Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Après la fête de Lola Nicolle

Lola Nicolle
  Après la fête

Après la fête - Lola Nicolle

Brisé sur le réel
Note :

   Rentrée littéraire 2019
   
   L’amour des livres les réunit, mais tout concourt à les séparer…. Leurs origines sociales, tellement différentes. Leurs caractères. Mais surtout leurs capacités personnelles à trouver du travail dans le Paris d’aujourd’hui. Raphaëlle a un réseau et en profite largement pour se caser. Antoine est marqué par ses origines et son passage dans un quartier dit "difficile". Raphaëlle aime Antoine, et pourtant ce passage délicat entre une vie d’étudiante plus légère et l’âge adulte, va fracasser cet amour. Malgré la poésie qui les entoure, malgré leurs corps qui se cherchent et se connaissent. Après la fête fait une référence évidente aux attentats du 13 novembre sur Paris. La capitale, libre et festive, avait alors été touchée en son sein. Ensuite, le titre d’Hemingway, Paris est une fête, avait connu un gros succès de librairie, comme pour exorciser la sidération. Raphaëlle et Antoine s’accrochent tous les deux à ce Paris festif, qu’ils aiment par dessus tout. Cependant, la vie matérielle, les choix personnels, les nouvelles amitiés, mettent à mal ce sentiment.
   
   Que se passe-t-il donc après la fête ? Qu’est-ce que devenir adulte signifie ?
   
   Ce roman est fort sur certains aspects, et doté d’une écriture sensuelle et poétique qui me touche la plupart du temps. J’ai regretté toutefois que la narration reste brouillonne et onirique, effet de style qui a fini par me perdre. J’ai aimé pour autant découvrir cette auteure dans ce premier roman qui augure le meilleur pour la suite et ai hâte de la lire dans un récit peut-être plus fermement construit.
   
    "Accoudé à la fenêtre, tu observais avec envie les voisins qui dînaient sur leur terrasse ou leur jardin bien entretenu. Une maison à Paris. Tu aimais observer les autres : comment vivaient-ils, comment s’en sortaient-ils, eux, avec l’existence ? Tu rêvassais en imaginant ce que serait ta vie, si c’était nous, ce couple, allongé sur ces bains de soleil, en contrebas. Tu projetais des idées conçues de cette matière dont sont faits les rêves – des idées qui m’apparaissaient pourtant comme le seul avenir possible. Tout ceci serait un jour à nous.
    Evidemment.
    Comment pourrait-il en être autrement ?"

    ↓

critique par Antigone




* * *



Assommée d'ennui
Note :

   "Mais le réel avait rattrapé notre amour par le col"
   

   Antoine et Raphaëlle se rencontrent alors qu'ils sont étudiants. Ils sont d'origine sociale différente, elle est bourgeoise, lui pas. Ils s'aiment, ont des amis communs, font la fête, décident de vivre ensemble, dans le quartier de Château-Rouge à Paris. Lorsque la vie étudiante prend fin, les galères commencent : Antoine malgré de brillantes études, ne trouve pas de travail tandis que Raphaëlle s'enlise dans un boulot dont elle a rêvé et qui la déçoit. Elle quitte Antoine. La fête est finie...
   
   Je vais faire ma vilaine et je dirai que pour ma part, je n'ai pas vraiment été à la fête tout au long de la lecture de ce livre que j'ai terminé assommée d'ennui. Je suis pourtant allée jusqu'au bout de ma lecture car il fait partie de la sélection des 68 premières fois et je me suis engagée à lire en totalité les ouvrages proposés. Je me suis aussi engagée à partager honnêtement mes ressentis et là je ne peux que faire part de ma consternation : je n'ai pas aimé, vraiment pas aimé le livre de Lola Nicolle.
   
   Je suis passée à côté de tout : les atermoiements de Raphaëlle, son histoire d'amour avec Antoine (je n'ai même pas tout à fait compris les raisons de leur rupture), le côté "caillera" de celui-ci (et puis les flics sont des méchants, on le sait bien) la vision de Paris de l'auteure qui n'apporte à mon humble avis rien de neuf. Oui, le Paris du XVIIIe est chatoyant, animé, coloré, chaleureux, oui, on y trouve des salons de coiffure africains, des vendeurs à la sauvette qui échangent "un sac Armani contre un sac de mangues" (p. 30) ... oui. C'est plat, déjà lu, déjà vu. Et moi je me suis ennuyée comme rarement.
   
   Je n'ai non plus été sensible une seule seconde à l'écriture de l'auteure, en total décalage avec un sujet qui se veut très contemporain : l'abus du passé-simple, puis de l'imparfait m'a, je l'avoue, exaspérée. Quant à la poésie du style... On va dire que pour les grandes phrases romantiques, les images telles que "A mes pieds gît le corps ligoté de notre amour"... je ne suis pas la meilleure cible.
   
   Je vous ai dit que j'étais vilaine. Je suis pourtant certaine que ce livre trouvera son public même si clairement, je n'en fais pas partie.
   
   Le constat est le suivant : écrire un roman n'est pas chose facile (oui moi aussi je fais dans le cliché)

critique par Une Comète




* * *