Lecture / Ecriture
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Autoroute de Stephen Dixon

Stephen Dixon
  Parce que c’était elle
  Autoroute

Autoroute - Stephen Dixon

Sortie de route !
Note :

   J'avais eu il y a quelques années un sentiment mitigé à la lecture de "Parce que c'était elle"  de cet auteur. Celui-ci ayant tout de même une certaine renommée, je vais faire une seconde tentative. Le moins que l'on puisse dire est que le résultat est pratiquement le même! En voiture, de l'Autoroute 1 à l'Autoroute 8.
   
   Un homme, rentrant de vacances avec ses deux filles, Margot et Julie, roule tranquillement sur l'autoroute. Il ne sait pas que dans quelques secondes sa vie va basculer. Une fourgonnette blanche avec deux hommes à l'intérieur se met à sa hauteur. Le passager lui fait signe d'ouvrir sa fenêtre. Intrigué, le chauffeur obtempère. Un coup de feu claque, Margot hurle, Julie est morte.
   
   Commence alors une longue quête pour retrouver ces deux hommes. Nathan perd son emploi, et tout sens moral. Un jour, longtemps après, il aperçoit deux hommes qu'il pense être les coupables. Il en tue un, et laisse l'autre à moitié mort et handicapé à vie. Grâce à la compréhension du juge, il n'est condamné qu'à dix ans de prison. Sa femme le quitte, sa fille Margot vient encore parfois le voir.
   
   Il est libéré, trouve un petit travail, et reprend contact avec Margot qui entre-temps est mariée et mère de famille. Un hold-up sur les lieux de son travail, au cours duquel il prend une balle dans le bras lui fait perdre son emploi. Il végète, perd tout contact avec sa fille, à la suite de circonstances fortuites et très ordinaires, oublie de la rappeler, le temps qui passe et il meurt paisiblement une nuit...
   
   Reprenons le cours de l'histoire : un homme et ses deux filles roulent sur l'autoroute, ils rentrent de congés ; le conducteur n'aime pas être seul en voiture avec ses deux enfants ; tout semble tranquille jusqu'à ce qu'une camionnette blanche commence à le doubler, ou du moins à se maintenir à sa hauteur...
   
   L'auteur prend délibérément le parti de nous faire revivre le même drame, nous montrant la folie de certains hommes, ou de notre société. Le meurtre appelle ici la vengeance, mais la soif de vengeance engendre la folie. L'homme, la victime, devient lui même un assassin ; est-il blâmable? C'est toute la question! "L'Autoroute 4" commence par une visite des musées de New-York avec les deux filles et de vaines discussions financières...
   Je vais prendre un chemin de traverse pour finir ce voyage interminable, prendre une entrée d'autoroute par jour, pas plus sinon l'overdose de kilomètres me guette! Je paye le péage et je rentre chez moi, j'abandonne le livre et la route... et peut-être reprendre celle de Kerouac...
   
   Pour les personnages, sur les trois mois que ce voyage m'a pris, je n'en ai plus guère de souvenirs, mes notes de début de lecture ne me renseignent pas beaucoup! Nathan Frey, sa fille survivante Margot, et Lee son épouse. Les autres protagonistes de cette suite d'histoire n'ont pas vraiment un grande rôle.
   
   L'écriture et la structure de ce livre me posent personnellement un problème. Les phrases longues pour ne pas dire très longues me semblent ralentir la lecture. Le fait de raconter plusieurs fois la même histoire avec très peu de détails qui changent ont fait que cette lecture ne m'a pas du tout enthousiasmé. Pourtant le sujet me semblait très intéressant. Une erreur de choix qui arrive parfois, heureusement pas trop souvent.
   
   Quelques extraits, pour la route!
   
   - Il retourne sur la même autoroute à la recherche de deux gars, regrettant de n'y être pas allé la veille pendant les deux heures de jour qu'il restait.
   
   - L'autre vérité, c'est que je suis encore content de ce que j'ai fait des deux gars, le pire des deux à jamais rayé de la carte...
   
   - … j'ai constamment pris du retard sur tout en douze ans, la prison évidemment, …
   
   - Je ne suis qu'un père privé de sa famille, meurtri par un sentiment de perte et d'amour et, après tant d'années, il reste sans doute du malheur qui remonte...
   
   - Tu sais, je suis allé sur la tombe de Julie il y a quelques jours, j'essaye d'y aller tous les quinze jours, mais il m'arrive d'y aller deux ou trois jours consécutifs...
   
   - J'ai le sentiment que tu as eu le pire des sorts que l'on puisse avoir dans ce monde, et j'espère juste que tu n'as pas du tout eu mal, et que là où tu es, les choses vont bien...
   

   Titre original: Interstate. (1995)

critique par Eireann Yvon




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