Lecture / Ecriture
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Le rêve de Machiavel de Christophe Bataille

Christophe Bataille
  Annam
  Le rêve de Machiavel

Le rêve de Machiavel - Christophe Bataille

Machiavel’s last love
Note :

    Rentrée littéraire 2008
   
   Ce roman nous fait partager un mois de la vie de Machiavel et pas n’importe quel mois. Un mois qu’il a passé en enfer quand la peste ravageait Florence et d’ailleurs toute la Toscane.
   
   La peste qui fit des millions de morts en Europe pendant les deux derniers siècles du Moyen-Age était le fléau absolu. Elle frappait pauvres et riches, prudents et imprudents, pieux et blasphémateurs. Les hommes n’avaient rien à lui opposer, malgré leurs tentatives puériles d’offrandes (possiblement humaines), de soins inadaptés, de foi et de grigris. Alors tout craquait. Non seulement les masques tombaient, mais ulcérés par tant d’injustice, bouleversés dans leurs convictions, les hommes se sentaient encouragés à renier toute morale et à se livrer sans retenue à leurs plus bas instincts. Chacun, étant victime, devenait un assassin. L’or et les diamants n’avaient plus cours mais on était voleur. La mort cueillant sans loi, l’humain ne prétendait plus à un semblant de règles et de justice. Dans les villes assiégées par le mal, lui seul régnait.
   
   C’est là que nous retrouvons Machiavel. Seul, riche encore mais les richesses ne signifient pratiquement plus rien, caractère encore bien trempé, mais s’il domine toujours les hommes, la peste elle, n’en a cure. Il est arrivé là, croyant être parvenu à fuir -difficilement- un lieu semblable, mais la mort le rattrape et, comme elle a envahi la ville, il ne lui reste plus qu’à l’affronter là. Le combat inhumain durera un mois, mais pas plus qu’il n’est que sa face policée, l’homme n’est que brutalité féroce, même acculé à ses derniers retranchements; et ce n’est pas que le combat de la vie que Machiavel mènera là mais également, à sa propre incrédulité, celui de l’amour.
   
   Une excellente idée (inspirée par Michelet), une bonne documentation, un bon personnage principal, un récit prenant, une bonne écriture… et pourtant… oui, vous me voyez venir, pourtant, je ne qualifierais pas d’excellent le résultat obtenu. Bon, certes, mais pas excellent. Il est difficile de dire au juste pourquoi. Peut-être l’absence de personnages secondaires un peu forts. Ces femmes que Machiavel domine sans partage, ces hommes qu’il maîtrise, cela fait un décor mais pas un monde. La fulgurance du roman court nous laisse insatisfaits, on sent que c’est incomplet, le lecteur en éprouve la frustration.
   Du moins, c’est mon sentiment.

critique par Sibylline




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