Lecture / Ecriture
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Un été avec Montaigne de Antoine Compagnon

Antoine Compagnon
  Un été avec Montaigne

Un été avec Montaigne - Antoine Compagnon

Pensez au bac !
Note :

   Un livre au petit format et au nombre de pages très très raisonnable. (170)
   
   L’été dernier j’ai enregistré sur France Inter Antoine Compagnon professeur au Collège de France et blogueur au Huffington Post, il avait accepté une sorte de pari : donner envie de lire Montaigne. Les passages des Essais étaient lus par Daniel Mesguich. J’ai écouté à plusieurs reprises ces balades estivales et voilà qu’ Antoine Compagnon nous les livre en format papier.
   
   Ce sont quarante chapitres très courts qui s’insinuent dans la vie du philosophe, dans sa librairie, qui nous le montre à cheval ou en proie à des coliques néphrétiques éprouvantes.
   
   Quarante petites leçons mises à portée de tout lecteur pour qu’il découvre Montaigne et ses passions, sa vie et ses cogitations, les principaux thèmes de ses écrits: Tolérance, amitié, lecture, l’instruction. Vous y retrouverez le Montaigne voyageur et l’homme politique ami du futur Henri IV.
   
   Le format du livre impose des idées brièvement exposées sans jamais perdre en clarté. Le tout rassemblé dans un petit livre jaune d’or qui évoque l’été et le farniente.
   
   La volonté d’Antoine Compagnon était de rendre les Essais "le seul livre au monde de son espèce" accessibles à tous : pari réussi
   
   
   Pour info : si vous achetez le livre un flash code vous permettra d’accéder aux textes audio.
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critique par Dominique




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Ca ne peut qu'être intéressant
Note :

   "Un été avec Montaigne", ce fut en 2012 sur France Inter, où Antoine Compagnon, à une heure de grande écoute, proposa une quarantaine de brefs passages des Essais et des explications et commentaires, devenus dans ce recueil des chapitres de trois pages environ. La majorité des passages proviennent du Livre III (le seul que j'aie lu)(le livre I en est au dixième chapitre, gardons espoir).
    Bref, rien d'insurmontable pour le novice.
   
   Pour un novice, justement, je conseille cette agréable balade dans l'univers de Montaigne, pas exhaustive évidemment, et demandant cependant quelque concentration. Chaque passage choisi des Essais (Livre de Poche, La pochothèque, 2001) est présenté sans fards (il eût été dommage de se priver de la langue de l'auteur), puis ensuite "traduit" pour faciliter les choses. Sans oublier un aperçu de la vie de l'auteur, et parfois une application personnelle.
   
    Bien sûr je ne vais pas me plaindre que Montaigne soit ainsi rendu accessible, j'espère de tout cœur que ce petit volume sera lu, et surtout qu'il conduira à la découverte de l’œuvre complète. Après ma lecture de Comment vivre? de Susan Bakewell, il s'est agi de "fiches révisions" plutôt que de découvertes proprement dites.
   
    Une réflexion ô combien d'actualité:
    "Quand un homme public ment une fois, il n'est plus jamais cru; il a choisi un expédient contre la durée; il a donc fait un mauvais calcul."

    Selon Montaigne, la sincérité, la fidélité à sa parole, est une conduite bien plus payante. "Si l'on n'est pas poussé à l'honnêteté par conviction morale, alors la raison pratique devrait y inciter."
   

    Où j'apprends que negotium, le négoce, est la négation de l'otium, le loisir.
   
    Au lecteur : "C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée : je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire : mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein.(...) Si c'eût été pour rechercher les faveurs du monde, je me fusse paré de beautés empruntés. je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans étude et artifice: car c'est moi que je peins."
   
    "Ces deux commerces [l'amour et l'amitié] sont fortuits, et dépendants d'autrui : l'un est ennuyeux par sa rareté, l'autre se flétrit avec l'âge: ainsi ils n'eussent pas assez pourvu au besoin de ma vie. Celui des livres, qui est le troisième; est bien plus sûr et plus à nous. Il cède aux premiers, les autres avantage : mais il a pour sa part la constance et facilité de son service." (III, 3)

critique par Keisha




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