Lecture / Ecriture
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Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg

Fannie Flagg
  Beignets de tomates vertes
  Miss Alabama et ses petits secrets
  La dernière réunion des filles de la station service

Fannie Flagg est le pseudonyme de Patricia Neal, écrivaine et actrice américaine, née en 1944 dans l'Alabama.

Beignets de tomates vertes - Fannie Flagg

Au Whistle Stop Cafe
Note :

    Birmingham, Alabama, 1986. Evelyn Couch a quarante-huit ans et une vie dans laquelle elle s'est complètement enlisée. Tous les dimanches, elle accompagne son mari à la maison de retraite de Rose Terrace pour voir sa belle-mère, Big Momma. Elle y fait la connaissance de Mrs Threadgoode, une très vieille dame de 86 ans, qui raconte à Evelyn l'histoire d'Idgie Threadgoode et de Ruth Jamiston, qui ont tenu le Café de Whistle Stop dans les années 30 et 40...
   
   J'ai vu il y a longtemps le film de Jon Avnet, "Beignets de tomates vertes", chers happy few, et j'en avais gardé un très bon souvenir. Aussi, quand j'ai découvert il y a quelques mois que le film était adapté d'un roman de Fannie Flagg je n'ai eu qu'une envie, évidemment, comme toute LCA* qui se respecte: le lire. Ma quête a été rendue ardue car ce roman est épuisé (le destin s'amuse parfois à nous jouer des tours, c'est terrible) mais comme le Hasard, ce dieu protecteur de la blogueuse-lectrice fait parfois bien les choses, il me l'a mis entre les mains dans une foire aux livres cet été (c'était dans le délicieux village de Pujols, il faisait beau et j'avais convaincu toute la famille que oui il était impératif voire nécessaire de monter à la bastide et j'ai bien fait, la preuve) (si en plus je vous dis que je l'ai payé 50 cts, je sais que vous allez m'envier terriblement) (tant pis).
   
   Et ce roman, chers happy few, est entré d'un coup d'un seul dans le panthéon de mes lectures thérapeutiques. C'est un roman léger et grave à la fois, léger par le ton et la construction éclatée (des chapitres où Mrs Threadgoode raconte, des chapitres racontés directement, des extraits de la Gazette de Weems, et d'autres extraits, de journaux ou autres) et grave par les sujets qui y sont abordés, notamment la Crise de 29, la misère des gens du Sud (Birmingham a longtemps été la ville la plus pauvre des Etats-Unis) et la ségrégation. Mais ce qui est fabuleux dans cette histoire, ce sont les sentiments et la chaleur humaine qui s'en dégagent. Les gens sont pauvres mais ils s'entraident, ils se prennent le bec mais ils s'aiment et on n'oublie jamais la mémoire des morts. Au centre de la vie de ce petit village (il n'y a qu'une centaine d'habitants à Whistle Stop), il y a le couple hors normes formé par Idgie, la sauvageonne, et Ruth, sublime et douce, qui fuit un mari épouvantable. Ce sont deux femmes extraordinaires chacune à leur manière, autour desquelles gravitent les autres habitants : Grady, le shérif bougon au grand coeur, Ninny, les autres enfants Threadgoode, Stump, le fils de Ruth, Sipsey, la cuisinière, Big George, son fils, et j'en passe. Les caractères sont finement dessinés sans aucun manichéisme (car nul n'est parfait ou tout mauvais), la palme revenant ex-aequo à Grady et au révérend, pour des raisons que je ne révèlerai pas. Il y a de la tendresse, de la drôlerie et beaucoup d'émotion (j'ai versé quelques larmes à plusieurs reprises, je l'avoue bien volontiers) dans ces vies. Et le lecteur, comme Evelyn (dont la vie sera d'ailleurs totalement bouleversée par sa rencontre avec Mrs Threadgoode), qui attend impatiemment le dimanche pour avoir la suite de l'histoire, est ravi de faire un bout de chemin avec ces hommes et ces femmes hauts en couleur, généreux et courageux. Et il n'a qu'une envie: goûter aux fameux beignets de tomates vertes.
   
   PS : A noter que les recettes des plats servis au Whistle Stop Cafe sont données en fin de roman: j'ai très envie de les essayer, c'est dire à quel point ce roman m'a emballée, chers happy few!
   
