Lecture / Ecriture
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Le jardin dévasté de Jorge Volpi

Jorge Volpi
  Le jardin dévasté

Le jardin dévasté - Jorge Volpi

Lu en deux heures
Note :

   Lu en deux heures mais hélas oublié en deux jours en ce qui me concerne. Je ne prétends pas être très représentative et je ne prédis pas qu’il fera le même effet à tout le monde.
   
   J’ai lu Jorge Volpi dans le cadre du Salon du livre 2009 dédié au Mexique et parce que son éditeur par l’entremise de sa quatrième de couverture le présentait sobrement comme «l’un des écrivains les plus importants de la nouvelle génération littéraire d’Amérique latine.» Il avait reçu des prix. J’y ai cru. Aujourd’hui j’ai bien du mal à me souvenir de quoi parle ce livre. Mais ne croyez pas que je vais le «démolir» car je me souviens par contre de l’avoir lu sans déplaisir et même avec une extrême facilité. L’écriture est bien maîtrisée et il y a ce petit quelque chose qui nous fait tourner une page après l’autre sans nous lasser en route. Presque impossible de ne pas tout lire d’un coup… et pourtant… certaines de ces pages ne portent que quelques lignes: pensées, aphorismes, images, et parfois c’est comme un poème mais parfois aussi, peut-être bien creux: "A présent, très peu de choses me font souffrir ou m’importent, si ce n’est celles que je juge dignes d’intérêt ou douloureuses."(p. 130) quand je lis cela, je ne peux pas dire que mon esprit émerveillé s’ouvre sur des mondes nouveaux. Parfois creux donc et parfois facile et complaisant: "Je déteste être humain. Faux. Je déteste à peine être moi-même."(p. 161) moi je déteste lire ou entendre des choses comme cela. Pas de chance.
   
   Et puis ce lassant leitmotiv divin. Volpi tient beaucoup à nous répéter qu’il est athée mais malheureusement il tient tout autant à introduire le mot «dieu» le plus souvent possible dans son texte. Cela donne à tout bout de champ des choses du genre «Dieu, loué soit-il, bien qu’il n’existe pas» qui me laissent infiniment perplexe. Quel besoin a-t-il?... Pourquoi tant évoquer ce à quoi il n’accorde aucun crédit? Je ne comprends pas toute cette facette du récit et comme cela dure tout du long…
   
   Voyons, voyons, un petit effort! Ca va me revenir. Un narrateur (est-ce l’auteur ou non? Impossible à savoir. Il semble bien que cela pourrait être lui mais son personnage me semble un peu plus âgé ou alors, je me suis trompée sur les dates… ?) Bref, un narrateur qui lui est proche nous fait le récit croisé de son passé amoureux et du malheur de Leïla, une jeune femme irakienne que la guerre jette sur les routes après lui avoir pris tout ce qui faisait sa vie.
   
   Deux jours après il me reste d’une part le récit d’une poignante histoire de désastres de la guerre - mais toutes ces histoires de désastres guerriers ne sont-elles pas régulièrement et facilement poignantes? Et d’autre part les souvenirs amoureux d’un universitaire qui effeuille avec facilité les conquêtes, avec bien sûr derrière cela un ancien chagrin d’amour qui le fait encore souffrir - mais n’ai-je pas déjà lu dix mille histoires d’universitaires dont les jeunes femmes raffoleraient et qui seraient en fait blessés au fond de leur cœur amoureux?... Entre les deux récits: les états d’âmes de cet universitaire qui se demande s’il ne devrait pas davantage culpabiliser face aux malheurs de Leïla et se soucier un peu plus de sa vie gâchée. Ne devrait-il pas faire quelque chose? Quoi par exemple? Etre romancier et en parler? Oui, peut-être.
   
   Ou peut-être non.
   
   Comme il le dit lui-même:"Nous vitupérons tous le cow-boy et ses mercenaires. Aucun d’entre nous ne sait ce qui se passe là-bas. Leïla et les siens sont des abstractions, des noms imprononçables. En revanche, nous ne lésinons pas sur les rafales d’indignation et autres leurres qui nous permettent de manifester notre colère dans un show télévisé." (p. 64)
   
   Peut-être qu’en fait le dire ne suffit pas à s’en dédouaner. Peut-être que cette vision intello et occidentale du monde ne va pas du tout, qu’il n’en sortira rien, que cela a déjà été fait mille fois et qu’il n’en restera pas grand-chose, même sur le plan littéraire. Peut-être que c’est pour cela que mon cerveau n’a pas voulu mémoriser davantage ce livre. Peut-être que j’ai tort. Peut-être encore que ce roman n’est de toute façon pas représentatif du travail de Jorge Volpi. Peut-être qu’il faudrait lire d’autres de ses livres. Peut-être que je le ferai.
   
   Ou peut-être non.
   Nous verrons.

critique par Sibylline




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