Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les enfants de l’empereur de Claire Messud

Claire Messud
  Les enfants de l’empereur
  La femme d'en haut

Claire Messud, née aux Etats-Unis en 1966, a fait ses études à Yale et à Cambridge. Elle vit et écrit actuellement à Boston. Son premier roman, "When the World Was Steady", a été finaliste au prix PEN/Faulkner en 1996, ainsi que "Une histoire simple" en 2002.
(Source éditeur)

Les enfants de l’empereur - Claire Messud

A la fois léger et profond
Note :

   Danielle, qui vit à New York mais est de passage en Australie, passe sa dernière soirée à Sydney chez des amis. Elle y rencontre Ludovic, qui s'apprête à s'installer à Manhattan, où il va prendre la direction d'un nouveau magazine. New-yorkaise dans l'âme et quelque peu séduite par ce jeune homme, elle échange ses coordonnées avec lui. Elle le revoit donc une fois rentrée à New-York, et le présente à sa meilleure amie Marina. Marina est la fille du célèbre Murray Thwaite, professeur de faculté, homme charismatique, à qui sa fille, qui vit toujours chez ses parents, voue d'ailleurs une dévotion aveugle. Elles ont un ami commun Julius, "né gay". Tous les trois sont trentenaires, à la recherche de l'âme sœur et d'un vrai travail. Julius est pigiste, quant à Marina, elle essaie d'écrire un livre tout en s'occupant du secrétariat de son père. L'arrivée de Ludovic, qui va séduire Marina et lui proposer un emploi dans son journal et de Bootie, jeune homme oisif qui vient d'arrêter ses études au grand désarroi de sa mère, neveu de Murray à qui il voue une admiration sans borne et chez qui il débarque lorsqu'il arrive à New-York, vont bouleverser la vie de ce petit microcosme.
   
   Ce livre est une petite merveille. Il démarre comme une banale histoire de trentenaires plutôt privilégiés, qui ne se sont pas encore trouvés, mais deviennent suffisamment vieux pour commencer à se dire qu'il faudrait qu'ils fassent quelque chose de leur vie. Et puis petit à petit, insidieusement, les situations et les relations évoluent, créant des quiproquos qui font que ce roman devient de plus en plus drôle. Les personnages font des choix qui les entraînent dans des situations scabreuses ou difficiles à assumer. Après les premières pages où il m'a fallu noter le nom des protagonistes -tous plus géniaux les uns que les autres-, je n'ai plus lâché ce roman dont j'essaie de ne pas trop vous en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture.
   
   C'est le récit de la trentaine, vous savez cet âge où les autres et vous mêmes ne trouvez pas normal que vous n'ayez pas de travail ou de fiancé, c'est un roman sur New-York et ses drames -le récit démarre en mars 2001 et le 11 septembre n'est pas loin-, c'est un roman sur l'amitié, sur les relations familiales, sur les faux semblants et l'hypocrisie, sur la vie qui n'est jamais si simple, sur les choix qui obligent à renoncer à certaines choses qui semblaient essentielles, sur le passage à l'âge adulte. Chacun va au final se révéler différent de ce qu'il est, à moins que ce ne soit le regard que portent les gens sur autrui qui évolue. Bref c'est à la fois léger et profond, tout simplement génial et mon dernier gros coup de cœur

critique par Clochette




* * *