   * LCA : Lectrice Compulsive Anonyme
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critique par Fashion Victim




* * *



Une belle petite lecture parfaite
Note :

    Résumé
   « Le roman de deux femmes dans les années 80: à la maison de retraite, Mrs. Threadgoode raconte l’histoire de sa vie à Evelyn, une femme fin quarantaine qui traverse une période difficile. L’histoire qu’elle raconte est aussi celle de deux autres femmes – Idgie, le garçon manqué n’ayant peur de rien et son amie, la douce Ruth – qui, dans les années 30, étaient propriétaires d’un petit café à Whistle Stop, Alabama, où la communauté pouvait se rassembler pour rire, boire un café ou se régaler d’un BBQ ou d’une assiette de beignets de tomates vertes. Lorsque le passé se dévoile, le présent – pour Evelyn – ne sera plus jamais exactement le même.»

   
   
    Commentaire
   Quand j’étais adolescente, j’avais adoré ce film (je l’ai d’ailleurs chez moi)! Je ne savais toutefois pas qu’il était tiré d’un roman (ça semble être une constante, chez moi, ces derniers temps)!
   
   Est-ce de la grande littérature? Je dirais plutôt que c’est très accessible, très grand public, très simple. Est-ce que c’est agréable à lire? Oh que oui! Pour un soir où il fait -1000, où il neige à plein ciel et qu’on est installé au coin d’un feu de bois, dans notre cuisine devenue soudain plus chaleureuse, c’est juste parfait! C’est facile à lire, on découvre petit à petit les personnages et j’ai trouvé l’histoire intéressante… même si je connaissais la fin!
   
   Les chapitres sont très courts (c’est donc si facile de se dire: encore un autre… je me coucherai après… et de se le dire 20 fois!!!) et la narration se déroule dans les années 80, dans les années 30 et est entrecoupée de coupures de journaux locaux. J’ai beaucoup apprécié l’humour du roman. Les bulletins de Dot Weeds sont comiques et font vraiment «petit village», les péripéties d’Evelyn en quête d’elle-même sont savoureuses et les dialogues (surtout ceux impliquant Idgie) m’ont souvent fait pouffer! J’aurais voulu connaître quelqu’un comme ça! Ça ne doit pas être de tout repos!
   
   Dans le roman, je crois que le personnage principal est le café lui-même… il a sa personnalité propre et est le théâtre d’une vie rurale qui tourne autour de lui, du bureau de poste, du salon de coiffure et du magasin général. Le genre de petit village où tout le monde se connaît, où tout le monde connaît la vie de tout le monde et où les gaffes de tous et chacun (par exemple, une citoyenne qui se fait mordre le postérieur par un rat en allant aux toilettes) et les messages divers (du genre: une dame qui demande aux villageois de cesser de nourrir son chat même s’il miaule parce qu’il a toute la nourriture qu’il lui faut chez elle) sont relatés dans l’hebdo local, écrit par la gentille «commère» du village. J’avoue avoir parfois éclaté de rire, en me souvenant des histoires de paroisse que ma grand-mère me racontait quand elle parlait de son enfance!
   
   Plusieurs thèmes différents sont exploités dans le roman. Tout d’abord, le racisme, présent tout au long du roman est une réalité qui était alors très présente: il y avait les établissements pour blancs et les établissements pour noirs. Le café était critiqué parce que Idgie, rejetant les conventions, servait tout de même les personnes de couleur… par la porte de service. Le roman parle partout du rejet des conventions, de l’importance de vivre pour ce à quoi on croit et de profiter de ce que la vie nous apporte.
   
   On y parle aussi d’amour. D’amour de la famille, famille biologique et famille que l’on choisit, d’amour pour son patelin, pour ses enfants, pour soi-même. La relation d’Idgie et de Ruth, décrite comme de la simple amitié dans le film, est ici plus ambiguë, même si ce n’est pas énoncé clairement. Les rôles des deux femmes sont différents et assez clairement définis. J’ai adoré les scènes entre Idgie et Stump… ce sont mes préférées, je crois!
   
   Et cette histoire est racontée par Ninny, 86 ans qui n’a plus personne, qui vit dans le passé et qui est d’une naïveté déconcertante, avec le sourire. Racontée à Evelyn, au bord du gouffre, qui sera sauvée par le contact avec la dame âgée et l’histoire qu’elle raconte.
   
   Je le relirai certainement, j’ai beaucoup aimé! J’ai même versé quelques larmes, à la toute fin! Une belle petite lecture, pas difficile, parfaite pour les moments où nous n'avons pas le goût de lire quelque chose de "gros"!!!

critique par Karine




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