Lecture / Ecriture
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Les romans n’intéressent pas les voleurs de Alain Rémond

Alain Rémond
  Je marche au bras du temps-4
  Les images
  Chaque jour est un adieu-1
  Un jeune homme est passé-2
  Comme une chanson dans la nuit-3
  Les romans n’intéressent pas les voleurs

Alain Rémond est né en 1946 dans le département de La Manche. Après des études de philosophie, il a été professeur d’audiovisuel puis critique de cinéma. Il a collaboré à plusieurs journaux et fut même Rédacteur en chef à Télérama (où il tenait la célèbre rubrique « Mon œil»). Il a également travaillé à la télévision participant durant plusieurs années à l’émission «Arrêt sur images» de la 5. Il travaille encore actuellement pour «Marianne» et «La Croix»

Vous trouverez une interview de cet auteur à la rubrique "Rencontres". Ainsi que des Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les romans n’intéressent pas les voleurs - Alain Rémond

Et Alain Rémond s’intéresse au roman...
Note :

   On est loin des chroniques de "Mon œil" qu’on guettait à l’époque en dernière page de Télérama, certains d’y trouver notre pinte de rire, retenu ou fou, c’était selon.
   
   On est loin aussi de l’Alain Rémond qui nous livrait par bribes, avec retenue et beaucoup de tendresse, des éléments de son enfance, de sa jeune vie d’homme, les éléments constitutifs de son moi profond.
   
   Ici Alain Rémond s’intéresse, non pas à Bob Dylan – une de ses grandes et historiques marottes – il s’intéresse au roman. Roman qui n’intéresse pas les voleurs par ailleurs comme il le pose en postulat! Hélas je n’ai pas été convaincu par ce court – 3 heures de lecture à tout casser – roman, qui hésite entre le ton de la chronique - qui permet l’ironie facétieuse, la réflexion sociétale qui tue - entre le ton de la chronique donc et le roman, qui impose lui un rythme, une obligation d’avancée dans l’histoire, un déroulé d’intrigue.
   
   J’ai l’impression que raconter – l’inventer surtout – une histoire ne convient pas trop à Alain Rémond. Il m’a semblé un peu se forcer dans ce "roman qui n’intéresse pas les voleurs", se forcer à aller au bout d’une histoire dont il ne me paraissait pas réellement convaincu?
   
   Il en profite pour placer de jolies réflexions sur ce qu’est l’écriture, ce qu’elle peut représenter mais ça ne m’a pas paru en phase avec la problématique du roman.
   
   Oh, la facilité d’écriture est là. Le sens de la pirouette, de la facétie aussi. Mais pas adapté à un roman.
   
   De quoi est-il question? D’un auteur culte qui dans ses années de jeunesse a écrit trois romans, puis a disparu totalement de la circulation, a disparu. De deux lecteurs totalement envoutés par ces trois romans qui font tout pour le retrouver, persuadés qu’il s’est terré quelque part pour continuer à écrire... Et puis... la suite... il faut le lire!
   
   Un petit extrait, pour la route?
   
   "Un père. Retrouver un père avec Santenac. Relire les pages sur le père de la famille Simon. M’imaginer, comme jadis avec Jean-Paul, dans la peau d’un fils de la famille Simon, cette famille inventée, la famille que j’aurais pu avoir. Rêver d’un père comme le père des livres de Santenac. Le père que je n’ai pas eu. Le père qui m’a tellement manqué. Je peux lire ce livre qui est là, devant moi, sur la table de la cuisine. Le lire et me rêver un père.
   Mais lire, ce n’est pas vivre.
   Lire, maman, ce n’est pas vivre."

critique par Tistou




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