix ans plus tard du "chardonneret" Donna Tartt n’aura écrit que trois romans en vingt ans, à chaque fois un coup de maître.
   
    Cette fois, tout commence par une explosion au Metropolitan Museum de New York. Sur le chemin du lycée où Théo et sa mère ont été convoqués, les taxis sont rares et il pleut. En passant devant le Met sa mère l’entraîne à l’intérieur dans les salles consacrées à la peinture hollandaise. Mais Théo n’a d’yeux que pour la fille à la chevelure flamboyante qui accompagne un vieux "bonhomme curieux". Sa mère s’arrête devant un petit tableau d’un certain Carel Fabritius, élève de Rembrandt, maître de Vermeer, mort dans la grande explosion de Delft et dont l’œuvre a été détruite. "Le Chardonneret" est une huile sur toile rescapée de ce désastre. Le couple s’est approché pour écouter les explications maternelles. Parce qu’elle souhaite retourner vers les Rembrandt, sa mère l’abandonne quelques instants. Une chance pour Théo, il espère pouvoir aborder la fille. Une explosion assourdissante plonge le musée dans un chaos indescriptible. Revenu à lui, il s’aperçoit que le vieil homme est prisonnier des gravats mais encore vivant. Ce dernier avant d’expirer lui enjoint d’emporter le tableau pour le sauver une seconde fois et lui remet la bague qu’il porte. Il réussit à passer tous les barrages de police et de secours, la petite toile dans son cartable. Revenu à l’appartement il attend en vain le retour de sa mère, morte dans la déflagration. A treize ans il ne peut rester seul, son père a disparu dans la nature sans laisser d’adresse. Les services sociaux le confient aux Barbour, parents de son ami Andy. La vie s’organise au sein de cette famille bourgeoise, mais Théo ne confie à personne le vol du tableau qu’il a soigneusement caché et qui ne le quitte pas. Jusqu’au jour où son père réapparaît pour l’emmener avec lui à Las Vegas. Dans la maison perdue au milieu du désert Théo va rencontrer l’amitié, en la personne de Boris, à la jeune existence déjà meurtrie auprès d’un père qui le malmène, et lui dévoiler son secret.
   
   Ce "Chardonneret", symbole d’un monde perdu, d’une culpabilité, d’un arrachement à l’enfance, est aussi ce qui va donner à Théo la force de continuer, de passer les moments les plus difficiles de son existence liés au stress post-traumatique, de trouver dans l’art un refuge. Comme un viatique, il va l’emporter partout, le protéger, témoin d’un drame incommensurable, la perte de sa mère.
   ↓

critique par Michelle




* * *



Lecture aisée, mais...
Note :

   "Pleinement conscient de ma folie, j'avais téléchargé sur mon ordinateur et mon téléphone des photos représentant le tableau pour pouvoir jubiler devant l'image en privé, coup de pinceau au rendu digital, éclat de lumière du soleil du XVIIème siècle compressé en points et en pixels, mais plus la couleur était pure, plus le sentiment d'empâtement était puissant, plus je voulais l'objet lui-même, irremplaçable, glorieux, inondé de lumière." (p.528)
   
   12 chapitres pour ce très beau roman qui, malgré sa longueur, se lit d'une manière impérieuse : c'est très bien écrit, c'est intéressant, ce roman agit comme une drogue : le lecteur est vite "accro" comme nos jeunes héros qui tombent vite dans la spirale infernale de la drogue. Portrait sans doute réaliste d'une certaine jeunesse, je ne peux dire, mais ce qui est sûr, c'est que celle-ci est épouvantable ! Enfants livrés à eux-mêmes par des parents démissionnaires, qui s'amusent à chercher la mort, ou en tout cas, qui ne vivent pas sainement c'est le moins que l'on puisse dire : aucun soin, des repas inexistants, de l'alcool qui coule à flots, tout ce qui leur tombe sous la main, des drogues douces, dures en veux-tu en voilà... Je me demande comment ça se passe en classe car, tout de même, des ados qui ne mangent rien, qui ne dorment pas, qui boivent et qui se droguent : ça doit se voir ! Mais l'auteur ne développe pas cet aspect là de l'éducation scolaire américaine.
   
   J'ai apprécié ma lecture mais j'ai été déçue par les dernières pages où l'auteur tente une sorte de justification de ce qu'est l'art, la beauté, la rédemption... pour ma part une partie inutile.
    ↓

critique par Wictoriane




* * *