Lecture / Ecriture
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Duffy - La nuit est sale de Dan Kavanagh

Dan Kavanagh
  Duffy - La nuit est sale
  Vol à tous les étages - Le Port de la magouille

Pseudonyme utilisé par Julian Barnes

Duffy - La nuit est sale - Dan Kavanagh

… et pas que la nuit
Note :

   Titre original : Duffy
   
   Ce roman policier avait d'abord été traduit en français sous le titre "La nuit est sale".
   
   Dans les années 80, Julian Barnes a publié sous le pseudonyme de Dan Kavanagh, une petite série de romans policiers dont le personnage principal, Duffy, ex-flic et actuel détective privé, avait tout ce qu’il fallait pour me plaire. Il était plutôt atypique. Physiquement déjà : physionomie plutôt banale, pas grand, tendance rondouillard… et tout autant par la personnalité : routinier, parfois maniaque et même affligé d’un certain nombre de TOC, il était profondément honnête, et en même temps, très tolérant, élastique, même, dans ses conceptions morales, philosophiques et surtout sexuelles. Pour sa part, il était bisexuel, très actif, et c’est cette particularité qui avait permis aux rippoux de son commissariat d'origine de le piéger et de le faire antérieurement chasser de la police. Nous apprenons comment et pourquoi à l’occasion de cette première aventure de Duffy, étroitement liée à son passé.
   
   Je ne vais pas vous faire le coup de vous raconter qu’à l’époque, c’était drôlement osé de se lancer dans une série avec un tel héros, parce que pour tout vous dire, je pense que c’est tout le contraire, c’est sans doute maintenant que ça le serait. Dans les années quatre-vingt, on était beaucoup plus libre de raconter les histoires que l’on voulait, et moins tenu au "politiquement correct" qu’on ne l’est aujourd’hui. Mais tout de même, c’était rafraichissant et plaisant, cet incroyable Duffy, si libre et si coincé dans ses blocages, si prudent et si courageux! Tellement commun et si remarquable! Qui trace son petit bonhomme de chemin, sans grande ambition, mais efficace quand même, et capable "d’y aller", quand il faut y aller. Sympathique, quoi.
   
   J’avais lu toute la série en son temps et je n’en gardais qu’un vague souvenir : en gros, une impression globale de satisfaction de lecture qui ne s’appuyait sur aucun vestige des intrigues. J’ai voulu voir ce qu’il en serait maintenant et j’ai attaqué le premier roman… et dévoré. La satisfaction de lecture est toujours là. On met un peu longtemps (une cinquantaine de pages) à faire la connaissance de notre héros, mais cinquante pages bien remplies qui ne nous laissent pas nous ennuyer. Duffy n’est pas un détective de prestige. Pour tout dire, il s’est fait cambrioler deux fois son appartement en peu de temps (ce dont il ne se vante pas, pour protéger sa réputation), si bien qu’il habite un logement pratiquement vide. Il a la manie de tout mettre dans des boîtes en plastique, sa nourriture évidemment, mais aussi certaines autres choses comme les montres par exemple (les siennes et celles de ses visiteurs) qu’il dit trop bruyantes si elles sont à l’air libre. Des boites en plastique dans un appartement dont le mobilier se résume au strict minimum… vous imaginez le décor glamour.
   
    Je ne me souvenais pas que l’ambiance des romans était aussi torride, mais c’est peut-être cette intrigue qui veut cela. Peut-être les romans suivants le seront-ils un peu moins. De toute façon, Duffy n’est pas bégueule. C’est clair.
   
    J’aime toujours bien le héros, l’intrigue se tient très convenablement, on varie les ambiances du comique au dramatique, du léger au profond, et c’est joliment écrit, que demande le peuple? Rien de plus, et je sens que, comme l’avait fait mon ancien moi, je vais lire les autres titres de notre "Dan Kavanagh" (et dans l'ordre pour apprécier l'évolution du personnage).
   
   
   La série "Duffy"
   
   Duffy ou La nuit est sale - Titre original : Duffy (1980)

   Vol à tous les étages ou Le Port de la magouille - Titre original : Fiddle City (1981)
   Arrêt de jeu - Titre original : Putting the Boot In (1985)
   Tout fout le camp - Titre original : Going to the Dogs (1987)

critique par Sibylline




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