Lecture / Ecriture
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L'homme qui marchait sur la lune de Howard McCord

Howard McCord
  L'homme qui marchait sur la lune

L'homme qui marchait sur la lune - Howard McCord

Rambo poète?
Note :

    Rentrée littéraire 2008
   
   Il n'a pas l'air commode sur la photo de 4 ème de couverture, Howard McCord. Et le héros de "L'homme qui marchait sur la lune" non plus.
   
   La "lune" est une "montagne de nulle part. Elle est délaissée par ceux qui y vivent à portée de vue, comme par ceux qui, à différents moments, peuvent être fascinés par son isolement et sa difficulté.(...) ses charmes (...) ne sont pas évidents et ne se dévoilent qu'à de rares marginaux."
   
   Embarqué à la suite du narrateur dans une balade dans cette montagne en plein coeur du Nevada, le lecteur se dit d'abord qu'il va se régaler d'une ode à la nature, lyrisme et petits oiseaux à la clé. Que nenni! Il part surtout à la découverte progressive d'une personnalité hors du commun, au passé plein de violences et qui a une drôle de façon d'engager la conversation avec celui qui, on le découvre progressivement, le poursuit...
   
   Epris de liberté, le narrateur se définit comme bougon, loin des montagnes et "[il ] ne tolère pas facilement la présence d'une barrière entre [lui] et la courbe infinie de l'univers." Nous avons ici un homme qui "maîtrise la monotonie", maîtrise de soi acquise par le tir, et cette tension se retrouve également dans la narration car petit à petit c'est dans un récit entremêlé de souvenirs réels ou imaginaires que le narrateur se dévoile et nous ne le lâchons plus, estomaqué par des découvertes que je vous laisse le plaisir de lire. Noces d'une nature âpre et d'un marcheur-escaladeur, "une constante en mouvement, jamais vraiment évident à définir par l'observation."
   
   Le rythme s'accélère à la fin et le roman se termine sur les chapeaux de roues. Vous restez le souffle coupé.
   
   Même si on peut rester dubitatif par rapport à certaines idées exprimées par le personnage, mais qui sont forcément en adéquation avec sa logique particulière, on ne peut qu'être séduit par ce texte qui rudoie le lecteur, le happe et le fascine.
    ↓

critique par Cathulu




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Philosophie et fusils sur la montagne
Note :

    Ce livre intéressant, court et original, m'a cependant laissé un peu sur la réserve.
   
   Ce bouquin échappe complètement à l'univers balisé du thriller pour lorgner sur une sorte de réflexion en forme de monologue sur la condition de l'assassin comme se définit lui-même William Gasper.
   
   Cet homme est ambigu, la façon dont il parle de ses armes fait froid dans le dos. Et il cite Kierkegaard et Schopenhauer et je me demande si ce n'est pas encore plus inquiétant. Et si c'était un ultime avatar du syndrome de John Rambo, en plus intellectuel bien sûr. Ce qui ne rassure pas.
   
   Mais ce livre ne ressemble à rien de ce que je connais et vaut le détour. Vous pouvez emboîter le pas de "L'homme qui marchait sur la Lune" mais méfiez-vous de lui. Cet homme est dangereux.
    ↓

critique par Eeguab




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Un orfèvre des mots
Note :

   Voici un court roman, étrange, fascinant et inclassable qui a rencontré un immense succès aux Etats-Unis.
   
   Qui se cache derrière William Gasper, du moins est-ce le nom qu’il se donne, ce randonneur solitaire sur une montagne aride et hostile, la Lune, perdue en plein désert du Nevada?
   
   Infatigable, se nourrissant de quelques fruits secs et de thé, dormant à la dure, il parcourt de long en large cette montagne qu’il connaît comme sa poche. Pourquoi recèle-t-il dans un conteneur loué pour une somme modique un petit arsenal qu’il chérit comme ce qu’il aurait de plus cher?
   
   Peu à peu, Gasper va nous apprendre qu’il fut, en fait, un tueur à gage qui agit, sous couvert militaire, pour le compte d’obscures organisations. Il hante ces monts comme certains de ses souvenirs le hantent lui-même. Cependant, un beau jour, un homme apparaît sur la même montagne qu’il a fait sienne et semble le pister. Commence une fascinante course poursuite où le fantastique, l’irruption de l’inconscient surgissent en plein réel jusqu’à l’altérer. Le livre se poursuivra à un rythme soutenu comme celui du marcheur et s’achèvera de façon totalement inattendue et surprenante. A la violence du paysage hostile se superposera la violence humaine, brute et froide.
   
   McCord est un orfèvre des mots. En faisant de Gasper un homme autiste et profondément cultivé mais aussi un tueur maître de soi, il trouve un prétexte idéal pour mettre dans sa bouche une symphonie verbale époustouflante. Chaque phrase est ciselée, chaque mot est soigneusement choisi, orchestré avec minutie. Les descriptions des paysages austères dans lesquels toute l’action se situe sont d’une richesse inouïe. Comme ces mots sont au service d’une intrigue originale et bien ficelée, il en résulte un petit bijou de littérature contemporaine américaine.

critique par Cetalir




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