Lecture / Ecriture
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Pluie de Kirsty Gunn

Kirsty Gunn
  Pluie
  Le garçon et la mer

Pluie - Kirsty Gunn

L'eau
Note :

   Ce 1er roman est magnifique, une merveille. Les éléments de la nature font corps avec les personnages, beau procédé. Les enfants livrés à eux même : Jim cinq ans et Janey 12 ans. Elle veille sur son frère comme une mère Les parents Charles et Kate aiment faire la fête, boire du whisky.
   
   L'élément aquatique est très présent dans le livre, les séances de natation avec l'odieux M. Petersen. C'est un horrible professeur de natation tyrannique. Jane en tant qu'aînée doit transmettre les cours de natation à son petit frère Jim.
   
   C'est l'été il fait chaud, l'atmosphère est lourde pesante elle fait corps avec l'ambiance du livre elle est collante et donne envie de pluie pour nettoyer passer à autre chose. Le récit est grave très grave étrange lourd mais magnifique. Mais aussi le sentiment de voir un film qui se déroule sous nos yeux.
   
   J'aime beaucoup l'univers de ce livre et quand je pense que c'est seulement un premier roman. C'est étonnant !!!! Et dans ma tête la chanson des Beatles est présente (c'est la bande son du livre/film qui se juxtapose à une musique plus sombre mystérieuse profonde et angoissante.).
   
   L’ambiance est étrange un livre qui reste longtemps dans notre mémoire.
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critique par mAlice




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Alcool, nature et tragédie
Note :

    Voilà un livre difficile à présenter, tant il fourmille de détails malgré son histoire d’une apparente simplicité. Pluie est le premier roman de Kirsty Gunn. Dans ce court roman, la narratrice revient sur son adolescence et un été passé en famille au bord d’un lac. Tandis que ses parents dorment la journée et organisent chaque nuit des fêtes interminables dans leur maison de vacances, la narratrice prend soin de son petit frère Jim Little. Inséparables, les deux enfants explorent le lac, inventent chaque jour de nouveaux jeux et restent des heures entières au soleil, à observer le ciel et à écouter les clapotis de l’eau contre le bateau inutilisé de leur père.
   
   Fait de souvenirs et caractérisé par un usage presque exclusif de l’imparfait, ce livre oscille entre moments heureux et fin tragique, sautant d’un fait à l’autre sans se soucier d’une quelconque chronologie : fidèle à ses pensées, la narratrice se souvient, chaque détail en appelant un autre, parfois plus ancien ; comme lorsqu’elle se souvient des premiers moments passés à s’occuper de son frère, alors nourrisson. Suggéré dès les premières pages, le dénouement ajoute à la lecture une impression mélancolique. Entre des parents absents, une mère qui exhibe ses enfants tels des jouets (allant jusqu’à les réveiller en pleine nuit pour les montrer à ses amis), un père alcoolique amoureux d’une femme indifférente, une maison envahie par des étrangers plus ou moins hostiles et une nature omniprésente, les enfants font rapidement leur choix. Cette nature majestueuse où l’eau tient une place essentielle est superbement décrite par Kirsty Gunn.
   
   Entre une histoire poignante et des Sixties marquées par un certain esprit de décadence, ce premier livre très poétique est une réussite qui ravira aussi bien les amoureux de la nature que les amateurs de littérature anglo-saxonne.
   
   Sur les soirées, le vacarme et les invités envahissants, voire menaçants :
   Si grâce au sommeil nous perdons conscience des choses qui peuvent se produire, nous sommes à l’abri. Si nous ne voyons pas, si nous n’entendons pas, nous n’avons rien à craindre des gens qui surviennent à la dérobée, qui s’agglutinent là-bas comme des sorcières à la porte de Jim Little.
   
   Sur l’eau :
   Je me souviens comme, il y a longtemps, mon petit frère et moi sortions toujours dans la pluie d’été. Nous disparaissions ou nous revenions, je ne sais plus. Nous entrions dans l’eau. Là-bas au lac, la pluie était tellement douce. C’était une étoffe légère, un rideau transparent de gris et d’argent, pareil aux voiles des vaisseaux fantômes, arachnéen. Il y avait aussi des nuages dans la pluie, des brumes blanches qui s’élevaient du lac si bien que l’eau s’amalgamait à l’air comme si elle y vivait. Lentement l’air se brouillait, cela se passait sans aucune violence, sans qu’on puisse distinguer les gouttes individuelles, c’était une pluie fondante. La plage se parait d’une couleur plus foncée, et le phénomène se déroulait de manière si progressive qu’au début vous ne perceviez pas le moindre changement. Puis en enfonçant vos orteils dans le sable vous vous rendiez compte qu’il était chaud, d’une chaleur d’ardoise. Sa poudre s’était condensée sous l’effet de l’humidité, vous pouviez la malaxer, la modeler pour qu’elle constitue des châteaux, des îles et des tours. Nous pouvions laisser ainsi des villes entières moulées sur la plage : le temps que nous les construisions, la pluie, en les ramollissant, leur donnait de vagues formes oniriques, comme des collines.

critique par Lou




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