Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Petite suite de pertes irréparables de Vera Feyder

Vera Feyder
  Petite suite de pertes irréparables
  Règlements de contes
  Caldeiras
  Liège
  La derelitta

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Petite suite de pertes irréparables - Vera Feyder

Poésie perdue et retrouvée
Note :

   C'est un long voyage dans un train bondé, et le Voyageur n'aimerait rien tant que de le passer en compagnie de son livre et de ses poètes favoris, Aragon, Vigny, Baudelaire... et Paul Nizan dont une phrase - "Le voyage est une suite de pertes irréparables" (p. 10) - donne son titre à cette pièce de théâtre. Une pièce fourmillante de vie, criante de vérité, où le Voyageur, qui en est le héros, ne cesse de perdre, de retrouver et de reperdre le fil de sa lecture, happé bien malgré lui par les conversations de ses compagnons de voyage.
   
   Le temps de ce voyage, ce sont les vies ordinaires d'une humanité en miniature - une éternelle indécise et son amoureux, un cruciverbiste et sa femme, le cadre moyen dans toute son horreur et son subordonné, et des enfants qui courent partout... - qui entrent en collision avec les paroles des poètes. De ces chocs entre la vie et la poésie, jaillissent des étincelles: étincelles de sens, étincelles de drôlerie, étincelles serrant le coeur. Autant d'éclats, autant de voix faisant de cette pièce chorale un véritable enchantement!
   
   
   Extrait:
   
   La fiancée: Alors, ce voyage?
   Le Voyageur: Mouvementé
   La fiancée: Ah! (Baiser) Tu as rencontré des gens?
   Le Voyageur: Beaucoup
   La fiancée: Intéressants?
   Le Voyageur: Bruyants.
   La fiancée: Fallait changer de place.
   Le Voyageur: Ce que j'ai fait. Je me suis évadé.
   La fiancée (riant): Tu as sauté du train?
   Le Voyageur: J'ai pris des conversations en marche... puis mes jambes à mon cou!
   La fiancée (l'embrassant en riant): Tu es fou!
   Le Voyageur: Oui. Et heureusement, j'avais des complices dans la place! (p. 54)

critique par Fée Carabine




* * *